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Plekanec: le poids du CH sur les épaules

Plekanec: le poids du CH sur les épaules
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

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SAINTE-ADÈLE | L’Adèle Bistro était rempli à Sainte-Adèle. C’était une soirée-bénéfice pour la Fondation Alex Kovalev. Et après avoir patiné avec les enfants sur le lac Rond en après-midi, Tomas Plekanec avait accepté de passer la soirée avec son ancien coéquipier et surtout avec Suzanne Vobecky, la merveilleuse chirurgienne cardiaque spécialisée dans les interventions chez les enfants.

La docteure Vobecky, partenaire d’Alex Kovalev dans la Fondation, est tchèque, comme Plekanec. Les deux sont devenus des amis. Et Plekanec, toujours aussi discret, a déjà participé à de nombreuses activités de financement pour la Fondation.

Tomas Plekanec vit difficilement les déboires du Canadien, mais mercredi il était à Sainte-Adèle avec son ancien coéquipier Alex Kovalev et la docteure Suzanne Vobecky, chirurgienne cardiaque spécialisée dans les interventions chez les enfants. Était aussi présent le petit Thomas Baker, opéré par la médecin.
Photo courtoisie
Tomas Plekanec vit difficilement les déboires du Canadien, mais mercredi il était à Sainte-Adèle avec son ancien coéquipier Alex Kovalev et la docteure Suzanne Vobecky, chirurgienne cardiaque spécialisée dans les interventions chez les enfants. Était aussi présent le petit Thomas Baker, opéré par la médecin.

On peut dire ce qu’on voudra des joueurs du Canadien, certains ont le cœur à la bonne place. Mercredi, c’était le premier jour du congé du match des étoiles pour Plekanec. Il l’a passé à Sainte-Adèle avec des enfants en après-midi et avec des donateurs en soirée.

– Ça ne te tentait pas de faire une petite balade dans le Sud? À la chaleur?

– Non, j’aime mieux rester ici et essayer de relaxer un peu.

Ce n’était guère le moment des grandes entrevues avec Plekanec. Il est allé s’asseoir avec les journalistes de la région des Laurentides, mais il n’a strictement rien dit. À part l’habituel «c’est aux joueurs à redresser la situation».

À BOIRE SON THÉ

À vrai dire, Tomas Plekanec vit difficilement les déboires du Canadien. Il a été gentil avec les gens, mais n’a pas souri beaucoup, n’a pas jasé avec les invités et a échangé quelques phrases avec Kovalev, mais sans plus. Il avait l’air tellement sage que certains auraient pu dire qu’il était triste.

Il a passé la soirée assis au bout du bar en forme de U du bistro à boire du thé que lui avait fait préparer Kovalev. Pas de bière, pas de vin, rien que du thé.

Il était accompagné de son meilleur ami, Hamed Davary, qu’il avait même invité à la classique hivernale à Boston, le premier janvier. M. Davary ne voulait surtout pas trahir de secret, mais il a expliqué que Plekanec supportait très mal toutes ces défaites de son équipe: «Mardi, après la défaite contre Columbus, on devait aller manger dans un beau restaurant. Mais Tomas a refusé et a demandé qu’on se retrouve dans une petite place où il n’y aurait pas beaucoup de gens. Quand l’équipe perd, il refuse de sortir et le prend personnel», raconte M. Davary.

À un moment donné, j’ai dit à Plekanec de ne pas s’en mettre plus sur les épaules que sa part des responsabilités.

– Tu n’as pas à porter toute cette pression sur tes épaules, ça ne donne rien de bon, lui ai-je dit.

– Je sais, mais c’est difficile de ne pas le faire, a-t-il répondu, toujours aussi sérieux.

Sérieux ou timide, ou les deux.

CAPITAINE DE L’ÉQUIPE TCHÈQUE

Plekanec subit sa part de critique cette saison. Et il traverse sa part d’épreuves dans la vie. Parfois, on oublie que c’est un être intense qui se dévoue corps et âme pour une équipe. Et dans le vestiaire actuel du Canadien, il doit composer avec des comportements qui ne sont guère les siens.

On a parlé de Sotchi et de Jaromir Jagr, que Plekanec admire infiniment. Ça arrive parfois de poser une question de tata, ça m’est arrivé ce soir-là.

– Ça t’a fait quoi à Sotchi de jouer avec Jagr comme capitaine?

– C’est parce qu’à Sotchi, c’était moi le capitaine de l’équipe tchèque...

Heureusement, il a souri. Pendant au moins trois secondes. Puis, il a raconté comment Jagr ne voulait pas être capitaine, ni assistant, ni rien: «Il ne veut que jouer au hockey. Le reste, il ne veut rien savoir», a-t-il ajouté.

Puis, il a bu une gorgée de thé. Il a fixé son regard sur la tasse et s’est replongé dans ses pensées.

Sans doute revoyait-il les dix buts marqués par les Blue Jackets de Columbus en début de semaine.

On l’a laissé avec son poids sur les épaules...