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Un cartel de la bouffe?

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Le brocoli à 8 $. Un morceau de viande à 20 $. Une boîte de céréales à 10 $. Les consommateurs qui visitent régulièrement leur marché d’alimentation constatent des écarts de prix importants depuis quelques mois. Certains évoquent même un cartel alimentaire. Vraiment?

Avec les hausses vertigineuses des prix des aliments observées (fruits, légumes et viandes notamment), il est à se demander si le manque de compétition dans le secteur alimentaire joue maintenant contre les consommateurs québécois.

Il est vrai que la glissade du dollar canadien sur les marchés de change fournit une partie des explications. Depuis un an, le huard canadien a perdu tout près de 20 % de sa valeur face à la devise américaine.

Résultat: les détaillants qui commandent des produits alimentaires des États-Unis en voient de toutes les couleurs. Les hausses de prix sont vertigineuses

Or, si les prix des aliments sont plus importants cette année, les coûts pour les transporter sont beaucoup moins élevés en raison de la baisse des cours du pétrole.

Il faut dire que depuis une dizaine d’années, trois gros joueurs se partagent le marché de la vente et de la distribution des aliments au détail au Québec.

À eux seuls, Métro (Super C), Sobeys (IGA) et Loblaws (Provigo et Maxi) contrôlent tout près de 80 % des parts de marché au Québec.

Les analystes qui suivent les titres de ces géants alimentaires sont d’avis que 2016 sera assurément une très bonne année avec des hausses de revenus anticipées d’au moins 5 %.

Deux nouveaux joueurs

Mais attention. Car si certains grands détaillants peuvent se permettre le «luxe» de hausser les prix de certains aliments de façon exagérée, ils doivent tenir compte de la présence de plus en plus importante de deux nouveaux joueurs: Costco et Walmart.

Ces deux géants du commerce au détail dit traditionnel détiennent maintenant plus de 15 % des parts de marché au Québec dans le secteur alimentaire. Et ce n’est pas terminé.

Les magasins à grande surface de Walmart et de Costco, qui font de plus en plus de place sur leurs tablettes aux produits alimentaires, ont fait baisser l’an dernier les prix de plusieurs produits alimentaires au Québec.

Conséquence: les marges bénéficiaires de Métro frôlent les 4 % alors que celles de Loblaws et de Sobeys tournent plutôt autour de 2 %.

Ce qui fait dire au professeur spécialisé dans le secteur de la distribution et des politiques agroalimentaires de l’Université de Guelph, Sylvain Charlebois, que Costco et Walmart «exercent une influence notable sur le marché depuis quelques années».

Encore bas

À la fin, malgré des hausses des prix des aliments au-delà des taux annuels de l’inflation, les consommateurs québécois (et canadiens) paieraient encore très bas leur panier d’épicerie, consacrant à peine 9,3 % de leur budget annuel en alimentation.

Dans le monde, seuls les consommateurs aux États-Unis, à Singapour, en Angleterre et en Suisse consacrent moins en alimentation comparativement à «leur richesse», rappelle le professeur Charlebois

D’autant plus que d’ici deux ans, un nouveau joueur étranger pourrait faire son entrée au Canada dans le secteur alimentaire.

Une telle situation pourrait donc provoquer de nouveau des guerres de parts de marché, poussant les prix une fois de plus vers le bas. Au grand bonheur des consommateurs.

En bref

2,5 M$ pour un site web chez Hydro-Québec

Hydro-Québec fait maintenant dans la transparence. Avec le lancement de son nouveau site web Bienvenue chez nous, la société d’État dit vouloir se rapprocher de ses clients en leur offrant de vraies réponses à leurs questions. Hydro dit avoir dépensé 2,5 millions $ pour mettre en place ce site, dont 1,4 million $ versés à la firme LG2. Hydro-Québec dit avoir également déboursé 1,1 million $ pour des achats de messages publicitaires afin de faire connaître son nouveau site web aux Québécois.

Le prix du pétrole à son plus bas en 12 ans

Les journées se suivent et se ressemblent pour les cours du pétrole sur les marchés boursiers. Hier, le baril de type West Texas a terminé la séance à 29,68 $ US, en baisse de 1,52 $ US à la Bourse Nymex de New York. Du jamais-vu depuis le mois de novembre 2003. À Londres, le prix du baril de type Brent a de son côté clôturé sous la barre des 29 $, à 28,94 $ US, en baisse de 2,09 $ US. Depuis le début de l’année 2016, le prix du baril de pétrole de type West Texas a dégringolé de 20 % alors que le prix du Brent a glissé de 22 %.

Ça sent la correction boursière

La Bourse de Toronto est en mode correction. Depuis son sommet atteint le 24 décembre dernier à 13 309 points, l’indice S&P/TSX a perdu 9,3 % de sa valeur. Un indice est en mode correction lorsqu’il perd 10 %. Hier, l’indice phare du parquet torontois a terminé la séance en baisse de 262 points, à 12 073 points. Le marché boursier canadien est miné par les prix des matières premières (dont le pétrole) qui sont en forte baisse depuis plus d’un an. L’an dernier, l’indice S&P/TSX a perdu 10 % de sa valeur.