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Une question de temps pour Drouin

Jonathan Drouin accepte difficilement le fait que, parmi les 10 premiers joueurs repêchés en 2013, il soit le seul à ne pas évoluer dans la Ligue nationale, mais il saura rebondir.
photo d’archives Jonathan Drouin accepte difficilement le fait que, parmi les 10 premiers joueurs repêchés en 2013, il soit le seul à ne pas évoluer dans la Ligue nationale, mais il saura rebondir.

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Comme bien des gens, j’ai été surpris d’apprendre que Jonathan Drouin avait été rétrogradé à l’équipe-école du Lightning de Tampa Bay et encore plus étonné de lire que son agent, Allen Walsh, avait réclamé une transaction en novembre dernier.

Jusque-là, on avait gardé un silence radio... mais, à la surprise générale, l’agent de Drouin a décidé, avec l’accord de son client, dit-il, d’en informer le public. On admettra qu’on ne voit pas ça souvent dans le monde du hockey.

Bon, il s’agit d’une décision prise par l’agent avec le consentement du joueur.

Ce qui m’étonne toutefois, c’est que Drouin avait rencontré Steve Yzerman une heure avant que l’agent annonce qu’une demande de transaction avait été présentée au directeur général du Lightning.

J’avoue que j’étais et je suis toujours parmi ceux qui ont cru et qui croient que Jonathan Drouin a le talent pour connaître une belle carrière dans la Ligue nationale. N’oublions pas que ce jeune homme n’a disputé que neuf matchs au cours des neuf dernières semaines.

Dans le rôle de St-Louis

Je vous avais déjà dit que j’étais convaincu que Drouin serait un joueur de très haut niveau aux côtés de Steven Stamkos. Personnellement, je le voyais dans le rôle que jouait Martin St-Louis avec le Lightning, Drouin fournissant à Stamkos les ressources pour qu’il atteigne le plateau des 50 buts.

Et je le pense toujours... à condition, évidemment que Stamkos demeure avec le Lightning et ça, c’est une autre histoire.

Drouin est un jeune homme talentueux. Il a une vision du jeu qu’on ne retrouve pas chez tous les joueurs de la Ligue nationale. C’est un passeur exceptionnel. Son histoire me rappelle un peu celle de Guy Lafleur qui avait éprouvé des difficultés à ses deux premières saisons dans la Ligue nationale.

Comparaisons Lafleur-Martin

Drouin, Lafleur, ces joueurs surdoués, ont de la fierté et ils ont un ego. À ses premiers pas dans la Ligue nationale, Guy ne pouvait échapper aux comparaisons avec Richard Martin, qui marquait des buts tous les deux matchs avec les Sabres de Buffalo. Il avait Gilbert Perreault comme joueur de centre.

C’est le même cas pour Drouin. Il est difficile pour lui d’accepter que, parmi les 10 premiers joueurs repêchés en 2013, il soit le seul à ne pas évoluer dans la Ligue nationale. C’est difficile à avaler. En fait, il ne l’accepte pas et Guy Lafleur ne l’acceptait pas non plus. On connaît le reste de l’histoire dans le cas de Guy.

Drouin saura-t-il rebondir? Je le crois sincèrement. Il a trop de talent pour demeu­rer bien longtemps dans la Ligue américaine.

Panarin : un cas particulier

On m’a beaucoup parlé d’Artemi Panarin au cours des derniers jours. On m’a deman­dé comment les Blackhawks avaient pu mettre la main sur un joueur aussi talentueux?

Je leur mentionne que Mike Smith, un de mes ex-adjoints avec les Red Wings de Detroit, avait donné des renseignements pertinents. Mike avait eu l’occasion de surveiller de près Panarin lors de ses années passées dans la KHL dans la formation de Saint-Pétersbourg.

Comme vous vous en souvenez sans doute, Panarin formait, il y a quelques années, un trio explosif avec Evgeni Kuznetsov et Vladimir Tarasenko.

Panarin, ne l’oublions pas, a plus d’expérience que les autres recrues de la Ligue nationale. Il a 23 ans. Il ne parle pas anglais et son mentor est Artem Anisimov, le joueur obtenu en échange de Brendan Saad.

Comment expliquer ses succès? Tout d’abord, il joue avec Patrick Kane... mais attention! il fait de Kane un joueur encore plus dangereux. Au cours des dernières années, Patrick passait souvent la rondelle, parfois trop souvent. Maintenant, avec Pana­rin, il a l’occasion de lancer et on voit les résultats.

Panarin ne panique jamais avec la rondelle. Il est calme et il a une belle vision du jeu. Son style convient parfaitement à celui de Kane, qui obtient un peu plus d’espace de manœuvre.

Jagr étonne

Je vois encore Jaromir Jagr face aux Blackhawks, il y a quelques années. Il endossait alors l’uniforme des Bruins et c’était la série finale.

Il jouait bien, mais le niveau de la compétition faisait en sorte qu’il avait du mal à produire.

Puis, ce fut un arrêt au New Jersey et ensuite en Floride.

Comme bien des obser­vateurs, je constate que les performances de Jagr sont renversantes. Il aura 44 ans, le mois prochain. Il joue dans une ligue plus rapide que jamais. Les joueurs sont plus imposants et, pourtant, il joue avec tellement d’assurance.

Il se plaît avec cette équipe, il adore être dans le même trio qu’Aleksander Barkov et Jonathan Huber­deau.

L’équipe-surprise

Il a grandement aidé à l’éclosion de ces deux joueurs. Huber­deau avait connu quelques ennuis après sa saison recrue, mais sous la direction de Gerard Gallant et avec la présence de Jagr, il est devenu un joueur important pour les Panthers. Quant à Barkov, c’est un super joueur.

Les Panthers représentent l’équipe-surprise de la saison. Au moment d’écrire ces lignes, ils avaient remporté 11 victoires de suite.

Étonnant, n’est-ce pas? Étonnant de voir cette formation au sommet de la division Atlantique et deuxiè­me derrière les Capitals de Washington au classement de l’Association de l’Est.