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Cruel dilemme

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Ces dernières semaines, Le Journal a présenté trois familles éplorées qui ont accepté de transformer une mort accidentelle en vecteur de vie, par le don d’organes. Fauchés à 4, 19 et 20 ans, des jeunes ont sauvé chacun 5 des 1000 patients en attente de greffe. Chaque année, une cinquantaine de ces condamnés en sursis succombent à leur lente extinction.

Quelle cruauté! Dans le chagrin, deman­der à des proches d’accepter de laisser charcuter le corps d’un être cher pour sauver des inconnus... Trois familles ont eu cette admirable générosité. Mais aux prises avec une douleur vive et un adieu difficile et soudain, la moitié refusent, même quand le défunt a signifié sa volonté.

Dossier Santé

On devrait épargner aux familles cet atroce dilemme. Plus de 80 % des Québécois affirment qu’ils donneraient leurs organes en cas de décès pour sauver des vies. Par superstition ou négligence, à peine la moitié signent la carte, souvent introuvable dans la panique. Et la famille a toujours prépondérance.

L’avènement prochain du Dossier Santé au Québec permettrait sans frais, sans investissement supplémentaire, de décider que tout Québécois consent par défaut à donner ses organes sans requérir le consentement de ses proches. Le système permettrait cependant à quelqu’un (ou son tuteur) d’inscrire d’avance au dossier santé qu’il refuse de donner ses orga­nes.

L’hôpital consulterait le dossier de l’accidenté; s’il n’a pas manifesté son refus, on enclenche!

Apathie politique

Fini de tourmenter des proches éprouvés, on donnerait priorité à la vie! Mais nul n’a l’énergie de secouer l’apathie des politiciens à ce sujet. Et sans juteux contrat en perspective, qui poussera?

Avec l’allongement des listes d’attente, les progrès de la médecine et l’amélioration du bilan routier, plusieurs pays ont déjà automatisé le don d’organes.

Mais le Québec se soucie plus du droit à la mort que du droit à la vie!