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Un vol de documents secrets signalé le lendemain?

Le chef d’une escouade policière s’est fait dérober une valise dans son auto

Escouade ÉCLIPSE
Photo d'archives Le commandant de l’escouade Éclipse, Patrice Vilceus, était à son party de bureau lors du vol d’informations sensibles.

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Le commandant de l’escouade Éclipse aurait attendu le lendemain de son party de bureau avant de signaler le vol de documents confidentiels subtilisés à l’intérieur de sa voiture de fonction.

Selon nos informations, les détails d’une importante enquête en cours ainsi que des renseignements concernant des informateurs de police ont été dérobés au commandant Patrice Vilceus le 17 décembre dernier, près de la rue Union, au centre-ville de Montréal.

Celui-ci assistait au party de Noël de la section des affaires spéciales du corps de police.

Nous ignorons toutefois si le cadre, décrit comme «un homme au-dessus de tout soupçon» par ses collègues, a constaté le vol au moment précis où il est monté dans son véhicule.

Selon nos sources, la police est toujours activement à la recherche des informations dérobées au commandant de l’escouade Éclipse, l’une des plus en vue de son service.

MINISTÈRE INDISPOSÉ

Ce nouvel épisode touchant des renseignements confidentiels dérobés à la police pourrait bien être le premier vrai test pour le nouveau patron de la police de Montréal, Philippe Pichet.

Nos informateurs racontent que le ministère de la Sécurité publique a été plutôt surpris d’apprendre une nouvelle de cette importance au bulletin d’information de TVA et dans Le Journal, plutôt que par la bouche de la haute direction du service.

«La protection des sources devrait être en tête de liste du Service de police de la ville de Montréal (SPVM). Ne serait-ce pas un cas pour le nouveau Bureau des enquêtes indépendantes, qui tarde à se mettre en place?» s’est interrogé le député péquiste Pascal Bérubé, porte-parole de l’opposition en matière de sécurité publique.

SECTEUR À RISQUE

Sous le couvert de l’anonymat, plusieurs policiers se sont dits gênés qu’un haut gradé ait laissé ces précieuses informations dans sa voiture de fonction dans un secteur de la ville où l’on compte plus de 3500 vols simples chaque année.

L’expert en affaires policières Jean-François Brochu relève ironiquement que le SPVM, en juillet 2013, a avisé la population de ne pas laisser d’objet de valeur dans les voitures garées au centre-ville.

«Le commandant Vilceus ne doit pas être très fier aujourd’hui», affirme-t-il.

Si les informations volées au commandant Vilceus étaient stockées sur une clé USB, comme le rapportent certaines sources, il semble que ceci entre également en contradiction avec les directives du SPVM que nous avons obtenues.

Elles stipulent que de telles informations «ne doivent pas être accessibles par micro-ordinateur ni conservées sur support informatique».

«Les policiers deviennent tellement habitués à transiger de l’information sensible qu’il y a une certaine accoutumance à ça», raconte l’enquêteur privé Claude Sarrazin.

«Il faut donc prendre tous les moyens pour s’en prémunir.»

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