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Rêver grand

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Jean-Paul L’Allier aimait la politique et la politique l’aimait. Il l’aimait dans ce qu’elle a de plus noble: le service public. Cet art rarissime, il le maîtrisait avec cœur, passion, discipline et intelligence.

Décédé trop tôt à 77 ans, Jean-Paul L’Allier était de cette génération d’hommes et de femmes qui, sans hésiter, ont consacré une large part de leurs vies à façonner un Québec qu’ils voulaient moderne et plus juste.

Toutes origines sociales confondues, ces bâtisseurs étaient éduqués, déterminés, audacieux, raffinés, courageux, cultivés, courtois et avaient beaucoup voyagé. On l’oublie aujourd’hui trop facilement.

Servir les siens

Fils de boulanger, avocat, ministre des Communications et des Affaires culturelles sous Robert Bourassa, diplomate et, enfin, maire bien-aimé de Québec pendant seize ans, il aura toujours servi ses concitoyens.

La capitale nationale doit beaucoup à cet homme qui l’a tant aimée. Il l’a rendue plus belle, plus efficace et fin prête pour le nouveau millénaire. Beaucoup grâce à lui, la qualité exceptionnelle de vie à Québec n’est pas une légende urbaine.

Nationaliste, souverainiste et citoyen du monde tout à la fois, il comptait autour de lui des collègues et amis de tous les horizons politiques.

La clé de la démocratie

Rare combinaison d’un leader naturel, d’un fin stratège et d’un homme d’équipe à l’écoute attentive des autres, la politique, sous sa gouverne, se faisait respectable et intègre.

Jean-Paul L’Allier était de cette génération capable de rêver grand pour les siens. Il savait d’expérience que l’action, sans le rêve qui la précède, est vide de sens.

En 2004, il résumait sa philosophie en des termes sur lesquels plusieurs, élus et citoyens, seraient sages de méditer: «La politique, c’est la clé de la démocratie. Moins les gens s’engagent, plus on laisse la gouverne des affaires publiques à des gens qui ont un intérêt particulier.»