/entertainment/celebrities
Navigation

Avant qu’il meure, «j’ai fait une promesse à René Angélil», confie son grand ami Rock Cloutier

Coup d'oeil sur cet article

L’homme d’affaires beauceron Rock Cloutier gardera des souvenirs impérissables de son grand ami René Angélil qui s’est éteint à l’âge de 73 ans des suites d’un cancer de la gorge. «Il a changé ma vie», a-t-il confié au journaldequebec.com.

Rejoint en Floride, Rock Cloutier a raconté de nombreuses anecdotes vécues avec l’impresario au cours des 30 dernières années, à commencer par l’un des cadeaux d’anniversaire que René lui a offert.

«Pour ma fête, il m’a appelé et il m’a dit: “Champion, j’ai un spécial pour ta fête”. Il m’a amené en jet privé à Vegas jouer sur le terrain du Caesars Palace et en arrivant là, on jouait contre Jesper Parnevik qui avait un tournoi de la PGA le lendemain. C’était mon cadeau de fête de jouer avec. Il était dans le top 10 de la PGA à ce moment-là. J’ai joué ma meilleure game à vie», a-t-il raconté.

«Lui, c’était un épicurien et les deux choses qu’il aimait le plus au monde c’était gambler et manger. À un moment donné, il y a une douzaine d’années, il était rendu bien trop gros et Céline l’a envoyé faire une diète. Il est revenu en ayant perdu 20 lbs. Ça n’a même pas pris 20 jours qu’il a tout repris», s’est esclaffé son grand ami.

Rock Cloutier en compagnie de René Angélil qui venait de gagner un tournoi de poker au Ceasars Palace à Las Vegas en 2007.
Photo: Courtoisie
Rock Cloutier en compagnie de René Angélil qui venait de gagner un tournoi de poker au Ceasars Palace à Las Vegas en 2007.

«Il aimait tellement jouer, qu’à un moment donné il y avait deux tournois. Un au Bellagio et un au Venitian. Il voulait faire les deux. Je lui ai dit: “Es-tu fou esti, tu ne peux pas jouer deux tournois!” Et bien il y a un tournoi qui commençait à midi et l’autre à 14h00. Il a fait les deux! Quand il avait assez de jetons, il retournait à l’autre et il avait son chauffeur qui l’amenait d’une place à l’autre. Malgré tout, il était tellement bon joueur que c’était des tournois sur deux jours et il a fait les deux jours en se promenant comme ça en limousine», se rappelle-t-il.

«Quand on jouait aux craps à Vegas, les gens venaient nous regarder parce qu’il était connu. Et il était tellement superstitieux! Quand on gagnait, il ne fallait pas se regarder, il ne fallait pas que je prenne un verre, il ne fallait pas se taper dans les mains, il fallait ne rien faire. Il ne voulait pas qu’on parle à personne! Il se fâchait tellement contre moi quand je transgressais ses règles. Il était vraiment superstitieux.»

Une dernière partie de poker

«Avant qu’il parte à Boston pour ses traitements en juillet, on est allés faire une petite game de poker chez lui. Il m’a dit: “Champion, c’est moi qui brasse toutes les mains”. On était lui, moi, Pierre Lacroix et ses fils Jean-Pierre et René-Charles. C’était la dernière game de poker qu’il a jouée. Il n’a pas gagné malheureusement, mais il n’était pas question qu’on le laisse gagner non plus», a-t-il dit en ricanant.

«Après la game, il m’a fait un big hug [gros câlin]. Il m’a dit : “je me mets all in, je m’en vais à Boston pour mes gros traitements”.»

Lors de l'anniversaire de René Angélil l'an dernier.
Photo: Courtoisie
Lors de l'anniversaire de René Angélil l'an dernier.

Il ne voulait plus voir personne

«Il pensait passer au travers. C’était un fighter incroyable. Il était tellement positif. Même quand il est revenu de Boston les médecins avaient dit que c’était contrôlé, sauf qu’il a eu d’autres problèmes. Il était atrophié. Il ne mangeait plus depuis le 23 décembre 2013», explique Rock Cloutier.

«Il n’avait plus de qualité de vie. Il ne parlait plus, il ne mangeait plus. Il ne dormait plus. Il n’avait pas de force physique, il n’était plus capable de jouer au golf, il n’était plus capable de rien faire. Il avait perdu tout ce qu’il aimait faire», dit son ami qui voit son décès comme une «délivrance».

«C’était un gars fier. C’était un super de beau gars. Il était toujours bien habillé. À la fin, c’est pour ça qu’il ne voulait plus voir personne. Il était tellement changé, il était méconnaissable, ce n’était plus lui. Il ne voulait pas que ses chums ni personne ne le voit comme ça. Il ne voulait pas qu’on se souvienne de cette image-là.»

Sa promesse

Même s’ils étaient très proches, Rock Cloutier n’a jamais parlé de la mort avec son grand ami.

«Quand on était avec lui, on parlait toujours de choses positives. Quand on perdait au jeu, il disait toujours: “Ce n’est pas de notre faute!”», raconte-t-il de bon coeur.

L’homme d’affaires a toutefois fait une promesse à son ami avant qu’il disparaisse.

«Je lui ai promis que quand René-Charles allait avoir 18 ans, je l'amènerais jouer au poker aux Bahamas. C’était notre tradition. On y allait toutes les années. René-Charles avait hâte d’avoir 18 ans, pour jouer ce tournoi avec son père.»

«Il est comme son père. Il est un très bon gambler. Il a ça dans le sang», a-t-il conclu.