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Le Conseil de sécurité condamne fermement le nouvel essai nucléaire nord-coréen

A sales assistant watches TV sets broadcasting a news report on North Korea's nuclear test, in Seoul
Photo Kim Hong-Ji / Reuters Un bulletin spécial portant sur le test nucléaire nord-coréen a été présenté à Séoul, en Corée du Sud.

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Nations unies - Le Conseil de sécurité a «condamné fermement» mercredi le nouvel essai nucléaire nord-coréen et va préparer des «mesures supplémentaires» contre Pyongyang.

Dans une déclaration adoptée à l’unanimité – y compris par la Chine, alliée traditionnel de Pyongyang – les 15 pays membres indiquent qu’ils vont «commencer à travailler immédiatement sur de telles mesures», qui seront contenues «dans une nouvelle résolution du Conseil de sécurité».

La déclaration ne précise pas quelles seront ces «mesures supplémentaires» et ne parle pas explicitement de sanctions.

Mais des diplomates de l’ONU ont indiqué que le Conseil allait envisager de renforcer les sanctions internationales dont Pyongyang fait déjà l’objet depuis ses trois premiers essais nucléaires.

Une des possibilités est d’ajouter des noms à une liste d’individus et d’entreprises sanctionnés pour leurs liens avec le programme nucléaire nord-coréen.

Cette liste tenue à jour par un Comité des sanctions contient déjà les noms de 20 entités et douze individus.

Chacun des trois précédents essais nucléaires nord-coréens, en octobre 2006, mai 2009 et février 2013, a conduit à un alourdissement de ces sanctions internationales.

Dans sa déclaration, lue par l’ambassadeur d’Uruguay Elbio Rosselli, qui préside le Conseil en janvier, les 15 pays membres soulignent que le quatrième essai nord-coréen est «une violation flagrante des résolutions» précédentes de l’ONU et mettent l’accent sur «la gravité de cette violation».

Les résolutions de l’ONU interdisent à la Corée du Nord toute activité nucléaire ou balistique sous peine de sanctions.

Les États-Unis «ne sont pas en mesure de confirmer pour le moment qu'un essai a bien été mené», a-t-il ajouté. Il souligne cependant que Washington «condamne toute violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et appelle de nouveau la Corée du Nord à respecter ses obligations internationales et ses engagements».

La Corée du Nord a affirmé avoir mené mercredi son premier essai réussi de bombe à hydrogène, une revendication qui décuplerait, si elle était vérifiée, les enjeux autour du programme nucléaire nord-coréen.

Pyongyang a testé trois fois la bombe atomique A, qui utilise la seule fission, en 2006, 2009 et 2013, ce qui lui a valu plusieurs séries de sanctions de la part de l'ONU.

Plusieurs résolutions de l'ONU interdisent à Pyongyang toute activité nucléaire ou liée à la technologie des missiles balistiques.

Au sein du Conseil, la Chine, seule alliée de Pyongyang, tente régulièrement de protéger la Corée du Nord d'une condamnation ou de nouvelles sanctions tandis que Washington ne manque pas une occasion de dénoncer le régime communiste nord-coréen et ses violations des droits de l'homme.

Le Japon est entré au Conseil le 1er janvier comme membre non permanent et pour un mandat de deux ans.

Chacun des trois précédents essais nucléaires nord-coréens, en octobre 2006, mai 2009 et février 2013, a conduit à un alourdissement des sanctions internationales, qui visent notamment des établissements financiers ou des entreprises liées aux activités nucléaires ou balistiques nord-coréennes.

Après le troisième essai en 2006, le Conseil de sécurité avait imposé des restrictions sur les transactions financières et le trafic maritime du pays.

Le leader nord-coréen, Kim Jong-un.
REUTERS
Le leader nord-coréen, Kim Jong-un.

Réactions hostiles

L'annonce par la Corée du Nord de la réussite mercredi de son premier essai nucléaire avec une bombe H, nouveau défi à la communauté internationale, a suscité l'hostilité immédiate de ses voisins inquiets pour leur sécurité.

Washington n'était pas en mesure de «confirmer dans l'immédiat» l'essai nord-coréen ni s'il concernait une bombe H, que Pyongyang affirme avoir «miniaturisée».

