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La communauté de Lac-Beauport sous le choc

Lac-Beauport pleure la famille Carrier, victime de l’attentat au Burkina Faso

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Le réveil a été brutal dimanche pour la petite communauté de Lac-Beauport après l’annonce du décès de plusieurs membres de la famille Carrier, victimes des attentats de Ouagadougou.

La mairesse de l’endroit, Louise Brunet, a indiqué que les drapeaux de la municipalité ont été mis en berne pour rendre hommage à la famille. «Je suis encore sous le choc. On pense toujours que c’est loin, à l’étranger, mais c’est encore plus triste quand on réalise que ces gens-là y allaient pour une cause humanitaire», a confié Mme Brunet, visible­ment ébranlée.

La mairesse a également souligné que la municipalité organiserait quel­que chose dans les prochains jours pour rendre hommage à la famille après que la triste nouvelle se fut propagée comme une traînée de poudre parmi les résidents de l’endroit.

Une des conseillères municipales de Lac-Beauport qui connaissait bien les Carrier est aussi venue se recueillir devant la demeure de la famille dimanche matin. Sylvie Chartier tenait à souligner leur humanisme.

«Ce sont des gens que j’admirais pour leur engagement huma­ni­taire, des personnes généreuses qui voulaient tout simplement faire une différence autour d’eux.»

Réconfort

Plusieurs autres personnes ont défilé dimanche devant la résidence de la famille située au bord du lac Beauport. De nombreux amis, en pleurs, ont laissé un petit mot, des photos et des fleurs devant la porte de la maison, et certains sont venus y chercher du réconfort.

Une grande amie de Charlelie, Laurie Gagnon, était atterrée après s’être recueillie devant la maison des Carrier. «Je souhaiterais que tout ça ne soit pas réel et qu’il soit avec nous pour toujours, a confié la jeune femme dans un échange de courriels. C’est sûr que nous allons essayer de lui rendre hommage de plein de façons, il ne sera pas déçu. J’espère qu’il sait à quel point tout le monde tenait à lui.»

Cours suspendus

Preuve de l’ampleur du choc sur la communauté, les écoles secondaires Cardinal-Roy et Jean-de-Brébeuf, où travaillaient Louis Chabot et Maude Carrier, ont suspendu leurs cours aujourd’hui.

Des mesures de soutien psychologique ont été mises en place par les responsables de la commission scolaire de la Capitale pour les élèves et les membres du personnel secoués par la tragédie.

Nouvelle vision du terrorisme

Dimanche matin, les voisines immédiates d’Yves Carrier et de Gladys Chamberland sont arrivées devant la maison en même temps, éclatant en sanglots avant de s’étreindre pendant de lon­gues minutes. «Je connais bien Yves. C’était un homme tellement bon! a lancé Louise Deschênes en tentant de contenir ses larmes. Il nous saluait toujours en me disant “ma belle Louise”»!

Cette dernière admet que la nouvelle change sa vision du terrorisme. «Les attentats, ça ne m’a jamais autant touchée. On voyait ça à la télévision et on disait que c’était grave, mais, là, ils ont touché des gens d’ici qui allaient là-bas seulement pour aider le monde. C’est terrible», dit Mme Deschênes.

  • Sur Facebook, le slogan «Je suis Carrier» gagnait en popularité, hier soir.