/opinion/columnists
Navigation

Pétrodollars et péréquation

Pétrodollars et péréquation
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

Coup d'oeil sur cet article

On n’en ferait pas une manchette au Québec parce que ce serait gênant. Mais malgré les problèmes que lui cause la chute des prix du pétrole, l’Alberta contribuera aux 18 milliards du programme fédéral de péréquation.

Et le Québec recevra sa part habituelle, c’est-à-dire dix milliards, soit 55 % du total. Le reste ira à l’Ontario, au Manitoba et aux Maritimes, hormis Terre-Neuve et Labrador.

Le ministre albertain des Finances, Joe Ceci, a expliqué que, pour le moment, Ottawa ne prévoyait pas revoir son mode de calcul et l’Alberta paiera donc son dû aux provinces les moins riches. Le déficit du gouvernement albertain dépassera six milliards cette année, mais la péréquation sera payée quand même... En pétrodollars!

Transferts

Il en a à peine été question lors de la réunion des ministres des Finances à Ottawa, tout juste avant Noël. Les ententes fédérales/provinciales conclues par le précédent gouvernement conservateur tiennent toujours. On pourrait ajouter: Que Dieu soit loué! Ou Allah, c’est selon...

Les transferts fédéraux seront toutefois renégociés. C’est dans l’ordre habituel des choses. Pour le Québec, l’enjeu est capital. Ces transferts lui permettent d’assumer le quart des dépenses de programmes. Ils atteignent 20,3 milliards cette année, soit dix milliards en péréquation, sept milliards en santé et trois milliards pour les services sociaux. Le total grimpera à 21,4 milliards l’an prochain. L’Ontario recevra une somme similaire. Pas parce qu’elle est aussi peu riche que la Belle Province, mais parce que les Ontariens sont 50 % plus nombreux...

Le capitalisme a du bon, mais les temps sont durs. Il y a des risques de voir les transferts fédéraux éventuellement revus à la baisse au fil des ans.

Le Canada subit très durement les effets du ralentissement de la croissance chinoise et, conséquemment, du prix des matières premières. La chute radicale des prix du pétrole achève de plomber l’économie.

Coincé entre ses promesses électorales et la réalité, le nouveau gouvernement libéral de Justin Trudeau se retrouve dans une situation extrêmement difficile. Les plus gros postes de dépenses risquent donc d’écoper.

Prochain budget

Le ministre des Finances, Bill Morneau, reste vague sur le cadre budgétaire fédéral. Il sait bien que celui présenté durant la campagne électorale ne passe pas le test de la réalité.

Même la facture assujettie à l’accueil des réfugiés ne correspond plus à ce que M. Trudeau avait avancé l’automne dernier. L’opération coûtera au moins cinq fois plus cher que prévu.

Les revenus d’Ottawa seront moindres et le déficit anticipé de 10 milliards sera beaucoup plus important. On entend déjà 30 milliards!

M. Trudeau a beau sourire et respirer la confiance, on voit mal comment il pourra, comme il le dit, «créer des opportunités de réussite pour tous les Canadiens». En réalité, il demande un acte de foi. L’opinion publique lui est toujours favorable, mais la lune de miel finira par finir...