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La médiatisation contribue à faire tomber les tabous

frederic ouellet
Photo d'archives Frédéric Ouellet, professeur de criminologie.

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Plusieurs intervenants espèrent que la médiatisation d’histoires comme celle de l’athlète Galchenyuk, qui aurait été brutalisé par sa conjointe, aidera à faire tomber les tabous qui entourent la violence conjugale vécue par des hommes.

Car, oui, il est possible d’être un joueur de hockey habitué aux hostilités sur la patinoire tout en étant victime de violence de la part de sa copine à la maison, assure Yves C. Nantel, coordonnateur général de l’organisme Service d’aide aux conjoints.

«Ce n’est pas un combat physique, c’est un rapport de pouvoir», rappelle-t-il, sans toutefois pouvoir dire si l’affaire Galchenyuk peut être qualifiée de violence conjugale.

Sous-estimé

«C’est important de dire que ça existe, la violence envers les hommes, affirme-t-il. Parce qu’on en parle rarement, les hommes vont se dire que ça ne se peut pas. Ils ont peur de ne pas être crus.»

La très grande majorité des victimes de violence conjugale (plus de 4 sur 5) qui sont déclarées à la police sont des femmes. Reste que le nombre d’hommes victimisés est probablement sous-estimé, explique Frédéric Ouellet du Centre international de criminologie comparée.

«Les hommes vont avoir tendance à demander de l’aide beaucoup plus tard dans le processus, lorsque la situation est déjà grave», notamment parce que cela peut prendre plus de temps avant qu’un homme ait peur et se sente physiquement menacé, indique M. Ouellet.

Dénonciations

Et dans la majorité des cas, ce n’est pas l’homme lui-même qui dénonce sa conjointe, mais un tiers, rappelle M. Ouellet. Un scénario qui correspond à l’affaire Galchenyuk.

«On remarque que la violence est de moins en moins tolérée. Mais la conscientisation semble avoir plus d’effet sur la famille, les voisins et la police que sur les victimes», abonde Clément Guèvremont.

Thérapeute familial, M. Guèvremont travaille pour Option, qui offre du soutien aux auteurs de violence. Sur les six groupes d’aide formés par l’organisme, deux sont composées de femmes. «Ce n’est pas socialement admis qu’une femme puisse être violente», observe-t-il.

Reste qu’en général, les femmes victimes subissent plus de préjudices que les hommes, selon lui. «En raison de l’écart de force, l’effet de la violence est catastrophique sur elles», nuance-t-il.

 

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