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Tout va être correct

René Angelil et Ali
Photo Courtoisie René Angélil et Michel Bergeron partageaient depuis de nombreuses années la passion du golf, entre autres.

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Malgré tout le succès que Céline et lui ont connu, son but premier était que ses proches soient bien. C’était un homme de parole, simple et généreux.

UNE IDOLE

Jeudi matin, le Québec a perdu l’un de ses grands ambassadeurs. Moi, j’ai perdu un ami.

J’ai eu le privilège de côtoyer René pendant des années et de faire partie de son entourage, de sa «gang».

Les gens qui le côtoyaient ou qui l’ont croisé à un quelconque moment de leur vie avaient tous le même commentaire: René dégageait quelque chose d’unique, un charisme désarmant. Il était très intimidant, même pour nous, ses chums! On ne pouvait s’empêcher de le regarder quand il arrivait quelque part: il avait l’air d’un prince quand il descendait de sa limousine. Et malgré toute la pression venant avec son poste important, il demeurait toujours calme.

Notre cercle d’amis était composé de gens de toutes les sphères d’activité. J’étais entraîneur de hockey, d’autres étaient dans les affaires. Malgré tout, nous avions tous une idole: René Angélil. On voulait tous lui ressembler. On voulait être de bonnes personnes tout en étant des battants, des gagnants. Parce que, oui, le but ultime de René était de gagner. Toujours.

DE BONS CONSEILS

Même s’il ne voulait pas qu’on se sente comme ça, il était difficile de ne pas se sentir petit aux côtés d’un grand homme comme lui. On avait l’impression qu’il était toujours en contrôle, qu’il était le meneur du jeu. Il dictait, sans imposer. Il était convaincant, on le croyait.

Je ne me suis jamais gêné pour lui demander conseil. Même lorsque j’étais entraîneur et que j’avais besoin d’un avis externe, je lui lâchais un coup de fil. Et c’était réciproque.

René était un grand amateur de sport et un gambler hors du commun, comme plusieurs le savent.

Souvent, il pariait sur des matchs de hockey, et afin de s’assurer qu’il faisait les bons choix, il m’appelait pour avoir mon opinion.

UNE LOURDE PERTE

Malgré tout, la priorité numéro un de René demeurait sa famille. Ses enfants et sa femme, Céline, étaient toute sa vie.

Grand comique, il me lançait souvent à la blague: «Happy wife, happy life!» Il tenait à ce que sa femme soit heureuse. C’était la chose la plus importante pour lui.

René nous quitte en laissant un héritage indélébile au Québec, mais également dans le monde du show-business à l’échelle planétaire. Nous venons de perdre un grand homme, une icône qu’il sera impossible de remplacer. Ironiquement, aujourd’hui, il célébrerait son 74e anniversaire.

Je sais que, même s’il n’est plus avec nous, il demeurera toujours présent pour les gens qu’il aime.

Je garderai à tout jamais de bons souvenirs des moments que nous avons passés ensemble au fil des ans. Son fameux «Salut champion», chaque fois qu’on se voyait, était devenu sa marque de commerce. J’aimerais lui retourner la pareille, mais cette phrase, elle lui appartient.

Je te dirai plutôt ceci: bon voyage, mon ami, tout va être correct.

SOUVENIRS AVEC ALI

René Angélil avait deux idoles: Maurice Richard et Mohammed Ali. Un jour, René avait appris qu’Ali était en transit à l’aéroport de Montréal. Il avait alors envoyé trois limousines pour aller le chercher, lui et son équipe, et les avait invités au club de golf Le Mirage, dont il était le propriétaire. René nous avait alors demandé d’arrêter notre partie de golf et il nous avait conviés dans son salon pour venir passer du temps avec la légende de la boxe. Je me souviens qu’un Ali très amoché par la maladie de Parkinson s’était présenté. C’était Céline qui le faisait manger. C’était tout de même un très beau moment.

UN MAUVAIS CONDUCTEUR !

Sur une note un peu plus légère, sachez que René était le plus mauvais conducteur au monde! Il possédait deux cellulaires dans sa voiture. Je me souviens même d’un épisode où il avait frappé un pot de fleurs, à Las Vegas. Mais l’un des épisodes les plus marquants aura été lorsqu’il avait aperçu un mendiant aux abords d’une rue. René était alors parti de la troisième voie, à gauche, pour se garer aux abords de la route à droite! Il était alors sorti du véhicule et avait offert un billet de 100 $ à l’itinérant. Ce genre de geste de générosité était coutumier pour René. Au golf ou au restaurant, les caddies ou les serveurs se l’arrachaient et lui offraient un service impeccable, car ils connaissaient son énorme générosité.

À LA DERNIÈRE MINUTE

Une autre anecdote qui restera gravée dans ma mémoire est arrivée lorsque René jouait le rôle du parrain dans le film Omertà. Un soir, nous avions joué aux cartes jusqu’à 2 h du matin. René nous avait alors quittés, car il tournait à 6 h le lendemain. Toutefois, il n’avait pas appris son texte! Il avait fait ça durant la nuit, et le lendemain, tout s’était bien passé. C’était tout un pistolet.