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Le défi de Karine Vanasse

Le défi de Karine Vanasse
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Blue Moon marque le grand retour de Karine Vanasse au Québec. Dans cette série à suspense réalisée par Yves-Christian Fournier (Tout est parfait), produite par Aetios (Fabienne Larouche et Michel Trudeau) et destinée au Club illico, la comédienne de 32 ans explore l’univers fascinant des agences paramilitaires, des firmes de mercenaires qui réalisent des opérations aussi secrètes que suspectes. En voyage à Los Angeles, Karine Vanasse a pris quelques minutes pour répondre aux questions du Journal au téléphone.

 

Tu décris Blue Moon comme «l’un des plus gros défis professionnels» qu’on t’a proposés. Pourquoi?

D’un côté, c’était un projet hyper ambitieux: le scénario, le budget, les ressources... On voulait tous faire quelque chose qui repoussait les limites. D’un autre côté, je voulais livrer la marchandise, parce que Justine, c’est un nouveau type de personnage pour moi au Québec. Aux États-Unis, dans Revenge, je jouais une fille avec beaucoup de caractère. Margaux, c’était une femme forte. J’aimais l’idée de revenir au Québec en jouant quelqu’un d’encore plus tough. Parce qu’on m’a souvent vu jouer des personnages plus sympathiques, plus accessibles. Et quand je reviens chez moi, la pression est toujours plus grande.

Tu t’es beaucoup entraînée pour jouer avant de commencer à tourner Blue Moon. Outre les muscles, qu’est-ce que l’entraînement physique t’a apporté?

Je suis contente qu’Yves-Christian Fournier m’ait demandé d’augmenter ma masse musculaire, parce qu’en m’entraînant, j’avais le sentiment d’être plus près de Justine. Je sentais l’espace réservé aux émotions rapetisser. Je sentais la coquille se former tranquillement.

Dans quoi préfères-tu jouer: les tenues griffées de Margaux Le Marchal dans Revenge ou les vêtements d’armée de Justine Laurier dans Blue Moon?

Après deux ans à marcher en talons hauts en robes serrées, j’étais contente de tomber dans quelque chose de plus confortable, comme des pantalons taille basse et des souliers plats! Mes personnages ont toujours influencé ma façon de m’habiller dans la vie de tous les jours. Quand on tournait Pan Am à New York, sans m’en rendre compte, le look de Colette déteignait sur moi. Je m’achetais des petits foulards, etc. Depuis Blue Moon, je porte presque exclusivement des jeans!

On a beaucoup parlé des conditions de tournage de Blue Moon. Que veux-tu dire sur toute cette affaire?

Oui, ç’a été difficile. À tous les niveaux. Pour tout le monde. Le défi était grand, mais on est allés jusqu’au bout. On a gardé notre promesse. On n’a pas lâché. À la fin, on était essoufflés, mais aujourd’hui, quand on regarde la série, on voit tout ce qu’on a été capables de faire. On est vraiment heureux du résultat. On n’a pas tout fait ça pour rien. On a tous appris. C’était un travail d’équipe.

Que fais-tu à Los Angeles?

Je n’étais pas retournée à Los Angeles depuis Revenge. Ça faisait neuf mois que je n’avais pas travaillé avec ma coach de jeu. J’ai fait un atelier intensif avec plusieurs acteurs, réalisateurs et scénaristes. Je vais bientôt commencer à tourner avec Podz. Je voulais m’assurer d’aller chercher une densité supplémentaire avant d’attaquer ce nouveau projet.

Tu as décroché le rôle principal féminin dans Cardinal, une nouvelle série canadienne du réseau CTV réalisée par Podz (19-2) dans laquelle tu joueras une détective aux côtés de Billy Campbell. Les tournages s’amorcent quand?

Je pars dans une semaine pour le nord de l’Ontario. On a deux semaines de préparation, puis on commence.

Depuis le décès de René Angélil, les hommages abondent. Plusieurs chanteurs et chanteuses québécois disent combien son parcours avec Céline Dion leur a permis de voir grand et de rêver d’une carrière internationale. Tu exportes également ton talent à l’étranger depuis plusieurs années. A-t-il été une source d’inspiration?

Le succès de Céline Dion m’a beaucoup inspiré. C’est certain. Au même titre que celui de Caroline Dhavernas. C’est une des premières actrices à être sortie du Québec, à avoir travaillé ailleurs. Le tandem René Angélil-Céline Dion, c’est la preuve que pour réussir à grande échelle, tu dois avoir une bonne équipe. L’artiste a beau avoir son petit rêve, pour réaliser ses ambitions, il doit être bien entouré. Sinon, c’est extrêmement difficile. C’est quelque chose que j’ai compris au cours des dernières années. C’est difficile de trouver des combinaisons manager-artiste parfaites. René Angélil et Céline Dion formaient un duo remarquable.

Que peut-on te souhaiter pour 2016?

Cette semaine, j’ai réalisé que Los Angeles m’avait manqué. Je sens que j’ai encore des défis à relever aux États-Unis. Je souhaite aussi qu’on continue à me faire confiance, comme Fabienne (Larouche) l’a fait pour Blue Moon.

♦ La première saison de Blue Moon, disponible sur Club illico dès lundi à 13 h.

