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La déprime financière

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Depuis que Justin Trudeau a pris le pouvoir en octobre dernier, la Bourse, le dollar et le pétrole accusent des reculs majeurs.

Le dollar canadien a perdu 9,2 % de sa valeur, passant de 76,98 cents US à un creux hier de 69,88 cents US.

Le prix du baril de pétrole s’est effondré pendant ce temps-là de 33,5 %. Alors qu’il se négociait à 46 $ US le lendemain de l’élection du Parti libéral, le baril du WTI est tombé hier à seulement 30,51 $US.

Le Canada étant un gros producteur de pétrole, l’effondrement du baril de pétrole a eu un impact négatif sur le principal indice de la Bourse de Toronto. Le S&P/TSX accuse depuis le 20 octobre dernier une baisse de 10,9 %. À titre de comparaison, sachez que la Bourse de New York perdait au cours de la même période à peine 4,5 %!

Revoir les prévisions budgétaires

La contre-performance depuis octobre dernier de la Bourse canadienne, du dollar canadien et du pétrole a eu pour conséquence majeure de ralentir la croissance économique du Canada. Et de forcer le gouvernement Trudeau à revoir ses prévisions budgétaires et de décaler peut-être dans le temps l’entrée en vigueur de plusieurs de ses nombreuses promesses électorales.

Pourquoi pensez-vous que le ministre des Finances, Bill Morneau, effectue présentement des consultations prébudgétaires auprès de la population!

Dans sa récente mise à jour budgétaire de novembre dernier, le ministre Morneau avait déjà mis la table en nous disant que les finances fédérales s’étaient déjà détériorées par rapport aux prévisions du précédent gouvernement Harper. Deux mois plus tard, il se retrouve avec une détérioration encore plus prononcée à cause de la crise pétrolière.

Impact négatif

La faiblesse du dollar canadien aide de toute évidence les entreprises manufacturières canadiennes qui exportent aux États-Unis. Mais en contrepartie, tous les produits importés des États-Unis nous coûtent excessivement cher. Cela a évidemment un impact très négatif sur le portefeuille des consommateurs.

De plus, l’effondrement du baril de pétrole fragilise un grand nombre d’entreprises qui dépendent de l’industrie pétrolière. Ce qui risque d’entraîner des faillites et de forcer les banques à augmenter leurs réserves pour mauvaises créances bancaires.

Des analystes voient le dollar canadien baisser possiblement jusqu’à 67 cents US. À cause de quoi? De la crise pétrolière qui pourrait faire chuter le baril de pétrole jusqu’à 20 $ US.

Est-ce possible un tel scénario? Avec la volatilité que connaissent les marchés financiers, rien n’est impossible. Pourquoi ont-ils attendu que le dollar tombe à 69 cents et le baril à 30 $ pour nous annoncer cela? Il aurait fallu nous le dire lorsque le dollar se négociait au pair et le pétrole à 100 $.

Connaissez-vous des stratèges financiers qui avaient prévu l’effondrement du baril de pétrole à 30 $ US; le recul du dollar canadien à 69 cents US?

Pour ma part, je n’en connais pas!