/misc
Navigation

Toujours plus de libéraux recyclés en lobbyistes

Coup d'oeil sur cet article

Les deux significations de «PLQ»

Oui, d’accord, PLQ veut dire Parti libéral du Québec, mais aussi, selon moi, «P» pour patronat et «L» pour lobbyisme. En vérité, je vous le dis, le patronat et le Parti libéral du Québec ne font qu’un. Aux smattes qui trouvent que j’exagère, je vous demande de me trouver une seule mesure instaurée par les libéraux de Couillard qui a été critiquée par le patronat et par les nantis? Allez, trouvez-m’en une...

Ah oui, le PLQ, Coiteux et Leitao avaient promis qu’ils couperaient les subventions publiques aux entreprises dont le Québec est de loin la province canadienne qui allonge le plus de fonds publics à ses «entrepreneurs», sans compter les milliards de dollars octroyés en tarifs d’électricité privilégiés dont le Québec est la seule province et le seul endroit en Amérique du Nord à donner notre électricité à ses «créateurs» de richesse. Je présume que c’est comme ça que l’on va augmenter notre revenu disponible par habitant? Pour certains habitants, oui, mais pas pour les autres. Pour Couillard, Charest et cie, c’est de cette façon qu’ils conçoivent le «modèle québécois» et la «société distincte». Eh ben, après avoir rencontré quelques lobbyistes, très souvent des libéraux d’allégeance, et écouté leurs doléances, le PLQ est non seulement revenu sur sa promesse de diminuer l’aide gouvernementale aux entreprises, mais il l’a augmenté de beaucoup comme aux papetières, aux mines et au multimédia, dont les salaires des employés sont payés à au moins 40 % par l’État: «Québec répond aux demandes du milieu des affaires. Le secteur du jeu vidéo retrouve son aide fiscale» (Le Devoir, 27 mai 2015). Retrouve son aide qu’il n’a jamais perdue dans les faits.

Par contre, dehors les gueux, le PLQ n’accepte que les gros quêteux comme SNC-Lavalin et Bombardier qu’on essaie de nous faire passer pour des «joyaux»: «Fini l’aide aux villages pauvres. Québec abolit le Fonds de soutien aux territoires dévitalisés» (Le Journal de Montréal, 3 février 2015). La seule et unique solution «pragmatique» pour les territoires dévitalisés est venue d’Yves-Thomas Dorval en personne: «Il veut vider les villages pauvres. Le président du Conseil du patronat recommande à Québec de relocaliser les habitants dans les villes» (Le Journal de Montréal, 31 janvier 2015). Voilà la façon pour Yves-Thomas d’assurer la prospérité au Québec.

Même générosité pour les écoles privées

En campagne électorale, Couillard et sa gang de joyeux embrigadés avaient promis de diminuer les subventions publiques aux écoles privées, financées à hauteur de 75 % par l’État (La Presse, 12 juin 2014) et de couper dans les généreuses aides gouvernementales allouées au transport scolaire des petits de l’école privée: «Écoles privées. Plus cher pour monter dans l’autobus scolaire» (La Presse, 5 juillet 2014). Vraiment odieux qu’en plus de financer à 75 % par des fonds publics l’école privée, le gouvernement du Québec subventionne en plus le transport scolaire des petits génies en herbe alors qu’il lève le nez sur l’école publique. Que leurs parents aillent donc les mener à leurs écoles privées.

Si vous avez vraiment cru à ces belles promesses du PLQ formulées en campagne électorale afin d’attraper de gros poissons comme vous, bien tant pis pour vous. En fait, le PLQ de Couillard et de François Blais n’a absolument rien enlevé aux écoles privées. Ils ont plutôt lâché leur fou sur l’école publique qu’ils semblent honnir viscéralement ainsi que sur les centres de la petite enfance (qu’ils haïssent, ce n’est un secret pour personne) et sur la santé publique: «Les écoles privées gardent leurs subventions. Le ministre de l’Éducation renonce à réduire de 50 % ou plus les subventions aux écoles privées» (La Presse, 30 octobre 2014). Et en prime: «Transport scolaire. Québec annule des coupes de 11 millions aux écoles privées» (La Presse, 8 octobre 2015).

