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Fausse unanimité

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De Davos, Philippe Couillard a réitéré sa détermination à créer un registre des armes d’épaule. Ça ne le dérange pas d’immatriculer ses armes, dit-il. Mais le gaspillage de 20 à 30 millions de dollars devrait le déranger. M. Couillard veut surtout étouffer le frisson de liberté qui parcourt timidement la députation au sujet de ce registre.

«Je pense que la création d’un nouveau registre est une perte de temps et d’argent», écrivait mot pour mot Véronyque Tremblay dans une chronique juste avant son élection comme députée libérale. Norbert Morin, député libéral de Côte-du-Sud, déclarait en décembre: «Je suis contre, mais que voulez-vous, il faut choisir ses combats.» Le libéral Paul Busque, dans la Beauce, renâcle aussi. Comme au PQ Pascal Bérubé et François Gendron.

Désaveu

Gérard Deltell et Sylvie Roy, maintenant sortis de la CAQ, désavouent le registre des armes à feu. Ils l’ont pourtant appuyé il y a 10 mois, protégeant la suspecte unanimité de l’Assemblée nationale.

Voilà le dilemme. On élit des députés pour leur franc-parler, leurs idées, leur sensibilité régionale. Aussitôt, ils enfilent une muselière et deviennent les représentants de leur parti auprès de leurs électeurs, et non l’inverse.

Restaurer la fonction

Pour que la politique inspire le respect, il faut restaurer la fonction de député; leur rendre la liberté de parole et de pensée. Tant qu’ils suivent aveuglément la ligne de parti, mentant aux électeurs sous couvert d’unanimité factice, les politiciens alimentent un cynisme mérité. Il faut que la progression de leur carrière cesse de dépendre de leur docilité partisane et de leur capacité à se trahir pour nous faire avaler des couleuvres.

«Le cœur est parfois plus fort que la raison», se plaignait Véronyque Tremblay dans sa chronique d’avril. Hélas! en politique, la raison et le calcul sont trop souvent plus forts que le cœur.