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Gaspé veut plus d’études avant de dire oui au pétrole

Les risques liés aux forages demeurent méconnus, selon le maire

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Gaspé estime être traitée comme une municipalité de seconde zone dans le dossier des forages pétroliers et demande une étude spécifique à sa situation, comme il y en a eu à Anticosti.

«C’est deux poids, deux mesures. On réalise qu’il y a quelque 25 études environnementales stratégiques spécifiques à Anticosti et il y en a zéro à Gaspé», soutient le maire, Daniel Côté.

Milieu habité

Le maire Côté rappelle que le développement des hydrocarbures sur l’île d’Anticosti se fera loin des résidences alors qu’à Gaspé, les forages se font à 350 mètres de la résidence la plus proche et à 800 mètres d’une source d’eau potable. Pourtant, les risques n’ont pas tous été étudiés, selon lui.

«Si une compagnie forait sur le mont Royal à Montréal, ça soulèverait bien des passions. Les citoyens de la Gaspésie ne sont pas moins importants que ceux d’ailleurs au Québec. Je pense qu’on a le droit au même type de respect», lance le maire Côté.

Des exemples

Pourtant, les raisons sont nombreuses pour tenir des études spécifiques à la situation de sa municipalité, selon le maire.

«Quand on voit tous les risques qu’il y a au niveau de la santé, est-ce qu’on peut étudier ça de façon plus spécifique avant d’aller plus loin? Il n’y a aucune autre place au Québec où il y a du développement d’hydrocarbures en milieu habité, et je pense que c’est ici où l’on y accorde le moins d’attention», dit le maire.

Les questions comme les rivières à saumon ou les baleines ont été analysées à Anticosti. Pourtant, avec les mêmes caractéristiques, Gaspé a été écartée.

«Est-ce qu’on peut avoir au moins une étude pour Gaspé? La seule que l’on a, c’est l’étude hydrogéologique commandée par Pétrolia [la société qui fait le forage]», dit l’élu.

«Certains disent qu’il n’y a pas d’étude parce que le dossier est plus avancé à Gaspé qu’à Anticosti et qu’on ne veut pas y mettre un frein. C’est un argument qui ne tient pas la route.»

Mémoire

Dans un mémoire déposé au gouvernement du Québec, qui poursuit ses travaux dans le cadre des Études environnementales stratégiques sur les hydrocarbures, on mentionne que le rapport final doit préciser les démarches d’évaluation environnementale supplémentaires, notamment pour les territoires habités comme celui de Gaspé.

Gaspé réclame depuis mai 2015 un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement sur le projet Haldimand, mais n’a reçu aucune réponse de Québec.