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Julie Snyder: «Il avait le show-business dans le sang»

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JACQUES PHARAND/AGENCE QMI

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L'animatrice et productrice Julie Snyder a réagi au décès de son ami René Angélil.

«René adorait son métier, il n'avait jamais l'impression de travailler. C'est quelqu'un qui avait le show-business dans le sang.»

Dans une entrevue accordée au réseau TVA, Julie Snyder a rendu un vibrant hommage à René Angélil, un homme qui a marqué sa vie en lui donnant un accès privilégié à Céline Dion et en lui offrant son amitié fidèle. Le lien était tellement fort que René et Céline sont devenus le parrain et la marraine de sa fille Romy.

«La plus belle photo de René, c'est quand il se penche vers Romy le jour de son baptême et qu'on voit toute sa bienveillance. (...) Dans Angélil, il y a angélique. C'est un ange gardien. J'ai dit à ma petite fille: quand les gens qu'on aime disparaissent, ils restent dans notre coeur.»

 

Le premier contact

Julie Snyder avait 18 ans quand sa route a croisé celle de René Angélil. Le premier contact, se rappelle-t-elle, n'avait pas été chaleureux.

«J'avais 18 ans, comme Céline. J'interviewais la jeune Céline Dion qui venait de changer de look. Il était un peu froid et très sérieux à l'époque. C'était strict et très protocolaire. Je l'appelais monsieur.»

Tout a changé, en 1995, quand Julie Snyder a retrouvé Céline Dion, à Cannes, pour une entrevue qui devait durer huit minutes. Elle est revenue avec tout le matériel nécessaire pour une émission spéciale qui a été présentée aux Beaux dimanches, à Radio-Canada. À force d'acharnement, l'animatrice avait réussi à filmer, défiant un interdit, un duo de Céline avec Bryan Adams qui chantait (Everything I Do), I Do It For You.

«Il avait dit: "Elle veut plus que moi, ce n'est pas normal, ça n'arrive pas souvent". (...) Il aimait ce qui n'avait pas d'allure, ce qui était exceptionnel, ce qui n'avait pas de bon sens. C'était un rebelle, René.»

Le groupie

Au fil des ans, Julie Snyder a ainsi pu suivre Céline et René partout dans le monde. L'impresario a par la suite accepté d'occuper le poste de directeur de Star Académie.

«Après le premier gala de Star Académie, je suis allé le remercier. Mais c'est lui qui tenait à nous remercier. Il disait: ça me fait du bien de travailler avec des jeunes, je me revois en eux», dit Julie Snyder, en rappelant le côté groupie du défunt gérant.

«Quand on allait aux Grammy Awards, il disait: as-tu vu telle vedette?»

L'amoureux

Outre le gérant, Julie Snyder garde un souvenir ému de René, l'amoureux de Céline. Il vouait à sa star une admiration sans bornes.

«C'est un homme amoureux. Quand elle a fait l'Été indien, elle était en ski nautique dans un beau maillot et elle ressemblait à une James Bond Girl. Il m'avait dit: "Elle est sexy, ma femme". Il était fier et l'admirait. C'était un couple très fort.»

«On sait, poursuit-elle, qui était le manager d'Elvis Presley, le colonel Parker, et des Beatles, Brian Epstein. Mais le manager le plus connu d'une artiste féminine, c'était René. Partout dans le monde où on passait, tout le monde connaissait René. C'était Céline et René.»

Au 98,5FM

Même si la blonde animatrice garde de beaux souvenirs des projets qu’elle a menés aux côtés de l’homme derrière le succès planétaire de Céline Dion, à certains moments, le ton a monté entre les deux.

Julie Snyder a avoué avoir trouvé le tournage de l'émission spéciale Celine: 3 Boys and a New Show «rock'n'roll». «J’ai eu une bonne chicane avec René pour le documentaire», a-t-elle lancé, en entrevue avec Paul Arcand sur les ondes du 98,5FM.

Elle a raconté s’être cachée dans les buissons à la maison du couple en Floride pour pouvoir tourner des images, et ce même si René s’y était opposé.

«On était cachés dans les buissons. On avait mis des caméras dans l’auto partout. Il m’appelle la veille et il me dit “on ne peut pas tourner, on ne peut pas tourner”. Il dit “tu ne comprends pas, on ne sait pas si elle est encore capable de chanter, ça fait deux ans qu’elle n’a pas chanté parce qu’on essayait d’avoir un bébé”. Il était super nerveux. C’est pour ça qu’on s’est caché dans le buisson et qu’on a tourné pareil.»

La présence de l’équipe de tournage dans la maison familiale ne faisait pas plaisir du tout à René. Il était persuadé que le tournage allait fatiguer Céline. «Le soir il m’appelle et il me dit “en tout cas, ça m’a bogué. Je suis bogué”. Bogué, ça veut dire “je ne suis pas content”. “Je suis bogué, on n’aurait pas dû retourner dans la maison, ça a fatigué Céline.”»

Pour la productrice, ce qui importait, c'était de produire la meilleure émission possible. «Quand j’étais en mode productrice, je n’étais plus son amie. J’étais une productrice.»


Pour entendre l'entrevue complète de Julie Snyder au 98,5 FM, c'est ici.

- avec journaldemontreal.com