 

Blue Moon: l’organigramme

 

Benoît Lebel

Luc Picard
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Luc Picard
  • Directeur

Cofondateur de Blue Moon, une organisation paramilitaire spécialisée dans les opérations clandestines, Benoît Lebel deviendra son seul et unique directeur quand Yves Laurier, le père de Justine, sera victime d’une mort «accidentelle». «C’est le grand boss», dit Luc Dionne. Il devra toutefois apprendre à composer avec Justine quand cette dernière deviendra actionnaire majoritaire de l’entreprise.

Milan Garnier

Éric Bruneau
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Éric Bruneau
  • Expert en armement

Comme chef d’équipe, Milan est appelé à coordonner les missions, mais il préfère être «sur le terrain». «Il aime se salir les mains», souligne Luc Dionne. Malgré son jeune âge (35 ans), Milan possède une grande expertise en armement militaire. L’auteur parle d’un personnage «énigmatique».

Bob Ryan

Patrice Godin
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Patrice Godin
  • Coordonnateur

Robert «Bob» Bryan a fait la guerre au Kosovo. Il est maintenant chargé du recrutement chez Blue Moon. Âgé d’une quarantaine d’années, il supervise les activités des différents commandos. Il prend Justine en grippe au départ, mais plus le temps passe, moins il voit la jeune femme comme une menace... Si bien qu’elle deviendra sa principale complice. «Bob planifie les missions», précise Luc Dionne.

Justine Laurier

Karine Vanasse
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Karine Vanasse
  • Experte en explosifs

Elle hérite des commandes de Blue Moon quand son père meurt dans des circonstances nébuleuses. Renvoyée des forces armées pour cause d’insubordination, Justine insiste pour participer au camp de recrutement de Blue Moon, sans recevoir de traitement de faveur.. «Elle détient 60 % des actions votantes de Blue Moon, souligne Luc Dionne. Elle va découvrir des magouilles qui cachent quelque chose de plus gros...»

Chloé Vincent

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Caroline Dhavernas
 
  • Experte en informatique

Victime d’un viol collectif à 12 ans, Chloé a poursuivi des études de informatique au sein des Forces armées canadiennes. «Donnez-lui un ordinateur, et elle va être capable de percer les banques de données des plus grandes agences de renseignements comme le C.I.A.», indique Luc Dionne. Sa relation avec Justine commence de manière plutôt houleuse.

Cassandra Boyd

Charlotte Aubin
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Charlotte Aubin
  • Experte en communication

Cassandra s’est jointe aux Forces armées canadiennes pour se prémunir des représailles du système de justice. Car cette jeune femme vit avec un gros secret : une tentative de vol ayant mal tourné. Chez Blue Moon, elle cherche des alliés qui pourront l’aider à traverser des moments difficiles. «Cassandra est experte en communication, précise Luc Dionne. Cellulaire, téléphone, satellite... Elle peut se brancher sur n’importe quoi.»

Francis Duff

Alexandre Landry
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Alexandre Landry
  • Tireur d’élite

Parachutiste hors pair et tireur d’élite réputé, Francis a quitté les Forces armées canadiennes pour joindre les rangs de Blue Moon. Réticent à plonger au début, il s’est laissé convaincre par une chose : l’argent. Selon lui, les femmes n’ont pas leur place au sein d’une organisation paramilitaire comme Blue Moon.

Jérémie Langlois

Clauter Alexandre
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Clauter Alexandre
  • Pilote d’hélicoptère

Jérémie détient sa licence de pilote de brousse et d’hélicoptère, mais contrairement aux autres recrues, il n’a jamais fait l’armée. Voilà pourquoi il offrira une performance plutôt moyenne au camp d’entraînement de Blue Moon. L’entreprise l’embauchera néanmoins pour ses capacités de pilote, son habileté à manœuvrer dans les pires conditions. «Jérémie, ce n’est pas un soldat, c’est un pilote», dit Luc Dionne


 

La bougie d’allumage: le double attentat au marathon de Boston

Luc Dionne s’est toujours intéressé aux sociétés militaires privées (SMP) comme Academi, ex-Blackwater. Ces firmes mercenaires, au rôle controversé, interviennent non seulement en zones de conflit, mais également en situations à haut risque sécuritaire. L’idée d’exploiter cette thématique au petit écran est toutefois née à la suite du double attentat de Boston en 2013, quand des images ont révélé que plusieurs employés d’une entreprise de sécurité militaire privée, Craft international, étaient sur place. L’auteur de Blue Moon parle avec enthousiasme des autres scandales impliquant des SMP comme la bataille de Falloujah durant la guerre en Irak en 2004. «C’est un sujet fascinant», lance-t-il.

Un blitz d’écriture

Luc Dionne raconte avoir pondu les deux premières saisons de Blue Moon – soit 20 épisodes – en quatre mois l’an dernier. Étalé de janvier à avril, ce blitz d’écriture était nécessaire, explique l’auteur, car contrairement aux séries de TVA et Radio-Canada, Blue Moon devait respecter le modèle des fictions propres aux services de vidéo sur demande par abonnement: faites sur mesure pour être dévorée en rafale («binge-watching»).

«L’écriture, c’est une drôle de bibitte. Pour écrire une heure efficace, tu dois plonger dedans et jamais n’en sortir. Alors pour écrire 20 heures de suspense en continu, ça demande beaucoup de discipline. J’écrivais sept jours par semaine sans jamais m’arrêter. Sinon, je risquais de perdre le fil.»