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Québécois sauvagement poignardé au Belize: une culture de bain de sang

<b>Matthiew Klinck</b><br /><i>Assassiné</i>
Matthiew Klinck
Assassiné

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Le meurtre sanglant du réalisateur québécois Matthiew Klinck au Belize est le résultat d’une «culture de bain de sang» qui règne dans ce pays d’Amérique centrale depuis plusieurs années, selon ses amis locaux.

«Je souhaite tellement que les responsables soient traînés en justice, mais tristement, tellement de crimes demeurent non résolus au Belize à cause du manque de formation et de ressources», a indiqué sur Facebook Lilia Leslie, une jeune femme originaire du pays.

Selon une étude faite en 2014 par les Nations unies et l’Organisation mondiale de la santé, le Belize se hisse tristement au 4e rang des pays les plus meurtriers au monde. Sur 100 000 personnes, 44,7 d’entre elles ont été victimes d’un meurtre en 2014.

«Tellement de meurtres et de braquages à domicile ne sont pas résolus, a écrit Richard Young, lui aussi originaire du Belize. Trop de personnes traversent la frontière pour commettre ces crimes et retournent se cacher ensuite.»

Ces meurtres, parfois d’une violence à glacer le sang, sont souvent perpétrés par les nombreux gangs de rue qui se sont formés dans les dernières années au Belize, indiquent les médias locaux.

Meurtre sordide

Le corps en état de décomposition de Matthiew Klinck a été retrouvé lundi vers 8 h 40 (heure locale) à environ cinq mètres de sa résidence, dans un secteur boisé. Ce sont deux amis du réalisateur qui ont fait la macabre découverte lors d’une visite improvisée. L’homme de 37 ans a été poignardé à 14 reprises au visage, dans le cou et au haut du corps, selon le média local News 5 qui a obtenu une copie du rapport de police. Une autopsie a été pratiquée afin de relever tous les éléments de preuve possibles pour arrêter le meurtrier.

Le Québécois louait une maison de Selena, une petite communauté près de Spanish Look, depuis mai 2014.

Initialement, les autorités croyaient que le ou les meurtriers voulaient voler l’équipement du réalisateur, qui vaut plusieurs milliers de dollars. Or, les médias locaux rapportent que tous ses appareils électroniques et ses caméras sont demeurés intacts.

Positif et passionné

Depuis son arrivée au pays il y a environ cinq ans, Matthiew Klinck s’était fait connaître de tous. Les médias locaux le décrivent comme un réalisateur bien connu et des milliers de messages de sympathie ont été publiés sur les réseaux sociaux.

«Je suis choquée et terriblement triste d’apprendre la perte de mon cher cousin», a indiqué Mary Klinck, une Montréalaise, sur sa page Facebook.

Ses amis, Canadiens comme Beliziens, le décrivent comme un homme positif, généreux et passionné qui souhaitait simplement répandre le bonheur autour de lui. Alors qu’il travaillait au Nigéria pour un film, il a rencontré des habitants du Belize et est immédiatement tombé en amour avec eux. Il a rapidement saisi tout le potentiel et le talent qu’ils avaient et a décidé de s’installer au pays pour de bon, a raconté son amie Nicole Andrewin sur les réseaux sociaux. «Matthew ne méritait pas de se faire tuer, indique-t-elle. J’ai été bénie de le rencontrer et de pouvoir apprendre à le connaître. Il a vécu une vie très positive et remplie d’amour et de passion à partager avec tous les gens qu’il rencontrait.»

La famille et les proches de Matthiew Klinck doivent arriver au Belize jeudi pour tenir des funérailles et rencontrer les enquêteurs.

Tué à la machette?

Il y a deux ans presque jour pour jour, un autre Canadien qui vivait au Belize a été sauvagement assassiné. Brian Townsend avait déménagé au Belize depuis environ neuf ans pour une mission humanitaire. Son corps a été retrouvé au Guatemala à environ 15 minutes de la frontière avec le Belize le 27 décembre 2014. Selon les autorités locales, le Canadien a d’abord été victime d’une entrée par effraction à son domicile, puis d’un vol, avant d’être tué.

Les importantes blessures retrouvées sur son corps semblaient avoir été causées par une machette, avait rapporté la police à l’époque.