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Quelles solutions s’offrent à Bergevin?

Marc Bergevin n’est pas là, les bras croisés, à se dire qu’il n’y a rien à faire.
Photo d'archives Marc Bergevin n’est pas là, les bras croisés, à se dire qu’il n’y a rien à faire.

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L’heure est grave. Les chances du Canadien de prendre part aux séries sont sérieusement en péril. Incroyable quand on pense que cette équipe détenait une avance de 12 points sur les détenteurs du huitième rang, en l’occurrence les Bruins de Boston, le 1er décembre.

Devant cette chute qui n’en finit plus, il y a lieu de se poser des questions.

Michel Therrien devrait-il être congédié?

Je persiste et je signe: non.

Il est appelé à composer dans des conditions qui ne justifieraient pas une telle décision pour le moment.

Therrien a besoin d’aide de Marc Bergevin qui, il faut bien le dire, ne connaît pas une bonne saison jusqu’à maintenant.

Bilan médiocre

Les acquisitions de Zach Kassian et d’Alex Semin ont tourné au fiasco. Tomas Fleischmann s’est essoufflé. Ben Scrivens ne fait pas mieux que Dustin Tokarski, ce qui n’a rien de surprenant d’ailleurs lorsqu’on consulte sa feuille de route.

Heureusement, Mike Condon est une belle trouvaille. Mais comme Carey Price, il ne marque pas de buts et à ce chapitre, le Tricolore fait drôlement ­pitié.

Comme Pat Burns le disait, on ne va pas à la chasse à l’ours avec un couteau à beurre.

À la défense des joueurs du Canadien, ils ont donné tout ce qu’ils avaient dans les tripes jeudi ­dernier contre les Blackhawks de Chicago et samedi contre les Blues de Saint Louis.

Ils ont totalisé 89 tirs au but dans ces deux matchs, mais n’ont récolté que quatre buts et un maigre point au classement.

Commentaire portant à réflexion

Après la défaite en prolongation à Saint Louis, Max Pacioretty a eu un commentaire qui porte à ­réflexion.

«Les bonnes équipes gagnent ce match», a-t-il dit.

La question est là.

Le Canadien est loin d’être aussi bon qu’il le ­montrait au début de la saison.

Face aux Blackhawks, dimanche à Chicago, il ne faisait pas le poids. La différence était claire et nette.

On a vu deux équipes de calibres différents.

Pendant que le Tricolore jouait avec peu de ­cohésion, tout fonctionnait machinalement pour les champions en titre de la Coupe Stanley.

drouin pourrait-il aider ?

Évidemment, Bergevin n’est pas là, les bras ­croisés, à se dire qu’il n’y a rien à faire.

Ses lieutenants, Rick Dudley et Larry Carrière, ainsi que ses recruteurs professionnels qui étaient en ville la semaine dernière pour la révision semestrielle des troupes, quadrillent la ligue dans tous les sens.

D’ailleurs, une rumeur disait hier que Bergevin serait en pourparlers avec Steve Yzerman pour tenter d’obtenir Jonathan Drouin.

Encore là, des questions s’imposent.

Peut-on vraiment croire que Yzerman est prêt à ­céder un premier choix au repêchage, qui n’aura que 21 ans en mars, à une formation faisant partie de la même division que la sienne?

Quel serait le prix à payer pour Drouin ?

À ceux qui répondent Alex Galchenyuk, je ferai remarquer que Drouin n’a encore rien prouvé dans la Ligue nationale. C’est vrai qu’il a subi des blessures, mais il y a plusieurs autres facteurs dont il faut tenir compte.

Drouin pourrait-il vraiment émerger avec le ­Canadien?

Comment résisterait-il à la pression de Montréal?

Un espoir comme Nikita Scherbak serait peut-être plus approprié en retour de ses services, considérant ses états de service.

Tout comme Drouin, il connaît des débuts éprouvants dans les rangs professionnels. Il a subi une blessure à une cheville durant le camp d’entraînement. Il a tenté de revenir au jeu à deux reprises en octobre et en novembre avec les IceCaps de Saint John’s, mais sans succès.

Il est revenu au jeu en fin de semaine dernière seulement.

La clé pour participer aux séries

Pendant ce temps, Therrien doit se débrouiller avec les moyens du bord.

