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Vive les pays d’en haut!

Vive les pays d’en haut!

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Enfin! L’histoire du Québec vient de trouver sa place à la télévision, dans une série passionnante à destination du grand public.

Enfin, nous quittons les récits terriblement répétitifs consacrés à la vie intime, au grattage de bobos psychologiques. L’histoire, ici, est celle d’un peuple. Elle est politique.

Les pays d’en haut sont de retour sur nos écrans. Certains s’en désolent. Pour eux, revisiter ces vieilles histoires, cela consiste à s’enfermer dans la nostalgie du passé. L’imagination ne devrait jamais faire de révérence au passé.

Légendes

Ils ont tort. Une nation n’est rien sans légendes et sans mythes qu’elle peut revisiter régulièrement. Sans traditions, elle s’étiole.

Par ailleurs, l’histoire des pays d’en haut permet de renouer avec une période assez peu connue de notre histoire qui va de la fin du 19e siècle au premier tiers du 20e siècle.

C’est l’histoire de la colonisation de grands pans de territoire, pour résister à la fois à la misère et à l’exil de notre peuple aux États-Unis.

Étrangement, et malheureusement, c’est un pan de notre histoire qui nous échappe.

Dans la mémoire collective, il y a encore des traces de la Nouvelle-France et quelques souvenirs des Patriotes.

Mais sinon, tout est écrasé par le mythe de la Grande noirceur et le récit héroïque de la Révolution tranquille, comme si la lumière surgissait soudainement en 1960.

L’histoire des pays d’en haut restitue dans l’imaginaire collectif une période où l’héroïsme de ceux qu’on appelait encore les Canadiens français consistait simplement à survivre.

Dans nos villages, dans nos paroisses, on voyait passer les années, en se disant que, d’une génération à l’autre, on confirmait nos droits sur ce pays.

Reconquête

Nous avions le désir de durer. Notre orgueil, c’était de ne pas céder. Il n’y a pas de grandes batailles à cette époque, sinon celle entourant Honoré Mercier et l’Affaire Riel.

À ce moment, on verra naître des rêves d’indépendance, mais ils demeureront très discrets. En fait, ils seront brisés.

On oublie souvent à quel point les Québécois, sans être un peuple martyr, ont traversé une histoire éprouvante.

Du curé Labelle, qui rêve d’une reconquête par le nord, à Honoré Mercier, qui sera le premier chef nationaliste après la confédération, en passant par Arthur Buies, un de nos écrivains en quête de modernité, on trouve dans Les Pays d’en haut des personnages qui représentent bien les différentes facettes d’un peuple étouffé, mais qui cherche à reprendre vie.

Le curé Labelle, j’y reviens, est une figure d’exception, animée par une forme de génie prophétique.

Ce gros bonhomme avait une conviction puissante: nous ne serons pas éternellement des conquis ou des vaincus. Nous pouvons nous redresser, redevenir maîtres chez nous.

C’était une idée révolutionnaire.

Les pays d’en haut nous ramènent vers cette époque honorable. Ils susciteront peut-être une curiosité vers ce vieux passé qui n’a rien d’un bon vieux temps, mais qui est peut-être riche de leçons fécondes.

 

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