/world/europe
Navigation

Vague d'agressions à Cologne: voici ce que nous savons deux semaines après les événements

Vague d'agressions à Cologne: voici ce que nous savons deux semaines après les événements
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

De nombreuses questions demeurent en suspens près de deux semaines après la vague d’agressions sexuelles alléguées survenue la nuit du Nouvel An à Cologne, en Allemagne.

De nombreuses questions demeurent en suspens près de deux semaines après la vague d’agressions sexuelles alléguées survenue durant la nuit du Nouvel An à Cologne, en Allemagne.

Rappelons que des centaines d’agressions sexuelles auraient été commises contre des femmes dans une foule d'environ un millier de personnes réunies devant la cathédrale et la gare centrale de Cologne le 31 décembre dernier. Ces agressions sont attribuées à des groupes de 20 à 30 jeunes hommes ivres qui auraient encerclé leurs victimes au milieu de la foule.

Voici ce que nous savons sur l’affaire.

«En 200 mètres, on m’a tripotée 100 fois»

Clara, une jeune femme de 28 ans qui était aux abords de la gare de Cologne le soir du réveillon, a raconté à une journaliste de Libération, Nathalie Versieux, avoir été tripotée une centaine de fois en 200 mètres.

«Les hommes se jetaient sur les femmes comme si nous avions été du bétail. J’ai dû marcher 200 mètres le long du quai à la descente du train. Je crois qu’on m’a tripotée 100 fois, qu’on m’a mis 100 fois la main aux fesses ou sur les seins», a-t-elle raconté.

Vague d'agressions à Cologne: voici ce que nous savons deux semaines après les événements
Photo REUTERS

«Ils se sont mis à nous agresser, nous prenant l’entrejambe, touchant nos décolletés, sous les manteaux», a expliqué une autre victime sur le plateau de la chaîne d’information en continu N-TV. Elle a également souligné que «seules les femmes» étaient visées.

Plus de 500 plaintes

Depuis le premier janvier, ce sont plus de 500 femmes qui ont porté plainte à Cologne (et 600 dans toute l’Allemagne), dont 40% pour des agressions sexuelles. Les autorités n’ont toutefois réussi à identifier que quelques suspects.

Il y a d’ailleurs de fortes chances que les autorités ne soient pas en mesure de traduire les auteurs de ces agressions en justice.

Vague d'agressions à Cologne: voici ce que nous savons deux semaines après les événements
Photo REUTERS

En plus des agressions de nature sexuelle, beaucoup de femmes se sont fait dérober leur téléphone portable ou leur sac à main.

Des suspects d'origine étrangère

Les personnes impliquées dans la vague d'agressions sont «presque exclusivement» d'origine étrangère, a affirmé le ministre de l'Intérieur de l'État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Ralf Jäger. Il soutient même que la plupart des suspects sont «originaires d'Afrique du Nord et du monde arabe».

Des 32 suspects identifiés par la police, 22 demandeurs sont des demandeurs d’asile. Ce groupe de personnes comprend notamment 9 Algériens, 8 Marocains, 5 Iraniens, 4 Syriens, un Irakien, un Serbe, un Américain et 3 Allemands.

Un Marocain de 19 ans a été arrêté samedi soir à Cologne, dans le cadre de l'enquête.

Par ailleurs, les enquêteurs ont retrouvé une liste d’insultes à caractère sexuel ou sexiste, traduites de l’arabe.

Vague d'agressions à Cologne: voici ce que nous savons deux semaines après les événements
Capture d'écran, https://www.ksta.de/

La police accusée de «graves manquements»

La police de Cologne est sévèrement critiquée pour son travail dans cette histoire. Selon le ministre Jäger, les forces policières ont évacué la place centrale à la suite d’agressions, mais la foule a pu s'y rassembler de nouveau par la suite, et de nouvelles attaques ont eu lieu. Selon lui, les forces policières auraient dû demander «des renforts d'urgence» pour faire face à la situation.

Vague d'agressions à Cologne: voici ce que nous savons deux semaines après les événements
Photo AFP

Le 31 décembre dernier, 142 policiers, dont 83 policiers anti-émeutes, étaient en service à Cologne, précise un bilan de la police.

Pointé du doigt pour ces ratées, le chef de la police de Cologne a été démis de ses fonctions vendredi dernier.

Évènements similaires ailleurs

Des évènements similaires se sont d’ailleurs produits le soir du réveillon à Hambourg, où 133 plaintes ont été enregistrées, mais aussi à Stuttgart, à Francfort, à Zurich en Suisse, à Salzbourg en Autriche et en Finlande.

Violence anti-étrangers

L’Allemagne craint maintenant l'escalade des violences anti-étrangers. Plusieurs Pakistanais et un Syrien ont déjà été violemment agressés par des inconnus dimanche soir dans le centre de Cologne, a appris l’AFP.

Des mouvements d’extrême droite utiliseraient notamment les médias sociaux pour inviter les gens à participer à des «promenades» dans le centre-villel, des rassemblements qui ont été le théâtre de violences.

Vague d'agressions à Cologne: voici ce que nous savons deux semaines après les événements
Photo AFP

Par ailleurs, le ministre Jäger s’inquiète du «danger» de «stigmatiser» les étrangers à la lumière de ces évènements. «C'est ce que font les charognards de l'extrême droite», a-t-il indiqué.

Des agressions planifiées

Le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas, est sans équivoque: ces agressions étaient planifiées. «Personne ne me fera croire que, lorsqu’une telle horde se retrouve pour commettre de tels crimes, cela n’a pas été coordonné», a-t-il indiqué au quotidien Bild-Zeitung.

Vague d'agressions à Cologne: voici ce que nous savons deux semaines après les événements
Photo REUTERS

Angela Markel critiquée

Les agressions commises à Cologne alimentent d’ailleurs le mouvement d’opposition à la politique d'ouverture de la chancelière allemande Angela Merkel. En effet, selon un sondage de la chaîne RTL, 57 % des Allemands craignent maintenant que l'arrivée des migrants n'entraîne une hausse de la criminalité.

Angela Merkel
Vague d'agressions à Cologne: voici ce que nous savons deux semaines après les événements
AFP

Il faut dire que l’Allemagne a accueilli 1,1 million de migrants et de réfugiés l’an dernier.

Politiques d’exportation révisées

Critiquée de toute part, la chancelière Angela Merkel s’est prononcée, ce weekend, en faveur d’un durcissement des règles d’expulsion des immigrés condamnés par la justice.

Vague d'agressions à Cologne: voici ce que nous savons deux semaines après les événements
Photo AFP

Mme Merkel s’est dite prête à examiner «si tout ce qui est nécessaire a été fait en matière de modalités d’expulsion pour envoyer un signal clair à tous ceux qui ne veulent pas respecter nos règles de droit».

«Une certaine distance, plus longue que le bras»

Quelques jours après la vague d’agressions alléguées, la mairesse de Cologne, Henriette Reker, a recommandé aux femmes de respecter «une certaine distance, plus longue que le bras» avec les inconnus pour se protéger d’éventuels assauts.

La politicienne est vite devenue la risée des internautes.

- Avec la collaboration de l'AFP