Qu’est-ce que son équipe devra faire pour mériter une place dans les séries?

Gagner à domicile le plus souvent possible et contre les équipes de sa division.

À l’heure actuelle, le Tricolore occupe le cinquième rang dans la division Atlantique derrière les Panthers, les Red Wings, le Lightning et les Bruins, qu’il affrontera ce soir au Centre Bell.

C’est par le classement de sa division que se trouve sa planche de salut. Les deuxième et troisième places, qui donnent accès automatiquement aux séries, demeurent à sa portée.

La première position est plus loin. Un écart de sept points le séparait des Panthers, qui tentaient de renouer avec la victoire hier soir à Edmonton.

Avec 36 matchs à jouer, rien n’est perdu, du moins en ce qui concerne la course aux séries.

On ne parlera pas de la coupe Stanley.

N’empêche qu’un printemps sans séries ­équivaudrait à une catastrophe.

Tant au plan sportif pour le secteur hockey que financier pour les propriétaires.

Après la saison dernière, j’avais écrit que le plus dur restait à venir pour Marc Bergevin. Après les beaux succès réalisés à ses trois premières années à la tête du secteur des opérations hockey, il lui fallait trouver les ingrédients manquants pour faire du Canadien une équipe pouvant aspirer aux grands honneurs.

Mais force est d’admettre que l’organisation est encore loin de la coupe et que le retour au jeu de Carey Price n’arrangera pas tout.

 

Ces pertes qui font mal

Les Blackhawks de ­Chicago et les Kings de Los Angeles, vainqueurs de la coupe Stanley au cours des quatre dernières années, sont la preuve que la reconstruction d’une équipe passe par le repêchage. Mais il leur a fallu souffrir longtemps aussi.

Les Blackhawks ont raté les séries 9 fois en 11 ans avant de remporter une première coupe Stanley en 49 ans, en 2010.

Pour leur part, les Kings ne s’étaient pas qualifiés pour les séries durant six saisons consécutives, en plus de subir deux éliminations d’affilée au premier tour, lorsqu’ils ont décroché le premier grand championnat de leur histoire, en 2012.

Temps, patience et flair

Tout ça pour dire qu’il faut du temps, de la patience et une bonne dose de flair pour construire une équipe ­championne.

Le repêchage n’est pas une science exacte, mais il faut quand même amasser le plus de bons choix possible et faire en sorte de bien développer ses jeunes joueurs. 

Sinon c’est la progression de l’organisation qui en souffre.

Dans le cas de l’administration Bergevin, il est encore tôt pour porter un jugement global sur ses premiers choix des quatre dernières années.

Certes, Alex Galchenyuk ne produit pas au rythme souhaité cette saison, mais il n’est pas encore temps de ­jeter l’éponge.

Le jeune a du potentiel, mais comme il l’a montré dernièrement, il lui reste à acquérir de la maturité à l’extérieur de la patinoire.

Quant à Michael McCarron et à Nikita Scherbak, ils sont en période d’apprentissage dans la Ligue américaine.

Pour sa part, Noah Juulsen évolue dans les rangs ­juniors.

Price sauve la mise

Quand on recule jusqu’à l’ère Gainey-Gauthier, on constate qu’Andreï Kostitsyn (2003), Carey Price (2005) et Nathan Beaulieu (2011) ont été les seuls premiers choix, sur une période de neuf ans, à faire vraiment carrière avec le Canadien. Et on peut parler d’une déception dans le cas de Kostitsyn, qui n’a pas su se discipliner dans sa vie personnelle. 

Price a éprouvé les mêmes problèmes à ses premières années avant de se caser.

Pour ce qui est de ­Beaulieu, il manque aussi de maturité. 

Par ailleurs, trois autres premiers choix, Kyle Chipchura (2004), Louis Leblanc (2009) et Jarred Tinordi (2010) n’auront fait que passer.

Ces joueurs étaient-ils voués à l’échec en partant?

Ont-ils été développés de façon adéquate?

Chose certaine, ces reculs font mal à une organisation.

À noter aussi que le ­Canadien avait échangé son premier choix de 2008 aux Flames de Calgary pour ­obtenir Alex Tanguay.

Enfin, on n’a jamais vu deux de ces choix, soit David Fischer et un dénommé Ryan McDonagh...

 

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