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Le parti libéral: parti de la question nationale?

Le parti libéral: parti de la question nationale?
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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Le parti libéral est-il vraiment le parti de l’économie? Le débat est apparu suite aux commentaire de Nathalie Normandeau sur le fait que le parti libéral n'est plus le parti de l'économie. En fait, suite aux commentaires de Mathieu Bock-Côté (sur facebook) et Joanne Marcotte sur le sujet, je suis prêt à faire le commentaire suivant : le parti libéral est le parti de la question nationale alors que le parti québécois est le « parti le moins pire » pour l’économie.

Commençons avec la seconde partie de mon affirmation. Entre élections, lorsqu’il siège dans l’opposition, le parti québécois sonne généralement très à gauche. En somme, les chefs ne sentent pas besoin d’attacher les éléments radicaux. Toutefois, à chaque fois que les péquistes entrent au pouvoir, on dirait que les radicaux sont écartés des cercles de décision ou se retrouvent dans des ministères périphériques. Ainsi, le résultat des gouvernes péquistes n’est pas celui auquel on s’attend suite aux discours d’opposition. Dans une étude en 2013, je montrais que les déficits budgétaires et l’augmentation des dépenses étaient bien plus importants sur les libéraux que sous les péquistes. En fait, les péquistes semblent bien plus capables de contrôler les dépenses publiques que les libéraux. En plus, le plus grand héritage économique des péquistes est l’augmentation dramatique des indices de liberté économique au Québec au cours de la période 1994-2003 (que Jean Charest a complétement démoli dans une orgie dépensière et réglementaire). Je ne dis pas que j’aime économiquement les péquistes, mais force est d’admettre qu’ils sont bien meilleurs que les libéraux (la barre est basse, je l’admet).

Alors pourquoi le parti libéral est-il le parti de la question nationale ? Parce que c’est la seule manière que ce parti peut survivre. Alors que les péquistes ont le mérite d’avoir une idée unificatrice qui les soude (plus ou moins), les libéraux n’ont que la peur de la souveraineté pour les unifier – ce qui n’est pas une idée. Lorsqu’on voit l’intérieur du parti libéral, on réalise qu’on « ratisse large ». Des militants du NPD jusqu’au parti conservateur fédéral en incluant des sociaux-démocrates et des gens qui encensent Margaret Thatcher, on retrouve de tout chez les libéraux. Le parti libéral est largement incohérent. Le résultat ? Une valse intellectuelle qui ressemble à la valse viennoise d’un éléphant ayant imbibé quinze litres de whiskey. Cette valse intellectuelle est pénible à assumer puisqu’elle donne lieu à un « plan d’austérité » qui n’en est pas un. Après tout comment parler de « rigueur » alors qu’on subventionne une cimenterie, un producteur aérien en faillite (presque), qu’on refuse de sabrer dans les subventions inefficaces et qu’on augmente les taxes par des moyens détournés ?  Le parti libéral n’ayant de libéral que le nom, il est impossible de le définir intellectuellement. Tout ce qui en résulte de positif pour l’économie peut être attribué à la chance ou à un échange entre deux ministres intellectuellement opposés. Normalement, un parti comme celui-ci serait voué à disparaître. Mais tant que la « menace » péquiste existe, la colle qui unit les libéraux semble tenir. Tant que la question nationale existe, les libéraux peuvent endurer leurs différences internes.

Alors non, le parti libéral n’est pas le parti de l’économie.