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Bombardier au plancher

Bombardier au plancher
Photo AFP

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Qu’arrive-t-il au titre de Bombardier? Notre fleuron mondial de l’aéronautique et du transport est plus déprimé que jamais!

Lorsque Bombardier a lancé le projet CSeries, le 11 juillet 2008, l’action de la multinationale québécoise valait 7,11 $. La capitalisation boursière de Bombardier s’élevait à 12,5 milliards de dollars.

Sept ans et demi plus tard, l’homologation de la CSeries est maintenant chose faite... Mais le titre de Bombardier a toute la misère du monde à se maintenir au-dessus de la barre de 1 $. L’action se négocie comme un titre de pacotille. Elle a fermé mardi à 1,01 $. La valeur de Bombardier en bourse? À peine 2,4 milliards.

La capitalisation de Bombardier s’est ainsi dégonflée de 80 % depuis le lancement de la CSeries!

C’est quoi le problème de la division aéronautique de Bombardier alors que la division transport, elle, semble aller relativement bien? Elle ne gagne certes pas tous les appels d’offres, mais elle tire quand même bien son épingle du jeu de la concurrence.

Le problème

Le problème majeur de Bombardier en bourse est directement relié à la CSeries. Son onéreux coût de développement a fait perdre 3,2 milliards à Bombardier, en plus de céder la moitié de la filiale CSeries au gouvernement du Québec en retour d’un investissement de 1,3 milliard.

Autre problème majeur: le carnet de commandes de la CSeries tarde à se remplir. En effet, malgré les qualités exceptionnelles de la CSeries, les commandes se font attendre. Le carnet est resté au beau fixe depuis plus d’un an. Ses rivaux Boeing (avec le 737) et Airbus (avec le A320 Neo) lui font une féroce compétition avec leurs gammes d’avions au nombre similaire de sièges, soit de 100 à 150. La compétition se ferait sur les prix de vente au lieu des avantages techniques que la CSeries détient sur ses rivaux.

Le dernier repli du titre était attribuable en bonne partie à la décision de United Continental Airlines d’acheter 40 Boeing 737 au lieu de 40 CSeries 100 de Bombardier. Comme les chances de Bombardier de décrocher le contrat étaient grandes, la déception de ne pas obtenir ledit contrat fut vive.

Le coup d'Air Canada

Il faut dire que Bombardier manque littéralement de chance avec la CSeries. Et ça remonte au 11 décembre 2013 où notre transporteur national, Air Canada, a lui-même préféré accorder un méga contrat de 109 appareils à Boeing au lieu de miser sur la CSeries de Bombardier. Un contrat de plus de 6 milliards s’est ainsi envolé vers les États-Unis au lieu du Québec.

Quand votre propre transporteur national préfère favoriser le concurrent de la CSeries de Bombardier, convenons que cela représente un frein majeur dans votre programme de marketing.

Cela dit, lorsque Air Canada effectuera d’autres achats d’avions pour renouveler sa flotte, souhaitons que la CSeries soit dans sa mire.

D’autres grands transporteurs aériens ont également été approchés par l’équipe de vente de Bombardier.

Souhaitons-lui bonne chance! Il en va de l’avenir de notre placement de 1,3 milliard $ dans la CSeries.