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Ne pas en faire tout un plat

 Alex Galchenyuk
Photo d'archives Alex Galchenyuk

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«On vit dans une autre génération toi et moi, me lance Serge Savard au cours d’un long entretien téléphonique. Je n’ai pas les informations relativement à cette histoire au sujet de (Alex) Galchenyuk, mais je n’y attache aucune importance.»

Si quelqu’un sait comment composer avec des situations délicates touchant la vie privée des hockeyeurs, c’est bien le grand Serge. Il a eu, au cours de son règne comme directeur général du Tricolore à composer avec des cas bien particuliers: l’affaire du lampadaire; l’affaire des mineures. Et combien d’autres.

«L’important, c’est d’aider les athlètes. De leur apporter un soutien de tous les instants. Je sais que ce n’est pas toujours facile, mais c’est ainsi. Comme dans une famille, quand un des tiens a besoin d’un coup de pouce, tu y vois. Une équipe de hockey, c’est une famille. Tu dois aider celui qui en a besoin, mais le joueur doit aussi tendre une oreille attentive.»

Pas un cas unique

Ce qui s’est passé avec Galchenyuk, ça se produit dans toutes les équipes de la Ligue nationale. Les jeunes joueurs ont les poches remplies d’argent, ils vivent dans la ouate et ils sont courtisés de toutes parts. Il y a quelques années, alors que les Flyers de Philadelphie occupaient les hautes sphères de la ligue, Jeff Carter et Mike Richards, selon ce qu’on rapporte, étaient des célibataires recherchés de la grande région de Philadelphie.

Tous les jours, les dirigeants des Flyers recevaient des photos montrant les deux joueurs dans les discothèques de la ville.

Mais il y a toujours un danger. Les décideurs qui n’étaient pas au rendez-vous quand la patience est passée réagiront rapidement. À Philadelphie, on raconte que les penseurs des Flyers ont sauté à la conclusion qu’ils ne gagneraient pas la coupe Stanley avec les deux joueurs. Quelques années plus tard, avec le chandail des Kings de Los Angeles sur le dos, les deux tenaient bien haut le célèbre trophée.

On peut faire le tour de chacune des 30 concessions et des histoires comme celle des Flyers, on va en découvrir un peu partout.

Donc, l’affaire Galchenyuk, il ne faut pas en faire tout un plat même si ce n’est pas de nature à améliorer l’image du Canadien. «C’est un dossier qu’on va résoudre à l’interne, je suis même persuadé qu’on a déjà posé les gestes qui s’imposent», poursuit Serge Savard.

Solutions

Quand on demande à l’ex-directeur général s’il pourrait être une source d’informations pour Marc Bergevin, si jamais on lui demandait conseil, il réplique rapidement: «Tout d’abord, je ne connais pas l’histoire et également, Marc Bergevin en a sûrement vu d’autres avant aujourd’hui, il va trouver les solutions, j’en suis convaincu.»

Il s’agit d’une autre génération, insiste l’ex-défenseur. Les temps ont bien changé, la ligue a bien changé, les régimes de vie ont bien changé. Mais ce qui ne changera pas, malgré les réseaux sociaux, c’est qu’un directeur général doit posséder un réseau d’informateurs.

Sur ce plan, Serge Savard recevait des comptes-rendus tous les jours sur les allées et venues des joueurs. Tout ce qui se passait à Montréal, il le savait parce que ses informateurs lui fournissaient des renseignements quotidiens.

Les jeunes joueurs ne passent pas leur soirée de congé le nez plongé dans des livres de Dan Brown et de John Grisham. Ils aiment bien se divertir. C’est quand ils dépassent les bornes qu’on doit les inviter à un peu plus de discrétion.

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