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L’ajout de 150 lits à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur va de l’avant

Pierre-Le Gardeur
Photo d'archives L’urgence déborde fréquemment, si bien que des patients doivent rester pendant plusieurs jours sur des civières dans un corridor.

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Complètement engorgé depuis plusieurs années, l’hôpital de Terrebonne procédera finalement à un agrandissement permettant l’ajout de 150 lits, soit beaucoup moins que les 250 lits nécessaires selon une estimation de la direction.

«La capacité de cette nouvelle installation de 283 lits est maintenant nettement insuffisante pour répondre à la demande et l’hôpital est confronté à un engorgement majeur qui ne peut que s’aggraver avec la croissance démographique [...] et le vieillissement accéléré de la population», lit-on dans un document de la direction de l’hôpital.

Loin de l’objectif ?

Construit en 2004, l’Hôpital Pierre-Le Gardeur ne dérougit pas. Depuis l’ouverture, la hausse de la population est de 16 % dans le secteur. Dans un appel d’offres lancé lundi dernier, l’hôpital cherche une firme pour élaborer son «plan fonctionnel» afin d’ajouter 150 lits qui seront tous en chambre individuelle. Cela représente une augmentation de 53 % des lits.

Pourtant, un plan clinique de l’hôpital rédigé en 2014 estimait plutôt les besoins à 251 lits de plus, pour un total de 534 lits en 2025. À ce sujet, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière croit qu’il est difficile de prédire quelle sera la situation dans 10 ans.

«Je ne dis pas que 150 lits vont répondre à tous les besoins, indique Daniel Castonguay, président-directeur général du CISSS. Mais pour 10 ans, ça répond aux besoins. On ne peut pas prédire la démographie après ça.»

D’ailleurs, la direction de l’hôpital estime déjà qu’au moins la moitié des 150 nouveaux lits seraient à ce jour utilisés. Or, M. Castonguay souligne que la science de la santé évolue rapidement et que l’offre de service pourrait être différente dans 10 ans.

Du côté du MSSS, on réplique par courriel que «chacun des projets fait l’objet d’une évaluation afin qu’il réponde aux besoins de la population. Pour Pierre-Le Gardeur, le scénario retenu comprend l’ajout de 150 lits.»

Option d’agrandissement

Les discussions entourant l’ajout de lits à cet hôpital sont entamées depuis 2010. En 2013, le projet était estimé à 150 millions $. Or, à ce jour, le coût n’est pas encore défini. L’agrandissement sera soit construit en hauteur, soit en superficie additionnelle.

Une chose est sûre: la direction souhaite que les travaux permettent une option d’expansion. Les travaux ne seront pas terminés avant au moins deux ans.

♦ En 2014-2015, l’hôpital a enregistré la pire durée moyenne de séjour sur civière au Québec, soit plus de 27 heures.

Nombre de lits par hôpital 

Pierre-Le Gardeur

♦ Actuel 283

♦ Projeté 433

  • Saint-Jérôme 404
  • Cité-de-la-Santé (Laval) 489 
  • Hôpital général juif 637
  • Maisonneuve-Rosemont 617 
  • CUSM 911
  • CHUM 1000 
* Ces données ne comprennent pas les civières à l’urgence 
 

« On en aurait besoin maintenant »

Les 150 lits additionnels accordés à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur seraient

nécessaires dès aujourd’hui, déplore le syndicat des infirmières.

«Ces 150 lits-là, on en aurait besoin demain matin!» souli­gne Stéphane Cormier, président du syndicat affilié à la Fédération interprofessionnelle de la Santé (FIQ).

Pas avant deux ans

«C’est sûr qu’on est contents d’avoir des lits additionnels! ajoute-t-il. Mais on n’aura rien avant deux ou trois ans.»

D’ailleurs, ce dernier croit que les 150 lits ne suffiront pas à la demande futu­re.

«On est déjà en crise présentement, dit-il. C’est sûr que ça ne répondra pas aux besoins futurs. On va régler le problème d’hier.»

Constamment débor­dées, les infirmières de cet hôpital doivent souvent soigner des patients installés dans des corridors. Une des façons de compenser la surcapacité est d’installer trois malades dans des chambres pour deux personnes.

« On étouffe »

«On étouffe par en dedans! On augmente les risques d’infection et tout le monde est à l’étroit, surtout les patients», rappelle M. Cormier.

Selon ce dernier, la solution à long terme pour la région serait de construire un nouveau centre d’hébergement pour accueil­lir des personnes âgées en attente de placement qui occupent des lits de l’hôpital.

M. Cormier estime que 70 à 80 person­nes pourraient être placées.