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PKP nage en pleine crise

Les troupes péquistes de plus en plus inquiètes

PKP nage en pleine crise
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Pierre Karl Péladeau doit redresser la situation au plus tôt s’il souhaite porter le Parti québécois (PQ) au pouvoir et conserver la confiance de ses députés, a entendu Le Journal dans les rangs péquistes.

Le chef souverainiste traverse une crise, ont reconnu diverses sources du PQ, qui ont parlé au Journal sous le couvert de l’anonymat. Rien à voir, nuance l’une d’entre elles, avec la crise qu’avait dû traverser Pauline Marois en 2010, lorsque le PQ avait présenté le projet de loi 204, qui avait permis au gouvernement Charest de rendre légal l’attribution à Québecor de la location de l’amphithéâtre de la ville de Québec. Quatre députés avaient quitté le navire.

N’empêche, Pierre Karl Péladeau a semé l’inquiétude au sein de ses troupes en multipliant les erreurs au cours des derniers mois. Ses envolées sur Facebook sont rarement opportunes, dit-on. On constate que, depuis son accession à la direction du PQ, M. Péladeau n’est pas parvenu à incarner la fonction de premier ministre. «Il faut qu’il comprenne qu’il doit écouter son entourage; c’est ça, le problème», a confié une source péquiste.

Plongé dans la tourmente de la rupture de son union avec Julie Snyder, Pierre Karl Péladeau a annulé ses activités publiques prévues mardi et mercredi. Le chef du PQ a décidé de passer les prochaines heures avec ses enfants, a fait savoir son attaché de presse, Bruno-Pierre Cyr; rien à voir avec son avenir politique, a-t-il assuré.

Dans l’entourage du chef, on souhaite que ces deux journées de pause donnent lieu à un nouveau départ. «Les prochains jours pourraient être déterminants. Ça va prendre quelqu’un, dans sa garde rapprochée, qui va pouvoir le tasser dans le coin pour qu’il écoute, même s’il pète sa coche. Personne n’est capable de faire ça présentement», a confié une autre source.

On verra jeudi si la situation empirera avec la diffusion d’un reportage à Radio-Canada faisant état des liens entre Québecor et ses filiales situées dans des paradis fiscaux, alors que M. Péladeau était PDG de Québecor. M. Péladeau et Québecor sont blindés, croit une source péquiste.

Les libéraux ont été au pouvoir pendant plus de 10 ans depuis 2003. S’il y avait une élection demain matin, ils seraient réélus facilement, reconnaît un militant. «Il n’y a rien de jojo.» De leur côté, les libéraux ne demandent pas mieux que d’avoir M. Péladeau comme adversaire en 2018, a confié un ministre du gouvernement Couillard.

Malgré l’inquiétude ambiante, les risques de voir un putsch s’organiser sont minces. «Les gens vont tout faire pour être solidaires, mais le doute s’est installé», constate une source.

Pierre Karl Péladeau ne quittera pas le bateau, assure un autre péquiste. «Il ne lâchera pas, il va aller jusqu’au bout.»