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Un autre gros mois à passer

À l’instar de ses adjoints Tomas Plekanec, P.K. Subban et Andreï Markov, le capitaine du ­Canadien, Max Pacioretty,
a déçu en décembre.
photo PIERRE-PAUL POULIN À l’instar de ses adjoints Tomas Plekanec, P.K. Subban et Andreï Markov, le capitaine du ­Canadien, Max Pacioretty, a déçu en décembre.

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Carey Price ne reviendrait pas au jeu ce mois-ci qu’il ne faudrait pas s’en étonner. ­Établissons le pronostic ­ensemble.

Au départ, la durée de son absence avait été établie à un minimum de six semaines. Or, dans le cas d’une ­blessure présumée à un genou – car le Canadien s’est abstenu de tout diagnostic, on le sait –, la période de convalescence s’étend souvent sur deux mois.

Cela pourrait signifier que Price reprendrait l’entraînement sur glace ­autour du 21 janvier.

Ajoutez cinq jours de préparation et on se retrouve au 26. Ce soir-là, le ­Tricolore disputera la deuxième rencontre d’une série aller-retour contre les Blue Jackets de Columbus.

Il s’agira de son dernier match avant la pause du match des étoiles.

Il reprendra le collier une semaine plus tard, soit le 2 février à Philadelphie, là même où prendra fin ce soir son interminable série de huit matchs sur ses ­patinoires adverses.

La prudence est de mise

Si la direction de l’équipe est fermement déterminée à donner tout le temps voulu à son joueur numéro un de récupérer pleinement, Price ­retournera dans la mêlée en février.

Ce scénario voudrait donc dire que Michel Therrien aurait à vivre un deuxième mois d’incertitude. Pas parce que Michael Condon ne fait pas du bon travail, mais parce que les ­autres prétendus meneurs de la formation ont fait la démonstration qu’ils sont incapables de garder le fort en l’absence de Price.

Le capitaine Max Pacioretty et ses adjoints Andreï Markov, Tomas ­Plekanec et P.K. Subban ont tout ­simplement déçu en décembre.

Pour ce qui est de Markov, on peut toujours dire que le poids de ses 37 ans se fait sentir. Mais les trois autres n’avaient absolument aucune excuse.

Aucune, point final.

L’effet Gallagher

Bon, le retour de Brendan Gallagher a produit l’effet escompté lors du match en plein air à Boston. Il a apporté l’énergie qui manquait tant à l’équipe durant sa chute au classement.

Une vraie dynamo, celui-là!

Le prochain capitaine, ce sera peut-être lui. Mais peu importe qu’il porte ou non le C à son chandail un jour. On sait qu’il ne laissera jamais tomber l’équipe et qu’il se présente pour jouer tous les soirs.

Les anciens qui ont fait les grandes années de l’organisation doivent ­l’aimer.

Soir après soir, match après match, Gallagher met en pratique le mot d’ordre inscrit sur le mur du vestiaire ­disant qu’aucune excuse n’est valable.

D’un autre côté, cela démontre la fragilité de cette équipe, que l’on pensait partie pour la gloire après une vingtaine de matchs. Il y a encore trop de maillons faibles dans la chaîne.

C’est vrai qu’avec la présence de Gallagher, le Canadien a bien paru dans sa victoire face aux Bruins, le Premier de l’an. Mais les Bostonniens jouaient sans les services de Brad Marchand, leur bougie d’allumage, et de David Krejci.

Quant à Tuukka Rask, il a été égal à lui-même face au Tricolore, c’est-à-dire très ordinaire. Le Canadien joue dans sa tête.

Petite gêne

Gardons-nous donc une petite gêne avant d’affirmer que le Canadien est revenu sur le bon chemin.

Ben Scrivens, qui fera face aux Flyers ce soir, a de l’expérience dans la Ligue nationale, mais il jouait dans la Ligue américaine lorsque Marc ­Bergevin a fait son acquisition des ­Oilers d’Edmonton en retour de Zach Kassian. Il en est à sa quatrième ­organisation en six ans.

On peut toujours dire que Devan Dubnyk avait joué pour autant d’équipes en autant d’années lorsqu’il est sorti de nulle part pour devenir le gardien attitré du Wild du Minnesota, l’an dernier. Mais les miracles de ce genre n’arrivent pas souvent.

Tant mieux si Scrivens s’affirme, parce que le Canadien aura besoin de la contribution de toutes ses ouailles pour passer à travers janvier.

Il livrera une dizaine de matchs d’ici la fin du mois et, à part ce programme double contre les Blue Jackets et deux matchs contre les Flyers et les Leafs, il rencontrera des équipes étant toutes en position pour obtenir une place dans les séries.

Au milieu du mois, la troupe de Therrien se mesurera aux Blackhawks deux fois, ainsi qu’aux Blues, dans une série de trois matchs en quatre jours.

Ça va prendre du chien!

La LNH se couvre de ridicule

Le match des étoiles de la Ligue nationale de hockey, qui se tiendra à la fin du mois à Nashville, est en train de tourner au ­ridicule.

Le dur à cuire John Scott, auteur de 5 buts en 285 matchs dans la LNH, sera capitaine de l’équipe de la division Pacifique.

Ainsi en ont décidé les amateurs qui en ont fait le joueur ayant obtenu le plus de votes dans sa division.

Ironie du sort, l’entraîneur des Coyotes de Phoenix, Dave Tippett, a rayé son nom de sa formation pour un match contre les Oilers d’Edmonton dans les heures ­suivant l’annonce de son élection.

En fait, il ne l’a utilisé que dans 11 rencontres depuis le début de la saison. Scott montre une ­mention d’aide à sa fiche.

Une comédie

Ainsi donc, Scott jouera dans le cadre des matchs à trois contre trois, système qui fera office de match des étoiles cette année.

Tant qu’à faire dans la comédie!

La LNH est vraiment prête à tout pour vendre son produit aux États-Unis.

Les matchs en plein air sont une belle réussite, même si on voit les joueurs gros comme des atomes dans un stade de football.

Mais pour ce qui est de la rencontre des étoiles, c’est une ­mauvaise farce!

Du hockey à trois contre trois, ce n’est pas du hockey.

Les autres sports ne dénaturent pas leur produit de cette façon.

Dans la Ligue nationale de football, le match des étoiles se joue selon les normes, c’est-à-dire à 11 contre 11, même si le spectacle n’offre pas du jeu de grand cru.

Dans la NBA, ils sont cinq contre cinq, comme le veut la ­règle.

Dans la MLB, la formation défensive compte, comme toujours, neuf joueurs sur le terrain.

Il y a des années que je ne regarde plus le match des étoiles de la LNH.

La fin de semaine est un rassemblement pour les plus gros commanditaires du circuit.

Je ne sais pas si Carey Price compte prendre part au match cette année. Mais à sa place, j’irais me faire dorer la couenne quelque part dans les Caraïbes.

On peut aussi penser que la ­direction du Canadien préfère ne pas le voir à Nashville.