/opinion/columnists
Navigation

Légalisons Uber, mais...

Coup d'oeil sur cet article

L’affrontement entre Uber et l’industrie du taxi révèle tout le danger des règlements protectionnistes qui crée une rareté de permis; pas seulement dans le taxi. Quand une innovation ou une remise en question survient, on ne peut modifier le système sans ruiner des victimes et plomber l’économie.

Un permis de taxi, accordé gratuitement au départ, peut ensuite se vendre jusqu’à 200 000 $. Son propriétaire investit donc un gros montant pour travailler, en comptant revendre le permis pour assurer sa retraite. Si on légalise Uber, on floue tous ceux qui ont fait confiance au règlement et misé sur la rareté des permis.

Agriculture, garderie

Idem en agriculture: les propriétaires de fermes laitières comptent revendre au moins le quota pour assurer leurs vieux jours. Le quota est un permis de produire du lait qui se transige à prix d’or. Pour une ferme moyenne, au Québec, il vaut souvent plus de 1 million $ à lui seul. Quand on ébranle la valeur des quotas, on ruine les agriculteurs. Quand la valeur monte par spéculation, on bloque la relève...

On voit aussi le phénomène dans les garderies. Celles qui détiennent des places subventionnées se revendent de plus en plus cher. Le ministère doit théoriquement donner son aval, mais en réalité, tout refus compliquerait terriblement la vie des famil­les.

Partage

On ne pourra pas endiguer l’économie du partage, les Airbnb et les Uber. Ni les «lifts» sur Facebook, qui tuent à petit feu l’autobus interurbain. Mais il faut respecter ceux qui ont cru dans le système.

Comme à Edmonton, il faut légaliser Uber en exigeant un droit annuel et une taxe sur chaque course, et se servir de ces revenus pour racheter progressivement les permis de taxis. Mais méfions-nous des vils spéculateurs!

Réfléchissons aussi dès maintenant aux autres réglementations de ce type pour choisir nos combats... et les gagner!