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Pourquoi écrire?

Clavier lumineux
Photo : eGuidry (DeviantArt.com)

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Ce monde complexe et chaotique est notre création. Nous avons donc besoin du plus de voix critiques – dont la vôtre – pour prendre de bonnes décisions.

Depuis deux ans, j’ai le privilège d’une tribune dans Le Journal. En fait, me suis mis à l’écriture juste après avoir accepté l’invitation du Journal en décembre 2013. La publication de mes premiers textes eut lieu en février.

Je ressens bien sûr fierté et gratitude pour l’opportunité de rejoindre ainsi mes concitoyens.

Or justement.

Plusieurs voisins et connaissances qui me croisent sont heureux de signaler m’avoir lu... Mais pas encore assez confiants pour aborder les sujets d’informatique ou d’informations dont je traite souvent.

Voilà pourquoi je dois écrire: pour concourir – avec d’autres – à ce que vous deveniez plus nombreux à vous sentir capables et convaincus d’engager cette conversation.

Il n’appartient qu’à nous que les technologies numériques nous servent, nous, et pas l’inverse.

Car tant de dispositifs numériques et maniements d’informations viennent changer un aspect ou un autre de nos vies individuelles et collectives. De plus en plus. Partout. Efficacement. Profondément. Durablement.

Le fait d’avoir à vivre – parfois carrément à subir – ces changements vous donne le droit de les comprendre.

Surtout, cela vous donne le droit d’avoir votre mot à dire dans les décisions provoquant ces changements. C’est votre droit démocratique le plus fondamental.

Ce droit de parole constitue aussi un devoir citoyen. Car qui mieux que vous connaît votre vie, votre quotidien, votre environnement, votre communauté? Qui mieux que vous peut donc contribuer à établir si une idée de système informatisé ou de production d’informations apporte amélioration ou non?

Comprendre

Oui, le monde numérique en est un de machines compliquées, de processus invisibles, de lignes de programmes indigestes, de mathématiques ésotériques.

Alors justement!

Chaque fois que de tels mécanismes entrent dans nos vies, nous devons exiger de ceux qui les commandent de nous les expliquer de manière à ce que nous puissions nous en faire notre idée. Des explications pertinentes en termes clairs, simples, fiables et vérifiables.

L’important se résume à être en mesure de comprendre qui décide et qu’est-ce que nous pourrons faire ou ne pas faire entre nous et avec notre environnement à travers quelles informations et quelle informatique.

Parler, agir

Ne croyez surtout pas que nous sommes sans pouvoir sur les contours de la régulation numérique de nos vies.

Par exemple, dès que le monde a pu connaître en détail, donc discuter, les pratiques révélées par Edward Snowden, plusieurs programmes de surveillance de masse furent amendés ou abandonnés. Et Snowden lui-même a souvent répété que si tous nous cryptions nos communications, les NSA de ce monde n’auraient d’autres choix que de retourner à la surveillance ciblée des vraies menaces.

Le fait d’avoir à vivre – parfois carrément à subir – ces changements vous donne le droit de les comprendre. Surtout, cela vous donne le droit d’avoir votre mot à dire.

De même, nous pouvons bien déplorer les intrusions de Facebook dans la gestion des communications interpersonnelles de son milliard d’abonnés. Reste que l’existence même de l’entreprise dépend de la satisfaction de ces mêmes abonnés. Facebook s’est donc souvent montré fragile à leurs sautes d’humeur, tout comme aux remontrances d’autorités réglementaires nationales.

Au Québec, rappelons-nous que c’est un intense débat public qui amena l’abandon du bancal projet Carte Accès Santé après avoir dépensé seulement une quarantaine de millions sur les 328 M$ prévus (qui auraient d’ailleurs probablement doublé au final). Imaginez si la société civile et le gouvernement avaient investi tout aussi intensément dans un processus public de coconception de ce à quoi aurait dû ressembler le Dossier Santé Québec. Il est plausible que nous aurions obtenu un outil bien plus efficient et utile.

Il n’appartient qu’à nous que les technologies numériques nous servent, nous, et pas l’inverse.

Débattre ensemble

Alors, je continue ici à jouer au cartographe, entre autres. À savoir, décoder certaines transformations numériques de notre monde. Signaler si elles semblent dangereuses ou prometteuses. Proposer des itinéraires sûrs. Mettre en garde contre ceux qui m’apparaissent hasardeux.

À vous, en commentaires, de valider ou invalider mes conclusions par ce que vous connaissez ou vivez. Ou de poser des questions. Ou de suggérer d’autres solutions. À vous aussi de proposer des sujets à débattre dans Le Journal... et ailleurs dans nos communautés et sur la place publique.

Au plaisir d’engager de plus en plus ensemble cette nécessaire conversation.