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Des anciens du CH transmettent leur savoir en Chine

Des anciens du CH transmettent leur savoir en Chine
PHOTO COURTOISIE/CH/AGENCE QMI

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MONTRÉAL |  Le hockey s’internationalise plus que jamais et brise les frontières autant culturelles que linguistiques. Quatre anciens du Canadien de Montréal l’ont constaté durant un périple en Chine, où des jeunes de 4 à 12 ans ont reçu leurs judicieux conseils entre les 7 et 17 janvier.

Au sein du pays le plus peuplé de la planète, qui accueillera les Jeux olympiques de 2022 à Pékin, les gens s’intéressent davantage aux sports d’hiver et le hockey ne fait pas exception. Aussi, à l’initiative de CTC Group, une entreprise dirigée par le Québécois Guy Evon Cloutier et qui a déjà construit une trentaine d’arénas dans la contrée de l’empereur Mao, Patrice Brisebois, Mathieu Dandenault, Steve Shutt et Gaston Gingras se sont rendus dans la ville pékinoise.

Grâce à la participation de l’équipe de développement du hockey mineur des Canadiens, ces professeurs insoupçonnés ont montré à leurs élèves l’ABC de leur discipline à l’occasion de cliniques ayant attiré autant les garçons que les filles. Étant tous à leur première visite sur place, ils ont été enchantés par leur expérience.

«On a vu que les petits Chinois savent patiner et manier une rondelle. Par contre, ils sont très compétitifs et essaient de se démarquer. Ils veulent parfois tout faire à eux seuls!», a commenté Brisebois en entrevue téléphonique, tout en se disant surpris de voir le potentiel de ses nouveaux admirateurs.

Jouer en équipe

Gingras, qui livrait ses directives aux jeunes participants par le biais d’un traducteur, a corroboré les dires de son comparse.

«Individuellement, ils sont assez forts et le prochain défi est maintenant d’avoir un meilleur jeu collectif. Il faut dire que c’est nouveau pour eux», a-t-il émis, spécifiant que leur niveau de jeu était équivalent à du «simple lettre» au Québec.

«J’ai été surpris par leur coup de patin. C’est sûr qu’il leur reste des habiletés à améliorer, mais j’étais impressionné par leur passion et leur désir d’apprendre, a ajouté Dandenault. Ils étaient vraiment enthousiastes de voir des ex-joueurs professionnels prendre le temps de leur enseigner le hockey.»

Un marché à exploiter

Aux dires du directeur sports et projets spéciaux d’Evenko, Simon Arsenault, la présence de son groupe a attiré l’attention. La Télévision centrale de Chine lui a consacré un reportage, tout comme le pendant asiatique du magazine «Sports Illustrated». Et aujourd’hui, une soixantaine de rencontres de la Ligue nationale (LNH) sont télédiffusées.

«La popularité du hockey est en explosion. Les gens ont accès à l’internet et la LNH est la référence. Le nombre d’infrastructures est en croissance et ça donnera plus d’opportunités aux jeunes de s’intéresser au sport, surtout qu’il y a plusieurs Canadiens sur place pour le développer», a-t-il déclaré.

Néanmoins, il faudra plus que des patinoires pour convaincre le public local.

«Ils ont besoin d’un modèle comme Yao Ming au basketball. Ça leur prend un exemple pour leur dire que c’est possible et leur permettre de s’identifier à une vedette», a souligné Brisebois, précisant que le succès d’une nouvelle formation de la Ligue continentale à Shanghai est très possible.

«Un jour, il y aura un Chinois dans la LNH, a dit Dandenault, évoquant la première sélection d’un natif de Chine au plus récent repêchage, le défenseur Andong Song, choisi par les Islanders de New York. Mais là, on a amené le hockey vers une autre dimension. Cet enseignement est gratifiant; à 8-10 ans, je collectionnais les cartes et les posters, et j’aurais été heureux d’avoir un professionnel devant moi.»

Un accueil de grande classe

Les membres de la délégation montréalaise ayant visité Pékin n’ont que de bons mots à adresser vis-à-vis leurs hôtes.

«Je n’avais jamais été en Asie et franchement, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais ce fut une super belle aventure! Quand tu te présentes devant la Grande Muraille, tu te demandes comme l’être humain a pu construire ça dans les montagnes, a mentionné l’ex-défenseur Patrice Brisebois.

«On a visité le stade de Pékin où auront lieu les cérémonies des Jeux devant 90 000 personnes. Et on a pu jouer au pond hockey juste à côté.»

«L’accueil s’est fait avec grande classe, on a été reçu par l’ambassadeur du Canada (Guy Saint-Jacques). Entre gars provenant du même pays, disons qu’on ne parlait pas trop le chinois!, a ajouté l’ancien hockeyeur Mathieu Dandenault, qui aimerait bien retourner sur place un jour. Avec la Chine, c’est «Sky’s the Limit» et c’est clair qu’on souhaite organiser d’autres cliniques de hockey là-bas.»

Accompagnés de la mascotte Youppi!, les anciens du Canadien ont également visité la Cité interdite et la place Tian’anmen, en plus de participer à quelques conférences dans des écoles locales.

«Les gens étaient souriants, je ne croyais pourtant pas que ce serait ainsi. Malgré la langue, ce fut très bien, même si on ne savait pas au départ à quoi ressemblait la vie là-bas», a indiqué Gaston Gingras.

«Ce ne fut pas un si gros choc culturel. Pékin est une ville propre, assez riche et urbanisée. Et beaucoup parlent l’anglais», a renchéri le directeur sports et projets spéciaux d’Evenko, Simon Arsenault.