Quelques instants à peine après l'annonce de Pyongyang – qui intervient à deux jours de l'anniversaire du leader nord-coréen Kim Jong-un –, le premier ministre japonais Shinzo Abe a qualifié l'essai nucléaire de «grave menace pour la sécurité» du Japon.

 

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe.
AFP
Le premier ministre japonais, Shinzo Abe.

«Violation flagrante»

La Russie a qualifié mercredi de «violation flagrante» des résolutions de l’ONU l’annonce par la Corée du Nord de son premier essai nucléaire d’une bombe H, estimant que cette mesure pourrait aggraver les tensions dans la région.

«Si ce test est confirmé, il s’agira d’un nouveau pas de Pyongyang sur la voie du développement d’armes nucléaires, ce qui constitue une violation flagrante du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU», a écrit le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Corée du Nord a affirmé mercredi avoir réussi son premier essai de bombe à hydrogène, bien plus puissante que la bombe atomique ordinaire, une annonce accueillie avec le plus grand scepticisme par les spécialistes.

«De telles actions sont susceptibles d’aggraver la situation dans la péninsule coréenne», a averti le ministère russe, soulignant le «grave potentiel de confrontation militaire et politique» existant déjà dans cette région.

Il a également appelé toutes les parties à «faire preuve de la plus grande retenue», à «s’abstenir de toutes actions qui pourraient mener à une aggravation incontrôlée des tensions» et à «engager rapidement un dialogue» pour réduire les tensions nées des ambitions nucléaires de Pyongyang.

Moscou est «extrêmement préoccupé» par l’annonce de la Corée du nord, pays frontalier de l’Extrême-Orient russe, a de son côté déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov.
AFP
Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov.

Autres réactions

Tokyo, a prévenu le premier ministre, va prendre des «mesures résolues» contre Pyongyang et coordonner (ses) efforts avec les États-Unis, la Corée du Sud, la Chine et la Russie pour contrer ce «grave défi» aux efforts pour enrayer la prolifération de l'armement nucléaire.

La Corée du Sud a également «vivement» condamné ce quatrième essai nucléaire nord-coréen réalisé «en dépit des avertissements de notre part et de ceux de la communauté internationale».

La présidente Park Geun-Hye a convoqué une réunion d'urgence du Conseil de sécurité nationale et Séoul «prendra toutes les mesures nécessaires» pour que Pyongyang «paie le prix de cet essai nucléaire».

Séoul n'a pas fait mention du fait que Pyongyang revendique avoir réussi son premier essai de bombe à hydrogène, une affirmation que beaucoup d'experts internationaux mettent en doute.

La présidente de la Corée du Sud, Park Geun-hye.
REUTERS
La présidente de la Corée du Sud, Park Geun-hye.

La Chine, principale alliée de la Corée du Nord, a déclaré «s'opposer fermement» au nouvel essai nucléaire de Pyongyang, soulignant qu'il a été réalisé «en dépit de l'opposition de la communauté internationale».

Pékin «exhorte instamment» la Corée du Nord «à tenir son engagement de dénucléarisation, et à s'abstenir de toute action qui aggraverait la situation», a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mme Hua Chunying, lors d'un point de presse.

L'agence officielle Chine nouvelle, qui a donné la nouvelle de l'essai en flash, a souligné qu'il allait «apparemment à l'encontre des résolutions» de l'ONU, ajoutant que Pékin a toujours soutenu la dénucléarisation de la péninsule coréenne et s'opposait à toute «initiative unilatérale nuisible à la paix et à la stabilité régionales».

La ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, a «condamné dans les termes les plus vifs» l'essai nucléaire qui confirme aux yeux de Canberra «le statut d'État-voyou» de la Corée du Nord.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond, a jugé que s'il était avéré que la Corée du Nord a réalisé un essai de bombe à hydrogène, il s'agirait d'une «provocation» et d'une «violation grave» des résolutions de l'ONU.

La France «condamne» l'essai de bombe à hydrogène réalisé par la Corée du Nord, une «violation inacceptable des résolutions du Conseil de sécurité» de l'ONU, et «appelle une réaction forte de la communauté internationale», a annoncé l'Élysée mercredi.

«Dans l'attente de la confirmation des caractéristiques de l'essai nucléaire annoncé et observé cette nuit en Corée du Nord, la France condamne cette violation inacceptable des résolutions du Conseil de sécurité et appelle une réaction forte de la communauté internationale», écrit la présidence de la République dans un communiqué diffusé mercredi matin.