/opinion/columnists
Navigation

Faire peur au monde...

Coup d'oeil sur cet article

On peut se fier aux «défenseurs» de la langue pour alarmer le bon peuple québécois, qu’ils voient, de haut, comme la victime consentante du régime canadien, condamnée à disparaître, par sa propre indifférence, et la complicité sordide de ses dirigeants politiques – libéraux –, évidemment.

Ces vigilants gardiens n’en ratent pas une. Il suffit d’une étude – financée par la CSN et la Société Saint-Jean Baptiste, mais qu’importe? – suggérant qu’un certain nombre d’immigrants ne sont pas pressés de s’inscrire aux cours de francisation officiels pour qu’on sonne le tocsin: l’ennemi est parmi nous! Une école de riches de Québec offre des cours d’immersion en anglais? Alerte! Trahison!

Des prophètes inquiets

Ça fait plus de 100 ans que des prophètes inquiets prédisent notre mort prochaine. Mais nous sommes toujours là.

Le peuple québécois s’est plutôt bien tiré d’affaire et a su s’imposer comme une force politique au Canada et comme une entité culturelle en Amérique. Mais il ne faut pas le dire. Tabou! On préfère dépeindre les Québécois comme des opprimés menacés qui, un jour, bientôt, secoueront leurs chaînes.

Pourtant, une étude de Statistique Canada publiée cette semaine montre que les francophones ont réussi la conquête de leur territoire. En 1901, 30 % des anglophones et des allophones parlaient aussi français. En 2011, ce sont 70 % des anglos et 55 % des allophones. Les seuls qui sont restés relativement unilingues sont les majoritaires francophones, passant de 34 % de bilingues en 1901 à 40 % en 2011. En clair, ce sont les «autres» qui ont dû apprendre notre langue...

Servis en français

Une étude de l’Office québécois de la langue française montre qu’en 2012 les clients se font servir en français 96 % du temps au centre-ville de Montréal. Vous y voyez une crise, vous?

C’est sûr que la survie du français pose un défi constant, qui requiert des stratégies solides et raisonnées.

Mais crier au loup chaque fois qu’on voit un petit pitou n’en est pas une bonne.