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Libérer ses crayons avec Plantu

Libérer ses crayons avec Plantu
Photo 24 heures, Camille Dufétel

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La Cinémathèque québécoise accueille mercredi soir le caricaturiste français au journal Le Monde Plantu, dans le cadre de la conférence «Libérez les crayons». Celle-ci sera suivie de la projection du documentaire Caricaturistes - Fantassins de la démocratie.

Ce documentaire, réalisé par Stéphanie Valloatto en 2014, présente 12 caricaturistes à travers le monde (Tunisie, Russie, Chine, Mexique, Algérie etc...) dont Plantu lui-même. «On propose de découvrir la vraie vie du dessinateur de presse, et jusqu’où il peut aller, explique ce dernier. Tous se connaissent, s’apprécient, ils construisent réellement des débats : ça ne veut pas dire qu’ils sont tous d’accord. On suit notamment une dessinatrice de Caracas, Rayma, menacée par le pouvoir pro-chaviste : elle arrive à contourner les interdits, à être plus forte que la censure.»

Réalisé avant les attentats contre Charlie Hebdo, Caricaturistes - Fantassins de la démocratie prend aujourd’hui une dimension toute particulière. «Après la tuerie, on se rend compte à quel point ce titre a un sens essentiel», assure Plantu.

Libérer ses crayons avec Plantu
Photo Courtoisie

«Internet fait en sorte qu’un dessin réalisé dans l’arrière salle d’une brasserie de Saint-Germain-des-Prés, c’est fini, poursuit le caricaturiste. Il suffit de faire une capture d’écran et il se retrouve au Proche-Orient, compris, mal compris, interprété, mal interprété, et manipulé.» Pour lui, il est aussi indispensable de faire connaître le rôle des dessinateurs de presse du monde entier.

«Quand on fait des rencontres, quand on fait ce film, on s’aperçoit à quel point on a beaucoup de choses à apprendre sur la manière dont d’autres comprennent les dessins. Un dessin fait aujourd’hui à Paris, à Londres, à Montréal, peut ne pas être compris à 50, 5000, 10 000 kms et même au coin de la rue». Les dessinateurs doivent essayer «de faire des ponts», d’après lui, «là où d’autres essaient de faire des fractures entre notre culture et d’autres cultures».

Le caricaturiste était un invité tout désigné pour l’événement organisé par Sylvano Santini et Bertrand Gervais – ces derniers dirigent le groupe de recherche en sémiologie Toucher une image (UQÀM). Caricaturiste au journal Le Monde depuis 43 ans, il a fondé il y a 10 ans avec l’ancien Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan un réseau international de dessinateurs de presse engagés, Cartooning for Peace. Il y a trois ans, une discussion sur ce réseau entre le dessinateur et le cinéaste Radu Mihaileanu a inspiré à ce dernier l’idée du documentaire projeté ce soir.

Une bonne caricature, selon lui? «C’est celle qui vous donne envie de lire les articles, d’aller plus loin dans le débat. Et c’est en lisant le journal qu’on va plus loin dans le débat.» Mercredi soir, la conférence «Libérez les crayons» sera animée par la doctorante en histoire de l’art à l’UQÀM Josée Desforges. L’événement débute à 18 heures, est gratuit et ouvert à tous.