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La démocratie populaire, socle de Jean-Paul L’Allier

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À la fin des années 1960, dans la foulée de la Révolution tranquille, le Comi­té des citoyens de l’Aire 10 (quartier Saint-Roch) fut créé par des notables et des citoyens de la paroisse grâce au curé de la paroisse Saint-Roch, Mgr Lavoie.

Ce comité fut formé pour que les citoyens s’approprient le développement de Saint-Roch par la construction de coopératives d’habitation et par la délocalisation des voies ferrées. Ils revendiquaient la récupération des terrains des voies ferrées situés au bord de la rivière Saint-Charles pour cons­truire des coopératives d’habitation et pour créer des services de proximité. En cela, le comité s’opposait aux projets de construction d’autoroute et de démolition des habitations au profit de grands édifices en hauteur voulus par le Progrès civique et par les ministères des Transports des gouvernements du Québec et du Canada. Malgré le dynamique président du comité des citoyens Roger Parent, les gouvernements firent la sourde oreille à leur proposition et à leur projet.

C’est alors que Mgr Lavoie décida, en 1969, de se présenter comme conseiller aux élections municipales dans le secteur de la Basse-ville afin de faire des projets des résidents de Saint-Roch un enjeu électoral.

Des organisateurs et les citoyens engagés dans le comité des citoyens et qui avaient travaillé aux élections municipales pour le curé Lavoie, comme nous l’appelions, décidèrent de former une équipe pour fonder le Rassemblement populaire de Québec afin de permettre à la population de dire son mot dans les projets de développement de leur quartier.

Fusions municipales

Les fusions municipales, qui avaient annexé Les Saules, Neufchâtel, Duberger et Charlesbourg Ouest à Québec, au début des années 1970, ont provoqué la création du Mouvement des contribuables et un sentiment de dépossession qui ont joué un rôle-clé dans l’enracinement du Rassemblement populaire dans les banlieues et dans la place centrale qu’a tenue dans son programme la création des conseils de quartier décisionnels.

En fait, lors des élections municipales de 1977 et de 1981, le thème de la démo­cratie et la création des conseils de quartier constituaient les principaux enjeux des campagnes électorales. Avec ces thèmes, le Rassemblement populaire obtint 23 % des suffrages lors des élections de 1977 et 41 % des suffrages lors des élections de 1981. Il réussit à faire élire quatre conseillers: trois dans les banlieues Duber­ger, Les Saules, Charlesbourg Ouest et l’autre dans la Haute-ville. Ce n’était plus qu’une question de temps avant que le Rassemblement populaire ne prenne le pouvoir sous la gouverne de Jean-Paul L’Allier, à la fin des années 1980, qu’il crée les conseils de quartier et démocratise l’administration municipale. Le génie de Jean-Paul L’Allier est d’avoir fait de la démocratie – le pouvoir du peuple – le socle de ses politiques et de son administration pour réussir à «déplacer les montagnes pour nous faire voir le soleil», comme l’a dit Simon L’Allier aux funérailles de son père, le 9 janvier 2016.

Pierre Racicot, Ph. D.
Fondateur du Rassemblement popu­laire de Québec

 

 

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