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Le prix à la pompe trop élevé par rapport au baril de pétrole

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Les automobilistes québécois ne bénéficient pas pleinement de la chute importante du prix du baril de pétrole depuis plus d’un an, estiment des experts.

Les spécialistes de la bourse ont vu le baril de pétrole se vendre trois fois moins cher comparativement à il y a un an et demi, soit 48 $ au lieu de 149 $. C’est son niveau le plus bas depuis 12 ans.

Pendant ce temps, les automobilistes n’ont pas constaté la même chute du prix de l’essence, le litre passant de 1,43 $ à 1,15 $ à Montréal, donc même pas 30 ¢ de baisse depuis juin 2014.

«Il est clair pour moi que le consommateur ne bénéficie pas pleinement de la baisse du baril de pétrole», conclut Benjamin Reitzes, économiste principal chez BMO.

«Je suis d’accord, mais en même temps il n’y a pas de conspiration là-dedans, mais surtout des facteurs qui jouent contre les automobilistes canadiens», assure Yves Martin, directeur principal à la Banque Nationale.

Les experts pointent trois raisons pour expliquer cet écart surprenant.

La chute du dollar

Le huard se fait plumer depuis un an. Hier, il ne valait plus que 71 ¢ par rapport au dollar américain. Or, les achats de pétrole se font en dollars US.

«Si le dollar canadien était à parité avec le dollar américain, le litre d’essence serait facilement de 15 ¢ à 17 ¢ moins cher qu’actuellement», assure Carol Montreuil, porte-parole à l’Institut canadien des produits pétroliers.

Les taxes

«Le pétrole a beau chuter, plusieurs taxes sur l’essence sont fixes, ce qui garde le prix élevé», dit Yves Martin.

Peu importe que le baril affiche 10 $ ou 100 $ à la bourse américaine. Pour chaque litre d’essence à la pompe, le consommateur envoie 10 ¢ au fédéral, 19,2 ¢ au provincial, 3 ¢ à l’Agence métropolitaine de transport pour la région montréalaise, et depuis un an 3,8 ¢ pour la taxe carbone.

Sans compter la TPS et la TVQ qui s’ajoutent aux autres.

Plus de profits

«Les raffineurs ont profité de la grande demande pour augmenter leurs marges», souligne Mathieu d’Anjou, économiste principal chez Desjardins.

Au Québec, ces profits sont passés de 7,3 ¢ le litre en 2014 à 12,4 ¢ en 2015.

«Ils gardent leurs prix élevés malgré la baisse du brut», résume Yves Martin.

Même soif pour les stations-service. Au centre-ville de Montréal, les détaillants ont fait passer leurs marges de 7,2 ¢ à 9,2 ¢ le litre en moyenne en 2015.