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Le racisme russe est un problème

Edwin Hedberg a été victime de racisme lors d’un match de la KHL.
Photo courtoisie Edwin Hedberg a été victime de racisme lors d’un match de la KHL.

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On a dit beaucoup de choses sur les ennuis financiers de la Ligue continentale (KHL), sur l’exode de ses joueurs et sur le futur incertain du circuit, mais cette semaine, un autre problème courant en Russie a refait surface.

Lors d’un match à Moscou entre le Spartak et le Medvescak de Zagreb, des partisans locaux ont lancé des bananes sur la glace afin d’«accueillir» un joueur adverse, le Suédois Edwin Hedberg. Né en Colombie, celui-ci a la peau noire. L’incident est survenu lorsque les joueurs quittaient la patinoire après la victoire de 4 à 1 des visiteurs. L’organisation du Spartak a présenté ses excuses par la suite, mais a tout de même écopé d’une amende de 700 000 roubles, soit environ 10 000 $. Le club a promis de trouver le coupable et de le bannir à vie de son aréna.

Bien que la réaction à cet incident disgracieux soit nouvelle en Russie, l’attitude l’ayant provoqué n’a rien de nouveau. Le lancer de la banane est une véritable tradition chez certains amateurs de sport russes. Le soccer russe est particulièrement reconnu pour le racisme exacerbé de ses supporteurs, ce qui a mené à des enquêtes et des sanctions contre les meilleures équipes du pays. Jusqu’à récemment, des lancers de banane survenaient presque quotidiennement en première division, jusqu’à ce que la police fouille plus sérieusement les spectateurs et se mette à véritablement assurer la paix. Désormais, les partisans russes se contentent de faire des bruits de singe lorsqu’un joueur adverse à la peau foncée touche le ballon.

Les problèmes de racisme en Russie sont si graves que la FIFA a considéré qu’il s’agissait du plus grand obstacle du pays en prévision de la Coupe du monde 2018. Pendant longtemps, le Zenit de Saint-Pétersbourg, la meilleure équipe de soccer du pays, était réticent à l’idée d’embaucher des joueurs noirs en raison du slogan officieux de ses partisans («Le noir ne fait pas partie de nos couleurs»). L’année dernière, quand le Zenit a fait signer un contrat à un attaquant belge d’origine africaine, le «fan club» officiel de l’équipe a menacé d’abandonner ses billets de saison.

Si les joueurs de couleur s’y font plus rares, le hockey n’est pas immunisé pour autant. En 2005, au moment où une équipe d’étoiles assemblée par Wayne Gretzky faisait le tour de la Russie pendant le premier lock-out de la Ligue nationale (LNH), les partisans de Saint-­Pétersbourg avaient lancé des bananes à Anson Carter, un joueur noir canadien. Les spectateurs russes ont aussi tendance à siffler et à crier lorsque l’équipe des États-Unis est en visite et que l’hymne national américain se fait entendre. Le racisme et l’intolérance ­pénètrent toutes les sphères de la société russe. Peu avant les Olympiques de Sotchi, la légendaire patineuse artistique Irina Rodnina, aujourd’hui avocate, a publié sur Twitter une photo peu flatteuse du président américain Barack Obama et de sa femme où une banane avait été ajoutée par Photoshop.

On peut au moins souligner la réaction rapide de la KHL face à ce dernier incident disgracieux. Dans la majorité des cas mentionnés plus haut, l’équipe et le circuit se sont contentés de nier. Il reste à voir comment la nouvelle attitude de la ligue sera accueillie dans une société russe de plus en plus isolée et agressive.

Les formations d’étoiles

Comme d’habitude, le match des étoiles de la KHL inclura des joueurs choisis par les amateurs, les médias et la ligue elle-même. De ce nombre, on compte cinq Canadiens.

L’Association de l’Ouest pourra compter sur le défenseur du Dynamo de Moscou Mat Robinson, le meilleur marqueur à la ligne bleue avec 34 points en 48 matchs. Il sera appuyé par Brandon Kozun, du Jokerit d’Helsinki, et de Matt Ellison, du Dynamo de Minsk. Kozun compte jusqu’à maintenant 38 points à sa première saison dans la KHL et s’est imposé comme l’un des joueurs les plus talentueux du circuit. Ellison, qui marque en moyenne un point par partie, est l’un des rares points positifs à Minsk cette saison.

Dans l’Est, on retrouve deux habitués: le défenseur Kevin Dallman et l’attaquant Nigel Dawes, jouant tous deux avec le Barys d’Astana. Dallman, le défenseur le plus prolifique de l’histoire du hockey professionnel russe, ne compte qu’un point de moins que Robinson. Dawes, un ancien de l’organisation du Canadien de Montréal, est deuxième chez les buteurs de la KHL.

Le match des étoiles sera disputé le 23 janvier à Moscou, dans un nouvel aréna digne de la LNH.

Le chiffre de la semaine

12

C’est le nombre d’entraîneurs renvoyés cette saison, un nouveau record dans la KHL. À ce rythme, la moitié des équipes auront changé d’entraîneur d’ici la fin de la saison.

Les directeurs généraux russes sont reconnus pour être rapides sur la gâchette, eux qui demandent des résultats immédiats. Même ceux qui ont connu du succès ne sont pas à l’abri, comme Mike Keenan l’a découvert à Magnitogorsk cette saison.