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La face cachée d’Alexandre Barrette

Alexandre Barrette
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

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Alexandre Barrette se dévoile. L’humoriste s’apprête à remonter sur scène avec Imparfait, un deuxième one-man-show hautement personnel dans lequel il aborde de front ses défauts, failles et échecs.

«Ce qui va bien dans ma vie, je n’ai pas envie d’en parler; ce n’est pas drôle. Je préfère de loin parler de ce qui accroche, de ce qui est imparfait», explique-t-il.

«Les gens me connaissent déjà bien; ce qu’ils voient à la télévision, c’est moi. Je ne joue pas de game», lance d’entrée de jeu Alexandre Barrette.

Cette proximité avec le public, l’humoriste de 34 ans la cultive depuis plusieurs années déjà grâce aux émissions Atomes crochus et Taxi payant qu’il anime sur les ondes de V.

Cette dernière émission lui a d’ailleurs permis de remporter le prix du Meilleur animateur de jeu et téléréalité au dernier Gala des prix Gémeaux.

N’empêche, les fans d’Alexandre ­Barrette pourront en apprendre ­davantage sur l’humoriste avec Imparfait. Dans ce spectacle dont il signe la ­totalité des textes, ildévoile ses côtés moins reluisants, se confiant sur ses ­défauts et ses travers.

Il y sera entre autres question d’un trait qui semble être propre à sa génération: la «peur de passer à côté de quelque ­chose», comme le décrit l’humoriste.

«Je ne veux jamais rien manquer. Si j’ai deux choix qui s’offrent à moi, je vais ­finir par en choisir un, mais je vais ­toujours me demander si l’autre option aurait été meilleure», raconte-t-il.

« Plus actuel que jamais »

Au départ, la tournée pour Imparfait ne devait s’amorcer qu’à l’automne prochain. Mais comme les tournages de Taxi Payant et Atomes crochus se sont terminés en septembre et décembre dernier respectivement, l’humoriste se cherchait un projet pour l’occuper tout l’hiver.

«Je suis célibataire depuis près d’un an, alors j’ai eu plus de temps libre que jamais pour peaufiner et roder le spectacle. Et comme les textes sont plus actuels que jamais, je tenais à le sortir le plus vite possible», explique-t-il.

Alors que le premier one-man-show d’Alexandre Barrette l’a mené aux quatre coins de la province durant trois ans, l’humoriste préfère cette fois-ci opter pour une tournée plus brève. Ainsi, il ­reviendra plus rapidement à l’écriture en vue d’un troisième spectacle.

«Je suis quelqu’un qui crée énormément. Le processus d’écriture peut ­parfois être lourd et laborieux, mais c’est quelque chose qui me valorise énormément. J’adore tourner, faire des ­spectacles, mais j’ai vite envie de ­retourner à l’écriture», explique-t-il.

La peur de régresser

À quelques jours du premier lever du ­rideau, Alexandre Barrette s’avoue donc «excité, mais également plutôt nerveux».

«Mon plus grand cauchemar serait que ne serait-ce qu’une seule personne me ­dise qu’elle a préféré mon premier ­spectacle. Ce serait pour moi un signe de régression. Et personne ne ­souhaite ça», conclut-il.

♦ Imparfait d’Alexandre Barrette, les 25 et 26 février à la salle ­Albert-Rousseau de Québec et du 3 au 5 février au Monument National de Montréal.

Briser l’image du «bon p’tit gars»

Le Journal donne rendez-vous à Alexandre Barrette en plein cœur du Plateau Mont-Royal, près d’un ­immeuble abandonné, couvert de graffitis. Le but? Éloigner l’humoriste de sa zone de confort, histoire de trancher avec son image de gentil garçon et peut-être même de faire ressortir son côté bad boy. Une tâche qui allait s’avérer beaucoup plus difficile que prévu.

Pas facile, en effet, de faire ressortir le côté mauvais garçon d’Alexandre Barrette. On lui demande de jouer les durs, devant la lentille du photographe. Peine perdue; un sourire finit toujours par se dessiner sur les lèvres de notre sujet.

«On m’a souvent demandé d’avoir l’air d’un bum. Le résultat a rarement été glorieux», confie l’humoriste en riant.

«Je suis un bon gars; j’aime sourire, j’aime faire rire les gens», plaide-t-il.

« Plein de défauts »

Au cours de la journée, Alexandre ­Barrette le réitère pourtant à plusieurs reprises: «J’ai plein de défauts», insiste-t-il.

Son pire?

«Je suis souvent incapable de prendre une décision, même la plus simple», ­annonce-t-il.

Vraiment?

«Je suis aussi quelqu’un de très ­angoissé. Je suis souvent en retard et j’ai ­beaucoup de difficulté à retourner mes appels», ajoute-t-il.

Devant notre air peu convaincu, il finit par céder.

«Ok; je n’ai pas de défaut majeur; ­j’aimerais bien sortir quelque chose d’affreux, d’horrible, mais je n’ai rien de troublant à cacher. Par contre, si on ­additionne tous ces petits défauts, on voit que je suis loin d’être parfait», plaide-t-il.

Joueur de tours

Même s’il avoue avoir «quelques fois» déjà dépassé les limites de vitesse au volant, il assure n’avoir jamais enfreint la loi pour une offense plus grave. Mais, des mauvais tours, il en a joué plusieurs dans sa jeunesse. Il est plus du genre petite peste que grand larron.

L’humoriste se remémore d’ailleurs un été où, adolescent, son voisinage tout entier y a goûté.

À l’époque où plusieurs avaient recours au service Vidéoway (l’ancêtre d’illico) pour écouter la télévision, Alexandre Barrette et ses amis ont découvert que les télécommandes étaient universelles.

Pendant des semaines, la bande d’amis a arpenté le quartier, multipliant les «victimes».

«On approchait des fenêtres des gens qui regardaient la télévision et, avec notre télécommande, on changeait de poste, on montait le son, ou on fermait et allumait la télévision. On a arrêté quand un homme a pété les plombs et nous a couru après pendant très ­longtemps», s’esclaffe-t-il.