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De nombreuses femmes paient pour accoucher

Les délais des demandes d’immigration sont trop longs

Bertha Zapata Silva et son conjoint, Randy McDuff, ne sont pas les seuls à se retrouver dans l’obligation de payer pour la naissance de leur enfant.
Photo marie-ève dumont Bertha Zapata Silva et son conjoint, Randy McDuff, ne sont pas les seuls à se retrouver dans l’obligation de payer pour la naissance de leur enfant.

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Les femmes confrontées à payer plusieurs milliers de dollars pour accoucher sont de plus en plus nombreuses en raison de l’allongement des délais dans le traitement des demandes d’immigration.

«Le problème s’aggrave depuis quelques années. Il y a beaucoup de confusion autour de leur couverture médicale. Les femmes se retrouvent entre deux statuts, on ne sait plus quelles règles tiennent. Mais en fin de compte, c’est le bébé qui en paie le prix», laisse tomber Rivka Cymbalist, directrice de Montreal Birth Companion.

Le Journal rapportait hier le cas de Bertha Zapata Silva et de son conjoint qui devront débourser pas moins de 10 000 $ pour l’accouchement de leur premier enfant en raison de délais administratifs dans le dossier d’immigration de la future mère. Celle-ci vit pourtant au Québec depuis neuf ans.

«C’est inacceptable. Ce n’est pas une touriste qui vient accoucher et qui repart. Ce n’est pas non plus comme si elle avait mis délibérément sa vie en danger et qu’on devait la soigner. Elle veut juste mettre au monde son enfant», s’insurge Stéphane Handfield, avocat spécialisé en immigration.

Stéphane Handfield, Avocat
Photo d'archives
Stéphane Handfield, Avocat

Me Handfield met cette situation sur le dos des nombreuses coupes dans les programmes d’immigration imposées par le gouvernement Harper au cours des dernières années.

«Avant, on avait un délai de six semaines pour le renouvellement d’un permis de travail. On est maintenant rendu entre quatre et six mois. L’ancien gouvernement a bousillé le système», s’inquiète-t-il.

Vulnérables

De nombreuses femmes se retrouvent dans une situation similaire à celle de Mme Zapata Silva, selon Isabelle Brabant, sage-femme à la Maison Bleue. Souvent vulnérables financièrement, elles ont beaucoup de difficulté à accumuler de grandes sommes pour pouvoir obtenir des services.

«Les gens sont prêts à payer, mais à payer un prix juste. Quand un médecin demande 2000 $ pour un accouchement alors que la RAMQ lui en verse normalement 500 $, ce n’est pas normal», soutient-elle.

«La plupart des gens ne viennent pas ici pour frauder le Canada. Ils veulent avoir une meilleure vie et participer à l’économie, insiste Mme Brabant. Si une femme ne fait pas de suivi de grossesse parce qu’elle ne peut pas se le permettre, l’enfant risque d’avoir des problèmes. C’est toute la société qui en paiera le prix par la suite.»


La sœur du conjoint de Mme Zapata Silva a lancé un appel aux dons pour aider à payer la facture au https://www.youcaring.com/rachel-et-randy-mc-duff-499634.