Les derniers libéraux recyclés en lobbyistes

Ceux qui n’ont pas les moyens de se payer des lobbyistes, surtout d’obédience libérale, qu’ils écopent, qu’ils sèchent et qu’ils paient. Merveilleuse démocratie au Québec, qui n’est qu’une vue de l’esprit. Et vous le savez bien que lobbyisme et corruption vont évidemment de pair. Voilà pourquoi les libéraux du Québec sont les maîtres incontestés dans ces deux domaines et par une longueur d’avance insurmontable. À cet effet, ils sont toujours sur le podium des médailles, de toutes les médailles.

Commençons, si vous me le permettez, par Yves Bolduc, ex-ministre libéral de l’Éducation, qui a dit que moins de livres dans les bibliothèques scolaires ne ferait mourir personne, et qui vient d’être recruté par la firme de relations publiques et de lobbyisme Hill + Knowlton Stratégies, tout en continuant, bien sûr, de pratiquer la médecine afin de maintenir son train de vie : «Yves Bolduc médecin... et conseiller spécial» (Le Devoir, 10 décembre 2015). Je suppose qu’il est là pour lutter avec acharnement pour l’éducation, la santé et les centres de la petite enfance gérés publiquement? Yves a de bons et gros contacts au Parti libéral du Québec. C’est tout ce qui compte.

Raymond Bachand

Tiens, tiens: «Raymond Bachand lobbyiste pour Bombardier» (La Presse, 18 novembre 2014). Avoir l’ex-ministre libéral des Finances à son emploi c’est bon pour brasser des vraies affaires. Bombardier a reçu près de 3 milliards de dollars canadiens de la part du gouvernement libéral du Québec et de la Caisse de dépôt. Et ce, en pleine période d’austérité alors qu’aucune autre entreprise ne voulait s’embarquer dans ce baril sans fond. Ça, c’est sans compter les 500 millions de dollars de fonds publics versés à la famille Bombardier-Beaudoin pour leur cimenterie en Gaspésie, qui sera la plus importante source de pollution dans la province. Il y a les petits et les très gros bougons, mais nos médias se font un malin plaisir à tancer principalement les plus petits. Les gros détrousseurs d’argent public passent pour des héros.

Ce n’est pas fini les bonnes nouvelles pour Raymond: «Raymond Bachand. Un poste au bureau d’avocats Norton Rose». Puis, «Raymond Bachand au conseil d’administration de la Banque Nationale». Et enfin: «Bachand lobbyiste pour des dirigeables» (La Presse, 21 janvier 2014 et 1er novembre 2014 et Le Devoir, 19 juin 2015).

Comprenons-nous bien mes amis. Toutes ces belles jobs lucratives du privé ne pleuvent pas sur Raymond pour ses compétences, oh que non. Pourquoi donc alors? Parce que du temps où il était ministre libéral des Finances, il a fait un bon travail qui a plu au patronat et, qu’en plus, il a ses entrées directes auprès des ministres libéraux et des hauts fonctionnaires.

À Raymond, j’aimerais poser quelques questions. Du temps qu’il était ministre des Finances, il a publié deux opinions dans La Presse le 22 février 2009 et le 17 mai 2012, intitulées respectivement «Une occasion de renouveau. Plus les Québécois sont solidaires, mieux ils traverseront cette crise exceptionnelle»... pour laquelle nous allons trouver des solutions exceptionnelles et «Une minorité intransigeante. Si le gouvernement devait consentir davantage aux étudiants, il devrait l’enlever aux autres Québécois». Est-ce que travailler à titre de lobbyiste pour Bombardier sert les intérêts supérieurs de la collectivité? Chaque fois que Bombardier menace de déguerpir s’il n’obtient pas ses milliards en subvention, ce n’est pas parler d’une minorité «intransigeante»? Et l’argent donné à la compagnie et à la famille Bombardier, ce n’est pas enlever de l’argent aux autres Québécois? Injecter encore et toujours des milliards de dollars de fonds publics dans le bateau à la dérive qu’est Bombardier, est-ce que ça fait partie d’une solution exceptionnelle pour se sortir de la crise au Québec, comme couper dans les services sociaux dont Raymond a été un joyeux instigateur, idéologie que ses successeurs libéraux poursuivent? Administrateur à la Banque Nationale, relationniste chez Norton Rose et lobbyiste font-ils partie du concept étriqué de «solidarité» envers les Québécois suggéré par Raymond? En plus, il parlait de la crise «exceptionnelle» en 2009 et Couillard parle de la crise 2014. Avec les libéraux, on est toujours en crise «continuelle» afin que soient avalées leurs politiques dogmatiques du plus de privé, moins d’État.

