/misc
Navigation

Les regrets de la ministre Weil ne suffisent pas

Conseil ministres
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Car derrière les machines, programmes, calendriers et budgets du portail informatique du ministère de l’Immigration, il a ces vies humaines qu’on manipule.

Pour une rare fois, je n’aurai pas à donner de longues explications sur les faits. Les articles de Jean-Nicolas Blanchet sur les déboires du portail et les premières réactions sont éloquents.

D’autant plus éloquents que les principales sources de cette histoire ne sont pas des documents techniques ou encore des lanceurs d’alertes, syndiqués frustrés ou entrepreneurs floués.

Cette fois, nous avons plutôt des témoignages d’individus, de couples, de familles dont les projets de vie ont été mis en veilleuse ou brisés. Leur offre de venir contribuer à bâtir avec nous le Québec n’a jamais pu nous parvenir. Réciproquement, on devine des employeurs et communautés d’ici qui perdent ainsi des apports précieux.

Car au lieu d’une sélection au mérite des immigrants travailleurs qualifiés, le ministère de l’Immigration n’a lancé rien de moins qu’une loterie en ligne.

Votre demande d’immigration se rendait ou pas au ministère uniquement en fonction de la microseconde à laquelle Internet la livrait à ses serveurs débordés.

Des questions évidentes se posent. Comment n’a-t-on pas conçu un portail capable de soutenir le moindrement le trafic provenant des demandeurs ? Comment n’a-t-on pas détecté cette faiblesse ? Pourquoi n’a-t-on pas suspendu le recours à ce portail jusqu’à ce que sa capacité de traitement des demandes soit à la hauteur ?

Mais j’espère surtout qu’un constat se fait tout aussi évident. Pour vous. Tout comme pour les ministres et autres dirigeants d’organisations publiques ou privées.

L’informatique, lorsqu’elle supporte des relations entre les personnes, n’est plus du tout qu'affaire de technique ou d’administration. Ce sont les vies mêmes d’êtres humains qu’on informatise. Ce sont avec les vies mêmes d’êtres humains avec qui on joue à travers des machines et des lignes de codes.

Nous, êtres humains informatisés, ne nous contenterons pas des simples regrets de ministres ou dirigeants attristés des mésaventures subies par certains parmi nous.

Nous voulons surtout savoir quelles leçons vous en tirez.

Nous voulons savoir quelles mesures vous comptez prendre pour éviter que cela ne se reproduise, encore, et encore.

À commencer, ici maintenant, par vous Madame la Ministre Weil et votre gouvernement.