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Un dollar sous 70 cents

Des augmentations de prix à prévoir chez les commerçants au printemps

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Les consommateurs devront courir les aubaines en 2016, car plusieurs détaillants profiteront du printemps pour augmenter leurs prix, suivant la tendance qui sévit déjà dans le secteur de l’alimentation, prédisent plusieurs experts.

Les commerçants sont nombreux à peiner dans leurs efforts pour rogner leur marge de profit en absorbant les coûts supplémentaires imposés par un dollar canadien flirtant avec les 70 cents américains. Seules la durée des contrats d’approvisionnement des marchandises et la forte concurrence exercée pourraient empêcher certains détaillants d’augmenter trop rapidement leurs prix.

Selon Léopold Turgeon, président-directeur général du Conseil québécois du commerce de détail, les commerçants qui se procurent la majorité de leurs achats aux États-Unis pourraient être tentés de relayer la facture aux consommateurs. «La majorité des achats se font aux États-Unis, mais la Chine est aussi en difficulté; ça risque de freiner les hausses de prix relayés aux consommateurs. De notre côté, nous prévoyons une hausse globale de 2% en 2016.»

Même son de cloche ailleurs au Canada. Plus de 50% des détaillants devraient hausser leur prix de 5%. Nathalie Saint-Pierre, porte-parole du Conseil canadien du commerce de détail, estime que certains secteurs pourraient hausser les prix de 10%. «Les consommateurs doivent s’attendre à une hausse, c’est sûr», renchérit Nathalie Saint-Pierre.

Hausse modulée

Puisque les détaillants sont soucieux de garder leur clientèle, il faudra s’attendre à ce que les hausses soient modulées tout au long de l’année, et non à chaque période d’approvisionnement.

«Les détaillants vont travailler à devenir plus efficaces dans la gestion de leurs inventaires. On a vu l’installation de logiciels très performants pour mieux gérer les approvisionnements, mais ces outils ne sont pas miraculeux et tous les détaillants feront face à la nécessité d’ajuster leurs prix», a souligné JoAnne Labrecque, professeure au département de marketing à HEC Montréal.

Variations de prix par secteur

Léopold Turgeon rappelle que la hausse des prix ne devrait pas toucher tous les secteurs. L’an dernier, les prix des fruits et légumes ont grimpé de 9,1% à 10,1%, selon le rapport annuel du Food Institute de l’Université de Guelph.

«En fait, chaque fois que le dollar perd un cent, il en résultera une hausse de 1% ou plus de la facture d’épicerie durant l’hiver 2016», a commenté Patrick Leblond, un expert en finances de l’Université d’Ottawa.

Par contre, maigre compensation, le prix de l’essence poursuit sa chute libre, offrant une baisse du prix à la pompe de 20% depuis la moitié de 2014.