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Interdite de bal des finissants

Une jeune mannequin de 17 ans est pénalisée par son école pour ses absences répétées

Ariane Brunelle a figuré dans la campagne des fêtes des magasins L’Aubainerie, ainsi que dans un éditorial beauté du magazine montréalais Dress to Kill.
Photo courtoisie Ariane Brunelle a figuré dans la campagne des fêtes des magasins L’Aubainerie, ainsi que dans un éditorial beauté du magazine montréalais Dress to Kill.

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Une jeune mannequin québécoise de 17 ans ne pourra pas assister à son bal des finissants et à sa collation des grades parce qu’elle a manqué trop de jours d’école.

À l’école Thérèse-Martin de Joliette, tout élève de secondaire 5 qui s’absente à plus de 56 périodes durant l’année, soit neuf journées et demie, se voit refuser l’accès à la soirée des toges et au bal des finissants. Et ce, quel que soit son rendement scolaire.

«Je trouve ça plate de ne pas être appuyée par mon école, alors que je suis une bonne élève et que j’ai une moyenne supérieure à 80 %», explique Ariane Brunelle.

Ariane Brunelle a figuré dans la campagne des fêtes des magasins L’Aubainerie, ainsi que dans un éditorial beauté du magazine montréalais Dress to Kill.
Photo courtoisie

En raison de son emploi de mannequin professionnel, la jeune Ariane Brunelle a déjà dépassé ce quota. Depuis un an, l’adolescente originaire de Joliette fait partie de l’agence Folio Montréal et cumule les contrats pour Lise Watier, Le Garage et L’Aubainerie.

Malheureusement pour cette dernière, les contrats se déroulent souvent durant les heures d’école.

Depuis quelques jours, Ariane Brunelle reçoit de nombreux témoignages d’appui de la part des élèves de son école.

«Dans ma tête, le bal et la collation des grades, c’est la récompense qui souligne tout le travail que tu as fait pendant tes cinq années au secondaire. Je trouve ça plate qu’elle ne puisse pas participer malgré tous ses efforts. Elle mérite sa place avec nous», précise une copine de classe, Marianne Gagnon.

Ariane Brunelle a figuré dans la campagne des fêtes des magasins L’Aubainerie, ainsi que dans un éditorial beauté du magazine montréalais Dress to Kill.
Photo courtoisie

Médiation

Après quelques tentatives de médiation ratées de la part de sa mère et de son beau-père, l’étudiante a elle-même tenté sa chance dans les bureaux de la direction, mais elle a aussi essuyé un refus.

Pourtant, une clause du règlement stipule que la direction se réserve le droit d’analyser certains dossiers individuellement.

Ariane Brunelle a même fait appel à la commissaire de la Commission scolaire des Samares, Marie-Claude Tremblay, qui n’a toutefois pas réussi à défendre l’adolescente.

Ariane Brunelle a figuré dans la campagne des fêtes des magasins L’Aubainerie, ainsi que dans un éditorial beauté du magazine montréalais Dress to Kill.
Photo courtoisie

«J’ai vérifié avec la direction générale et il n’y a pas eu d’injustice dans le cas d’Ariane, explique Mme Tremblay. Tous les élèves sont régis par la même règle. Ils sont tous sur le même pied d’égalité, que ce soit un athlète olympique qui doit se déplacer pour des compétitions ou un mannequin professionnel qui s’absente pour prendre des photos. La règle est claire et Ariane a signé l’entente en début d’année scolaire.»

L’entente a bel et bien été signée par l’étudiante et sa mère, en août dernier, mais cette dernière croit toutefois qu’il y a un manque de jugement dans l’application et qu’un peu de souplesse serait de mise.

En dernier recours, Ariane Brunelle entend confronter le conseil d’établissement pour faire assouplir la règle.

Ni la direction ni la commission scolaire n’ont voulu se prononcer à cet effet, sous le couvert de la confidentialité du dossier.

Une carrière fort prometteuse

Ariane Brunelle a figuré dans la campagne des fêtes des magasins L’Aubainerie, ainsi que dans un éditorial beauté du magazine montréalais Dress to Kill.
Photo courtoisie

Ariane Brunelle n’est pas une mannequin comme les autres. Elle a réussi à percer dans l’industrie de la mode malgré ses 5 pi 3 po, soit 5 po de moins que le standard exigé.

«Normalement, nous sommes assez exigeants, mais avec les réseaux sociaux, il y a d’autres qualités que la taille qui entrent en ligne de compte, dont la personnalité et le nombre de fans sur Instagram, par exemple», explique son agente Arielle Day.

L’adolescente a été découverte par l’agence Folio Montréal en décembre 2014, alors qu’elle participait à un concours visant à dénicher de nouveaux visages sur Instagram.

Ariane Brunelle a figuré dans la campagne des fêtes des magasins L’Aubainerie, ainsi que dans un éditorial beauté du magazine montréalais Dress to Kill.
Photo courtoisie

Visage

Même si Ariane Brunelle ne correspond pas aux standards de l’industrie, elle a un «visage exceptionnel», selon son agente et elle a un début de carrière fort prometteur.

Elle gagne présentement entre 1000 $ et 3000 $ par contrat.

«Si j’ai la chance de faire carrière là-dedans, je vais foncer, parce que c’est une chance que j’ai. C’est certain que je continue le cégep l’an prochain pour avoir un plan B, mais à temps partiel», explique la jeune mannequin.

L’agente d’Ariane a d’ailleurs été très claire à ce sujet. Tous les mannequins de moins de 18 ans doivent mettre la priorité sur leurs études.

«On travaille très fort pour ne pas faire manquer trop de cours à Ariane, mais il y a une forte demande. C’est dommage de voir le manque de flexibilité de son école», conclut Mme Day.