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Ça prend un ministre!

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Deux chiffres publiés cette semaine auraient dû provoquer une sainte colè­re et de vives réactions du ministre de l’Éducation... si on avait un ministre de l’Éducation!

Premier chiffre: 49 % des jeunes de 16 à 24 ans sont analphabètes, un score pire que chez les 25-44 ans. Deuxième chiffre: 35 % des cégépiens souffrent de troubles anxieux, et cela a décuplé depuis cinq ans.

Le point commun de ces deux statistiques effarantes? La réforme scolaire imposée il y a huit ans aux professeurs, aux parents et aux élèves, et concoctée par des pédagogues ministériels qui gardent leur job malgré ce gâchis.

Réforme

Elle prônait le travail d’équipe, le développement de compétences plutôt que de connaissances, l’absence de concurrence, l’élimination des échecs.

On a raboté les exigences pour diplômer des jeunes qui ne comprennent même pas un formulaire.

On a ajouté 10 ans de cours d’éthique et culture religieuse et remplacé le cours d’économie par un cours qui promeut l’écologie, la répartition de la richesse, le multiculturalisme.

Résultat: en sortant du secondaire, les jeunes se sentent démunis pour louer un appartement, faire leur épicerie, voter, gérer leur contrat de cellulaire, leur carte de crédit. Ils réalisent brutalement la pauvreté de leur français.

Angoisse

Pour accéder à leurs rêves, ils doivent obtenir une bonne cote «R» au cégep, c’est-à-dire être les meilleurs. Et s’ils ont une peine d’amour ou une maladie, leur cote plonge de manière irréparable.

En les mettant à l’abri des conséquences, de la concurrence et de l’échec durant le primaire et le secondaire, on les handicape.

Le ministre Blais devrait se scandaliser de diplômer des presque analphabètes qui angoissent parce qu’ils se savent mal préparés à la vie.

Il est temps qu’on nomme à l’Éducation un ministre-bulldozer qui a un plan, du courage et le souci de sa clientèle.