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Le plongeon du huard va faire mal au portefeuille

Le dollar passe sous la barre des 70 cents pour la première fois depuis 2003

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Tous les consommateurs vont payer pour la faiblesse record du dollar canadien, qui a flotté sous les 70 cents US hier, surtout à l’épicerie et à la station-service.

«Cette chute du dollar est tragique pour plusieurs consommateurs québécois», dit Réal Coallier.

Le conseiller de l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de l’est de Montréal craint pour les moins fortunés.

Car un huard comme celui qui ne valait que 69,92 cents US hier midi, ça signifie surtout des importations qui vont coûter plus cher. En hiver, le portefeuille risque de saigner à l’épicerie, où les oranges viennent de Floride et les laitues de Californie.

«Malheureusement, la plupart des secteurs de détail risquent d’être touchés, comme les vêtements, les meubles ou les chaussures», estime Nathalie Saint-Pierre, porte-parole du Conseil canadien du commerce de détail.

Selon un sondage interne du Conseil, le quart des dirigeants d’entreprises craignent devoir hausser le prix de leurs produits de plus de 5 %.

«Depuis 2014, plusieurs détaillants absorbent les hausses liées aux devises, mais là plusieurs n’en peuvent juste plus», dit Mme Saint-Pierre.

C’est pourquoi l’achat local va revêtir une importance accrue, selon elle.

 

Ça va coûter plus cher

 

Le panier d’épicerie

Photo Fotolia

En 2015, le prix moyen de la laitue a grimpé de 22 % et les oranges de 14 %. La chute du dollar ne va certainement pas arranger les choses, surtout avec les achats d’hiver en Californie ou au Mexique. «Les concombres, les brocolis ou la laitue pourraient monter rapidement», dit Sylvain Charlebois, professeur au Food Institute de l’Université de Guelph. Par contre, des produits plus locaux, comme les pommes de terre, pourraient être épargnés. Le Food Institute estime qu’un ménage moyen va payer 345 $ de plus en 2016 pour se nourrir, soit une hausse de 4 %.

Les autos

Photo Reuters

Les prix vont surtout monter pour les autos d’occasion, croit George Iny, de l’Association pour la protection des automobilistes. «Quand notre dollar est bas, les Américains viennent en masse profiter des prix. L’offre moins grande fait alors monter les prix», dit-il. Par contre, il s’agit d’un excellent moment pour acheter une auto neuve. «Des promotions vont durer jusqu’à la fin du mois. Et pour l’instant, les constructeurs absorbent une bonne partie de la faiblesse du dollar», ajoute-t-il.

Les tout inclus

Photo courtoisie

«Les prix ont déjà monté de 10 % comparé à pareille date l’an dernier. Et cette baisse du dollar ne va pas aider», dit Moscou Côté, président de Voyages Constellation. Les voyagistes achètent les chambres de Cuba, du Mexique ou de la République dominicaine en dollars US. Mais en même temps, ils se protègent des fluctuations en bloquant les taux de change d’une partie de leurs achats. Pour le reste, M. Côté constate que les vols seuls ne coûteront pas plus cher. «Le dollar baisse, mais le carburant aussi», dit-il.

L’essence

Photo d'archives

L’or noir consommé ici est acheté en dollars US. Alors, le baril de pétrole a beau chuter, si le huard pique du nez en même temps, ça coûtera quand même cher à la pompe. Les experts assurent que le litre d’essence pourrait être environ 20 ¢ moins cher avec un huard à égalité avec le dollar américain.

Les snowbirds

Photo d'archives

Essence, restaurants, hôtels, même les frais de condos sont payés en devises américaines. «Actuellement, les Québécois veulent vendre leur résidence en Floride pour profiter de la valeur du dollar américain», constate André Lauzier, courtier immobilier québécois installé en Floride.