TransCanada Pipeline embauche le fils de l’autre

TransCanada Pipeline est bien connectée au PLQ, tout le monde sait ça. Comme si de rien n’était, afin de construire leur pipeline, qui va transporter gratos de la merde pétrolière issue des sables bitumineux de l’Alberta dans la province du Québec, et qui va traverser nos cours d’eau, la compagnie vient d’embaucher Patrice Ryan, le fils de l’ex-libéral Claude, qui est membre actif de la Commission politique du parti libéral du Québec et qui dirige l’organisme de «bienfaisance» chargé de faire la promotion du fédéralisme (L’Idée fédérale). Et Ryan ne voit aucun problème d’éthique ou d’apparence de corruption à ça. Il est même très fier: «TransCanada embauche un influent libéral. Patrice Ryan comme lobbyiste pour le pipeline Énergie Est» (Le Devoir, 9 janvier 2016).

La papetière Résolu embauche l’ex-directeur général du PLQ

Et ça continue de plus belle les relations incestueuses entre le patronat et les libéraux du Québec. Ah, que vois-je dans Le Quotidien du 22 août 2013 comme titre d’article? «Industrie forestière. L’ex-DG du PLQ (Karl Blackburn) devient directeur chez Résolu, une papetière qui reçoit évidemment des millions chaque année en subvention et en tarifs d’électricité très privilégiés, gracieuseté du PLQ. Que lis-je aussi dans Le Journal de Montréal du 12 janvier 2016? «Compensation de 10 M$ par année pour la tordeuse de bourgeon d’épinette chez Résolu». 10 millions de fonds publics par année, et pour longtemps s’entend. Pour abreuver les papetières, les alumineries, les mines et les banques de millions de dollars chaque semaine à même l’argent des contribuables, vous comprenez qu’il faut varger dans les services publics des contribuables ordinaires et tarifier ceux qui restent. Voilà, vous avez tout compris... enfin!

Un lobbyiste maison pour le PLQ

Le PLQ aime bien le comptable Luc Villeneuve, ex-patron de la firme internationale (pour le Québec) Deloitte + Touche. Il a même nommé ce prolifique comptable à sa fameuse commission de révision sur la fiscalité dirigée par celui qui a toujours les mêmes idées que le patronat, le fiscaliste universitaire Luc Godbout. Une autre commission libérale qui était censée regrouper des experts neutres et objectifs au service d’absolument personne. Mes amis, nommer l’associé directeur d’un des plus grands bureaux de comptables au monde sur une commission censée pondre des recommandations qui rendraient notre système fiscal plus équitable est aussi risible que de nommer Maurice «Mom» Boucher sur une commission gouvernementale sur les remises pénales en liberté. Les deux «Luc» devaient en rire un bon coup aux réunions de ladite commission fiscale.

Tout le monde sait que les firmes de comptables sont des experts en évasion fiscale dans les paradis fiscaux, en étirement immoral des lois fiscales en faveur de leurs gros clients qui paient tous leurs honoraires. Un «expert» comme Luc Villeneuve va-t-il vraiment proposer de taxer un tant soit peu davantage ses riches clients et ses compagnies dont il peut être ou est le vérificateur externe et le conseiller fiscal?

Et d’autres libéraux en cascade

- «Un chef de cabinet du premier ministre Jean Charest, monsieur Stéphane Gosselin, devient directeur de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ)» (La Presse, 2 septembre 2010) ;

- «Talisman (pétrole et gaz) recrute un ancien bras droit de Charest. Daniel Gagnier a été son chef de cabinet de 2007 à 2009» (Le Devoir, 16 novembre 2010) ;

- «Daniel Bernard. De député libéral à lobbyiste pour les sociétés minières» (La Presse, 4 décembre 2012) ;

- «Un lobbyiste (Samuel Murray) du gaz de schiste nommé au PLQ» (La Presse, 27 mars 2012) ;

- «D’anciens relationnistes libéraux deviennent lobbyistes pour l’APGQ» (Le Devoir, 6 août 2013) ;

- «Relations publiques. Line Beauchamp se joint au cabinet Cohn + Wolfe» (La Presse, 20 août 2013).

Il y en a plein d’autres libéraux qui se sont déniché des postes de lobbyistes bien rémunérés dans le privé. Des émoluments versés au bout du compte par les contribuables. Mais une dernière à souligner: «Politique. La fille de Jean Charest lobbyiste» (La Presse, 29 juillet 2014). Tel père telle fille que je vous dis!