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Les Québécois sont attachés aux droits fondamentaux

Les Québécois sont attachés aux droits fondamentaux

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Quarante ans après son adoption, la Charte des droits et libertés de la personne est, aux yeux d’une majorité de Québécois, un outil au service de tous et toutes, et non seulement au service des groupes minoritaires.

Ces constats ressortent d’une étude portant sur la perception des Québécois et des Québécoises relativement à la Charte, au droit à l’égalité, à la discrimination et aux accommodements.

L’étude a été réalisée pour la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse par une équipe du Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal (CRDP) avec une équipe de chercheurs de quatre universités québécoises dirigée par le professeur Pierre Noreau.

Ces résultats démontrent notamment que les Québécois adhèrent majoritairement aux principes d’égalité qui fondent la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. L’étude rend compte du respect de la majorité des Québécois à l’égard de la diversité sociale.

Voilà qui devrait dégonfler les affirmations elles-mêmes non vérifiées selon lesquelles les Québécois seraient plus racistes ou plus «islamophobes» que les autres populations occidentales!

Quelque 76 % des Québécois ont une opinion positive à l’égard des personnes qui sont d’une autre origine ethnique que la leur alors que de 15 % à 25 % d’entre eux ont une réticence envers ces gens.

Cela se reflète par des prises de position conséquentes concernant leur intégration dans le marché du travail, la confiance qu’ils leur manifestent ou leur appui à des interventions policières fondées sur le profilage ethnique. 

Les personnes les plus scolarisées et celles qui fréquentent le plus ces personnes d’origines différentes sont plus susceptibles de faire preuve d’ouverture à leur endroit. Il en va de même des jeunes de 18-24 ans, dont 94 % ont une attitude positive à leur endroit, contre 66 % des répondants de 65 ans et plus.

Les Québécois sont en outre 88 % à avoir une opinion favorable des personnes de couleur, une proportion qui passe à 84 % pour les homosexuels, 77 % pour les Autochtones, et 68 % des personnes d’une autre religion.

Par contre, l’étude menée par une équipe du Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal constate que «près de 50 % des 1501 répondants au sondage disent entretenir une opinion négative envers les personnes bénéficiaires de l’aide sociale», et une proportion similaire considère qu’un propriétaire se méfie de locataires recevant des prestations.

Les chercheurs expliquent que «La condition sociale est le motif le plus susceptible d’entraîner une forme ou une autre de discrimination». C’est le motif le plus associé à une forme d’intolérance ou de méfiance sociale. Par contre, l’étude constate que plus les répondants ont des rapports courants avec des prestataires de l’aide sociale, plus leur attitude à leur égard est positive et moins ils sont portés à considérer comme normale la méfiance des propriétaires à leur endroit.

Sur le plan de la liberté de religion, l’étude menée pour le compte de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse relève qu’elle «fait l’objet d’une adhésion assez large». Par contre, «on accepte beaucoup moins spontanément qu’elle s’exprime publiquement». 

Mais le principe selon lequel des accommodements particuliers doivent être faits afin d’assurer l’exercice effectif de la liberté de religion reçoit tout de même l’appui de 60 % de la population, selon l’étude. 

Les chercheurs écrivent au sujet de la question des accommodements religieux que ces questions ne peuvent être analysées en dehors d’une mise en perspective historique qui tiendrait compte entre autres de l’évolution du Québec depuis la Révolution tranquille et de la rupture avec l’Église catholique.

Dans leur rapport, les chercheurs dirigés par le professeur Pierre Noreau remarquent que «toute discussion sur la portée des droits et libertés de la personne est l’objet d’un débat continu, traversé par la conjoncture».

L’étude identifie les questions qui devront être examinées davantage au cours des prochaines années. Une société qui entend effectivement protéger les droits fondamentaux doit disposer des outils nécessaires afin de comprendre comment ces droits sont compris et appliqués. Il faut être en mesure de mesurer l’évolution des différentes visions et conceptions qui coexistent à l’égard des droits.

Il est rafraîchissant de constater avec cette étude que les Québécois sont largement, voire massivement, favorables au respect des droits fondamentaux. 

Il y a certes des conceptions différentes de ces droits, des réticences plus marquées à l’égard de certains de ces droits, mais ceux qui rejettent le bien-fondé des droits fondamentaux constituent une minorité quantitativement marginale comme dans d’autres sociétés comparables.

Mais on est loin des portraits alarmistes que certains se plaisent à répandre au sujet du respect des droits fondamentaux dans la société québécoise.

VOIR: l’étude complète et la méthodologie utilisée