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Ça tourne au cauchemar

Le capitaine du Canadien, Max Pacioretty, agit comme tout bon compagnon le ferait dans l’affaire Galchenyuk. «On doit appuyer ses coéquipiers», déclare-t-il.
photo pierre-paul poulin Le capitaine du Canadien, Max Pacioretty, agit comme tout bon compagnon le ferait dans l’affaire Galchenyuk. «On doit appuyer ses coéquipiers», déclare-t-il.

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Le diable est aux vaches chez le Canadien! Comme si cette équipe en sérieuses difficultés avait besoin que l’un de ses joueurs, en l’occurrence Alex Galchenyuk, fasse les manchettes pour une mauvaise histoire survenue en dehors de la patinoire. Il fallait même qu’ils soient deux puisque Devante Smith-Pelly est mêlé à cet épisode digne d’un roman-savon.

Il n’y a pas à dire, cette saison a tourné du rêve au cauchemar!

Les dirigeants et les joueurs ne croient pas si bien dire quand ils affirment que les choses peuvent changer vite dans le sport.

Toutes les entreprises détestent se retrouver dans un marasme comme celui dans lequel le Tricolore trempe depuis hier. Ce n’est pas bon pour ­personne.

L’équipe, toujours l’équipe

Comme je le mentionne, l’affaire ­Galchenyuk tombe on ne peut plus mal.

N’est-ce pas Max?

Je parle évidemment de Max ­Pacioretty, à qui j’ai posé la question après l’entraînement d’hier à Brossard.

«On ne peut pas tout contrôler», a commencé par dire le capitaine.

«Quand les gens me demandent ce que je fais dans les situations difficiles, je réponds que la meilleure chose que je puisse faire est de demeurer un coéquipier loyal et de me poser comme un bon ami. C’est ce que j’ai fait dans le cas de Zach Kassian.

«On doit appuyer ses coéquipiers, car ce sont des choses de la vraie vie dont il est question ici. Les gens pensent que notre vie se résume à se rendre à l’aréna, à enfiler nos patins, à jouer au hockey et à nous éclater. Ils croient que nous n’avons aucune émotion.

«Or, le hockey est notre vie. Quand je retourne à la maison, je me demande si j’aurais pu faire une chose ou l’autre différemment ou si j’aurais pu utiliser un autre langage pour parler à un coéquipier. Mais dès que je me dis que je dois rester moi-même et être un bon coéquipier, c’est là que j’obtiens les meilleurs résultats.

«J’ai appris beaucoup de certains ­vétérans avec qui j’ai joué et au fil des événements que j’ai vécus depuis que je suis avec l’équipe.»

J’ai ensuite demandé à Pacioretty s’il avait parlé à Galchenyuk et à Smith-Pelley. À cela, il a répondu que c’est de la régie interne.

Les coupables au banc

Les deux joueurs ont été soustraits aux médias après la séance d’entraînement. Marc Bergevin les attendait dans leur bureau pendant que ­Brendan Gallagher, Tomas Plekanec et Lars Eller répondaient aux questions portant sur le sujet du jour.

Au fond, ce n’était pas à eux de répondre. J’avais pitié pour Gallagher, qui se débat comme un diable dans l’eau bénite à chacune de ses ­présences sur la patinoire.

Pourquoi avait-il à répondre pour les incartades de ses coéquipiers?

Dossier mal géré

L’affaire a été mal gérée. La meilleure chose aurait été de crever l’abcès tout de suite.

Galchenyuk et Smith-Pelley auraient dû être envoyés dans le vestiaire pour s’expliquer devant les médias.

L’équipe aurait dû lever le congé des médias auquel l’entraîneur a droit quand deux matchs sont séparés de quelques jours pour vider le sujet.

Cela aurait pété la balloune.

De quoi sera-t-il question aujourd’hui, croyez-vous, lors de la rencontre de presse avec Michel Therrien?

Tout ça à la veille d’entreprendre une série de trois matchs en quatre jours contre les Blackhawks de ­Chicago et les Blues de St. Louis.

Irresponsables

Cela dit, c’est vrai que la vie privée des joueurs ne regarde personne. Mais ça devient de notoriété publique lorsque la police est appelée sur les lieux d’un événement impliquant un joueur.

La direction de l’équipe savait sans doute depuis le jour même, c’est-à-dire dimanche, que des policiers s’étaient présentés à l’appartement de ­Galchenyuk pour ce qui a les ­apparences d’une chicane de couple.

Elle s’est gourée si elle pensait que l’incident passerait sous le radar parce que Galchenyuk n’a pas déposé de plainte à l’endroit de son amie de cœur. Sinon, Galchenyuk a dû ­communiquer avec Bergevin.

Mais, ce que certains peuvent être irresponsables à la fin! Ils n’ont pas besoin qu’on les emmène à la banque par la main pour encaisser leur chèque de paie. Mais ils auraient besoin d’un ­chaperon quand ils sortent.

C’est quoi l’affaire?

Sans la présence d’esprit de TVA Sports, qui a dépêché un caméraman deux bonnes heures avant la séance d’entraînement du Canadien hier matin à Brossard, vous ne sauriez pas que Carey Price a recommencé à patiner.

En fait, le gardien a chaussé les ­patins au cours des deux derniers jours, ses grosses jambières en moins.

Le capitaine du Canadien, Max Pacioretty, agit comme tout bon compagnon le ferait dans l’affaire Galchenyuk. «On doit appuyer ses coéquipiers», déclare-t-il.
Photo Le journal de Montréal, Martin Chevalier

Lundi, il s’était exécuté au Centre Bell, à Montréal, dans le plus grand secret. Car la direction de l’équipe voulait qu’il en soit ainsi, tout comme hier d’ailleurs.

Tout le monde dans l’organisation avait reçu la consigne de ne pas dire un mot.

Pourquoi?

Pourquoi cette omertà?

Que Price ait recommencé à ­patiner est une nouvelle positive.

On pensait que le canal de communications serait plus ouvert sous le règne de Marc Bergevin. Mais force est d’admettre que ce n’est pas différent de ce qui se passait sous les ­administrations Gainey et Gauthier.

Les médias comprennent que des organisations sportives ne peuvent pas dire tout sur ce qui se passe à l’interne. Mais elles ne peuvent filtrer systématiquement tout ce qui est d’intérêt public.

Exploit

La blessure de Price est le secret le mieux gardé au Québec. Même les gouvernements de Québec et ­d’Ottawa n’arrivent pas à bloquer des nouvelles aussi longtemps.

C’est quand même incroyable!

Lorsque Patrick Kane s’est présenté en septembre dernier au camp d’entraînement des Blackhawks de Chicago avec des soupçons de viol pesant contre lui, il a fait face aux journalistes.

Il ne pouvait rien dire puisque la cause en était au stade de l’enquête, mais il a plaidé son innocence.

Alex Galchenyuk et Devante Smith-Pelley n’ont rien fait de mal non plus. Mais, comme ce fut probablement le cas pour Kane, ils se sont mis les pieds dans les plats.

Or, le Canadien a enfreint un règlement de la LNH, hier, en ne rendant pas disponibles deux joueurs qui avaient participé à la séance ­d’entraînement.

Les médias font leur travail correctement dans l’ensemble. Certains ­intervenants des réseaux sociaux n’ont pas autant de scrupules que nous.