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Enfin une entente de principe

34 mois de conflit chez les concessionnaires automobiles

Les 450 employés de garages devraient être de retour au travail le 25 janvier avec une nouvelle convention collective négociée.
CRÉDIT ROGER GAGNON Les 450 employés de garages devraient être de retour au travail le 25 janvier avec une nouvelle convention collective négociée.

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L’un des plus longs conflits de travail de l’histoire du Québec prendra fin dans les prochains jours. Une entente de principe est intervenue, après 34 mois de conflit, entre les 26 concessionnaires automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean en lock-out et leurs 450 employés.

Les représentants de la corporation et du syndicat ont conclu cette entente, dans les derniers jours, en présence du médiateur Normand Gauthier.

«C’est un exercice qui a été long et laborieux, ç’a duré plus de trois ans. En arriver à une entente de principe, pour nous, c’est un élément satisfaisant. [...] Ça permet au syndicat et à la Corporation de concilier les besoins de nos organisations», souligne le directeur général de la Corporation des concessionnaires automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Sylvain Gauthier.

«On croit que c’est une bonne entente que nous avons négociée. L’important c’est que les parties se soient entendues afin de renouveler la convention collective», ajoute le président du syndicat démocratique des employés de garage de la région, Georges Bouchard.

Les membres du syndicat prendront connaissance de l’entente de principe lors d’une assemblée générale qui se tiendra le 23 janvier prochain.

RETOUR AU TRAVAIL

Les parties travailleront dans les prochains jours afin de déterminer les mécaniques de retour au travail et d’écrire la nouvelle convention collective.

Ils négocient également une entente au sujet des différents griefs qui sont en suspend depuis les derniers mois.

«Nous avons intérêt à ce que nos travailleurs soient heureux. On va s’assurer que le retour au travail se fasse de la bonne façon. Nous avons de la bonne volonté», mentionne Georges Bouchard.

La patrie patronale est également «confiante».

Les 450 employés de garages devraient être de retour au travail le 25 janvier avec une nouvelle convention collective négociée.
Photo ROGER GAGNON

 

ULTIMATUM

Les deux parties s’entendent pour dire que le projet de loi 71, qui prévoyait une période de négociation ultime de 50 jours, a eu un impact considérable.

«C’est un élément déclencheur pour que les parties aient la volonté de s’asseoir pour négocier et en arriver à une conclusion. Il y avait une date butoir, nous avions intérêt à nous refaire confiance», assure Georges Bouchard.

L’implication du médiateur Normand Gauthier a également facilité la tâche.

«Ce n’est pas les personnes qui vont faire en sorte de régler le conflit, mais ça devient des facilitateurs», indique Sylvain Gauthier.

SOUPIR DE SOULAGEMENT

Les 450 employés sont soulagés que les deux parties aient réussi à s’entendre.

«On savait qu’on allait rentrer le 25 janvier, mais on ne savait pas sous quelles conditions on allait le faire. Là on a hâte de voir l’entente de principe et savoir si les employeurs vont payer le fonds de pension, vont-ils nous redonner l’argent qu’ils nous doivent, est-ce qu’on va garder nos emplois, ça on ne le sait pas», dit Mario Ménard de Chicoutimi Chrysler.

Certains croient que l’implication du gouvernement a été bénéfique pour régler le litige.

«On est bien content. Après 34 mois, jamais on n’aurait pensé que ça se règlerait vite une fois la loi spéciale passée. Sans ça, on ne se parlerait pas aujourd’hui», lance Denis Gagnon, un lockouté de Paul Albert Chevrolet.

Son collègue Mario Tremblay était lui aussi soulagé d’apprendre la nouvelle. «Une entente de principe, ça fait des mois et des mois que j’attendais après ça. Ça aura pris trois hivers dehors... on n’y croyait plus.»

Le retour au travail est prévu le 25 janvier prochain.

* Avec la collaboration de Pierre-Alexandre Maltais


Conflit chez les concessionnaires automobiles :

* 450 employés de garage en lock-out

* 26 concessionnaires automobiles

* 34 mois de conflit

Dates marquantes :

* 21 février 2013 : Trois concessionnaires automobiles placent leurs employés de garage en lock-out;

* 5 mars 2013 : Les employés de 23 autres concessionnaires se retrouvent à la rue;

* 20 février 2014 : La ministre du Travail, Agnès Maltais impose des séances de conciliation afin de résoudre le litige;

* 3 décembre 2015 : Le gouvernement du Québec adopte le projet de loi 71 qui prévoit une négociation ultime de 50 jours avec un médiateur;

* 14 janvier 2016 : Une entente de principe est intervenue;

* 23 janvier 2016 : Assemblée générale des employés;

* 25 janvier 2016 : Retour prévu au travail des 450 employés.