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Pourquoi vous autoflagellez-vous ?

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AFP

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« Si vous étiez si médiocres que ça, nous ne serions certainement pas si nombreux à être prêts à suer eau et sang pour vous rejoindre.»

C’est le témoignage d’un lecteur dans la section commentaires au bas de notre reportage sur les déboires informatiques du ministère de l’Immigration.

(En bref, notre reportage (lien) racontait que de nombreux travailleurs étrangers qui souhaitent s’établir au Québec sont incapables de soumettre leur candidature simplement parce que le portail informatique du ministère est enlisé. Plusieurs travailleurs étrangers n’ont jamais été capables de s’inscrire sur le portail avant la date limite pour l’année en cours, soit lundi dernier. Le ministère ne peut que leur suggérer de s’essayer l’an prochain. Mardi, la ministre s’est montrée empathique et veut tout mettre en œuvre pour régler le problème).

Je vous partage le commentaire puisqu’il porte à réflexion et met en lumière les perceptions diamétralement opposées de Québécois et d'un travailleur étranger qui veut immigrer au Québec sur une nouvelle qui les rejoint.

Il se présente comme un travailleur étranger qui est en train de préparer son dossier depuis plusieurs mois pour venir s’installer avec Québec. « Quand après de mois de préparation, de stress, de dépenses et d’attente, on se rend compte qu’on n’aura peut-être même pas la chance de cliquer sur un maudit bouton «Valider» (...) c’est un peu le monde qui s’écroule de nous», écrit-il, faisant référence au flop informatique du portail du ministère.

En passant, soulignons que je ne dispose pas des outils pour vous confirmer l’identité de ce lecteur. Je ne peux pas garantir qu’il est ce qu’il prétend être. Mais d’un côté, peu de gens auraient beaucoup d’intérêt à inventer un tel témoignage et je sais que notre reportage a été relayé à plusieurs travailleurs étrangers qui suivaient attentivement ce dossier.

Ce lecteur voulait «mieux contextualiser ce petit flop informatique». 

«Quand je lis certains commentaires acides vis-à-vis de votre gouvernement ou encore même du peuple québécois ou canadien, ça me fait un peu bondir», écrit celui qui semble avoir découvert le ton particulier des forums de discussions.

Il fait peut-être référence à l’internaute, au bas du reportage, qui parle des Québécois comme un «peuple médiocre», ou à un autre qui parle d’une «pôvre province», ou à un autre qui dit que seul les ingénieurs du Québec sont bons pour nous f..., ou à un autre qui dénonce le Parti Québécois et son projet souverainiste, ou à un autre qui se plaint contre les Libéraux qui veulent votre «bien en $$$». 

Le lecteur souligne qu’une demande d’immigration «n'est ni un dû ni un droit».

«Alors pour ma part, j'essaye de rester positif et cette petite montée de stress (supplémentaire) n'altère en rien mon envie de vous rejoindre dans la belle province. Si ma demande ne part pas cette année, alors ce sera pour l'année prochaine, ou peut être encore la suivante, ou la suivante, et ainsi de suite (et peut être même jusqu'à atteindre un âge où vous ne voudrez même plus de moi)...

Et je ne pense pas être le seul dans ce cas. Car s'il y a une si grande demande pour si peu de places, ce n'est certainement pas par hasard.

Si vous étiez si "médiocres" que ça (propos lu plus bas), nous ne serions certainement pas si nombreux à être prêts à suer eau et sang pour vous rejoindre

Ne vous sentez donc pas honteux ni coupables pour cette déroute informatique, mais plutôt fiers et privilégiés de représenter le rêve de dizaines de milliers d'individus, et ce chaque année.»