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Le secret des succès coréens

PSY-SONG/GENTLEMAN
Photo Reuters Les vedettes de la K-pop, comme Psy, multiplient les succès à travers la planète.

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Vous avez l’impression que de plus en plus de choses viennent de Corée? C’est vrai: la «vague coréenne» prend de plus en plus d’ampleur, autant pour la production télé que pour la musique, avec des répercussions sur la popularité de produits qui vont de l’électronique aux cosmétiques. Tout cela à la suite d’actions soigneusement planifiées.

Quand le rappeur américain Snoop Dogg est arrivé à Séoul au début de 2014 pour filmer le clip de Hangover, son hit avec la superstar coréenne Psy, il a eu droit à une initiation éclair sur la façon dont les Coréens fabriquent des mégasuccès internationaux: le tournage a duré 18 heures, dans plus de 10 lieux différents et sans beaucoup de pauses... Mais les résultats ont suivi: la vidéo a récolté plus de 10 millions de visionnements sur YouTube dès le jour de sa sortie, en juin 2014. Elle atteint maintenant près de 237 millions de visionnements.

Côté musique, les vedettes de la «K-pop» ­(Korean pop) multiplient les succès à travers la planète. En télé, les «K-dramas», ces séries ­dramatiques tournées à la chaîne, récoltent des auditoires monstres bien au-delà de la Corée. On a donné un nom à ce phénomène: Hallyu ou «vague coréenne». Une vague qui ne laisse rien au hasard: la Corée investit des milliards dans une stratégie destinée à en faire un exportateur majeur de produits culturels à travers le monde.

Ce pays, ravagé par la guerre au début des années 1950, moins riche que le Ghana dans les années 1960, est maintenant la 15e économie mondiale, avec des conglomérats d’envergure internationale comme Hyundai et Daewoo dans l’automobile ou Samsung dans l’électronique. Mais la crise économique qui a frappé l’Asie en 1997 a révélé, justement, les dangers de dépendre de quelques secteurs d’activité. Le président d’alors, Kim Dae-jung, a rétorqué en poussant au maximum le développement de contenus. Les conglomérats comme Samsung et Daewoo ont commencé à augmenter leurs investissements dans la production de films et de vidéos. Et le gouvernement lui-même a multiplié les fonds et les crédits d’impôt, tant dans l’industrie musicale et les jeux vidéo que dans la production télé.

Fabriquer du cool

Les entreprises se sont organisées pour tirer parti de ces investissements. Les compagnies de disques dépistent, dès l’adolescence, les stars potentielles et les forment intensivement pendant des années avant de les lancer en public, en soignant leur image et leur positionnement.

Dans les sondages portant sur l’image des pays, la Corée n’a pas cessé de grimper. Pour les jeunes d’un peu partout dans le monde, ce qui vient de Corée est désormais vu comme cool. Et les impacts économiques sont tangibles: les produits associés à la Corée sont de plus en plus en vogue. Les cosmétiques coréens sont décrits, dans les publications féminines d’Europe et d’Amérique, comme la prochaine tendance. Et pour l’électronique, cela ne fait que commencer: dans les marchés émergents, comme le ­Kazakhstan par exemple, ceux qui vont bientôt pouvoir s’offrir des téléphones intelligents vont sans doute penser aux Samsung en premier, parce qu’ils les voient depuis des années dans les séries télévisées.

 

La VIDÉO De la semaine

Le fabricant de caméras individuelles GoPro offre sa propre revue de 2015, toute faite de séquences filmées avec sa caméra Hero4.

 

L’ACRONYME De la semaine

On connaissait le syndrome dit «FOMO» (fear of missing out): la peur permanente de manquer quelque chose, renforcée par les réseaux sociaux, qui permettent de ne rien ignorer de ce qui se passe. On voit maintenant se développer le FOLO (fear of living offline): l’angoisse de ne pas vraiment exister, tant qu’on ne s’affiche pas en ligne. Une tendance pour 2016, selon l’agence new-yorkaise Sparks & Honey.

 

La réorientation De la semaine

PSY-SONG/GENTLEMAN
Photo AFP

Spike Jonze (Her, Being John Malkovich, etc.), nommé en novembre dernier à la tête de la chaîne télé Viceland, du groupe Vice Media, a annoncé, en dévoilant des éléments de la programmation, qu’il suspendait ses activités comme réalisateur de films jusqu’à nouvel ordre, pour se consacrer à cette nouvelle responsabilité.