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Québécois assassinés au Burkina Faso: les proches tenus dans l'ignorance

Charlelie Carrier, son père Yves et sa mère Gladys Chamberland, ainsi que sa demi-sœur Maude et Louis Chabot sont accompagnés par une religieuse de la Congrégation des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours.
photo tirées de Facebook Charlelie Carrier, son père Yves et sa mère Gladys Chamberland, ainsi que sa demi-sœur Maude et Louis Chabot sont accompagnés par une religieuse de la Congrégation des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours.

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Pierre-Paul Biron et Catherine Bouchard

QUÉBEC | En plus d’être anéantis par la mort de quatre des leurs dans les attentats au Burkina Faso, les proches de la famille Carrier ont été tenus dans l’ignorance pendant plus de 48 heures par le ministère des Affaires étrangères.

L’attaque a fait 29 morts, dont quatre membres d’une famille de Lac-Beauport, et une cinquantaine de blessés. 
 
Yves Carrier, sa fille Maude, sa conjointe Gladys Chamberland, leur fils Charlelie ainsi que deux autres membres d’un groupe humanitaire, Louis Chabot et Suzanne Bernier, ont péri dans l’attentat qui a frappé la capitale, Ouagadougou, vendredi. 
 
La famille des victimes a finalement eu un premier contact par téléconférence avec le ministère des Affaires étrangères hier après-midi, deux jours après les tristes événements. 
Maude Carrier est accompagnée de son mari, Yves Richard.
photo tirées de Facebook
Maude Carrier est accompagnée de son mari, Yves Richard.
Pression
 
Pour l’obtenir, la famille a dû faire pression auprès du ministère afin d’avoir des nouvelles et a pris contact avec Philippe Couillard et Christine St-Pierre, ministre provinciale des Relations internationales. 
 
Excédé de ne pas être en mesure d’obtenir de détails sur l’état de sa conjointe, le mari de Maude Carrier, Yves Richard, a joint le député conservateur Pierre Paul-Hus pour faire avancer le dossier de la famille au ministère des Affaires étrangères.
 
C’est ce que le député a raconté au Journal, tout en condamnant l’inaction du gouvernement.
 
«C’est parce qu’on est la fin de semaine? s’est insurgé M. Paul-Hus. Comment ça une famille est tenue complètement dans l’ignorance et que le seul moyen qu’ils ont de s’informer, c’est d’écouter les nouvelles?»
 
Même si le ministère a contacté la famille hier, le mal était fait selon lui. «Ce n’est pas normal que tu sois obligé d’avoir des contacts au gouvernement pour avoir des informations», déplore le député.
 
Sept corps non identifiés
 
Maintenant, «ce que tout le monde veut faire le plus rapidement, c’est rapatrier les corps», a indiqué Frédéric Carrier, un des fils d’Yves Carrier.
 
Mais, pour l’instant, les familles ignorent toujours quand elles pourront récupérer les dépouilles. 
 
«Personne n’a aucune idée. Présentement, les corps, c’est certain qu’ils ne sont pas relâchés. Ce sont des attentats terroristes. Y aura-t-il une enquête? On ne sait pas. On n’a pas de time frame. Ça peut être facile comme ça peut prendre plusieurs jours», poursuit M. Carrier.
 
Toutefois, les noms de Maude et de Charlelie Carrier ne figuraient toujours pas hier sur la liste officielle des victimes, ce qui pourrait expliquer les délais de confirmation. 
 
«On nous a dit que les corps étaient là», à la morgue de Ouagadougou, assure leur frère Frédéric Carrier.
 
Il ne sait cependant pas pourquoi les deux identifications n’ont pas été dévoilées officiellement. Sept corps resteraient à être identifiés par les autorités, dont trois de personnes de race blanche.
 
Une responsable du ministère a indiqué à la famille ce qui les attendait dans les prochains jours. «Elle va coordonner ça avec nous, nous guider dans les étapes», enchaîne M. Carrier.
 
Selon lui, le ministère des Affaires étrangères fait face à une situation qui le sort de sa zone de confort. «Il n’y en a pas eu beaucoup de Canadiens morts dans des attentats terroristes. Il n’y a pas une batterie de personnes expertes au ministère», explique-t-il.

Ce qu’ils ont dit

 

«Mon fils travaille pour l’Immigration à Ottawa. C’est lui qui a fait toutes les démarches, les télé­phones, qui a appelé le ministre [pour obtenir les confirmations].»
 
Charlelie Carrier, son père Yves et sa mère Gladys Chamberland, ainsi que sa demi-sœur Maude et Louis Chabot sont accompagnés par une religieuse de la Congrégation des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours.
Photo Courtoisie
 
– Marlène Carrier, sœur d’Yves Carrier
 
«Yves Richard [mari de Maude Carrier] a eu une confirmation d’une religieuse qu’il s’agissait bien de sa femme, imaginez. Il a réussi à avoir un numéro de dossier au ministère, mais il n’est pas capable de parler à personne. Il était complètement démuni par rapport à ça.»
 
Charlelie Carrier, son père Yves et sa mère Gladys Chamberland, ainsi que sa demi-sœur Maude et Louis Chabot sont accompagnés par une religieuse de la Congrégation des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours.
Photo Courtoisie
 
– Le député Pierre Paul-Hus
 
«Nous sommes dans ça [les contacts avec le gouvernement], ça ne fait même pas 24 h que l’on sait tout ça. Mon conjoint a téléphoné pour avoir des renseignements, ils vont peut-être rappeler.»
 
Charlelie Carrier, son père Yves et sa mère Gladys Chamberland, ainsi que sa demi-sœur Maude et Louis Chabot sont accompagnés par une religieuse de la Congrégation des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours.
Photo Courtoisie
 
– Camille Carrier, mère de Maude Carrier 
 
«Une cellule de soutien psychologique venue de Paris sera ouverte demain au profit des Français et des victimes de l’attaque à Ouagadougou.»
 
Charlelie Carrier, son père Yves et sa mère Gladys Chamberland, ainsi que sa demi-sœur Maude et Louis Chabot sont accompagnés par une religieuse de la Congrégation des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours.
Photo Twitter
 
– L’ambassadeur de France au Burkina Faso, Gilles Thibault. Il a précisé que le lycée français situé dans la capitale du pays sera fermé aujourd’hui pour permettre un renforcement de la sécurité.