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Les aidants naturels ont besoin d’aide

L’organisme Baluchon Alzheimer voudrait faire plus

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Photo Le Journal de Montréal, Hugo Duchaine Les «baluchonneuses» Ginette Deraiche (à gauche) et Marie Caron (à droite) entourent Guy Gagnon, atteint de la maladie d’Alzheimer. Ils participaient à la 16e journée de financement de l’organisme Baluchon Alzheimer à l’hôtel Reine Élizabeth.

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Les aidants naturels de la province sont à bout de souffle, plaide l’organisme Baluchon Alzheimer, qui vient justement en aide aux proches des malades.

«Certains sont tellement épuisés, qu’ils dorment pendant les 10 jours qu’on les remplace», déclare Marie Caron, l’une des «baluchonneuses» de l’organisme.

Pour 15 $ par jour, les employés de Balu­chon Alzheimer s’installent chez un malade pour une période de 4 à 14 jours, 24 heures sur 24. L’objectif est de permettre aux aidants naturels de souffler un peu.

Marie Caron souligne qu’elle a vu son lot d’aidants naturels les yeux creusés par la fatigue et le dos courbé par la lourdeur du quotidien.

«Les aidants naturels sont souvent eux-mêmes des aînés à la santé fragile qui soutiennent un conjoint malade», rappelle-t-elle.

Elle a très souvent entendu des aidants lui dire que sans le répit qu’elle leur offre, ils auraient déjà placé leur proche dans un centre spécialisé.

Mieux à la maison

C’est d’ailleurs ce qu’aurait fait Luce Moreau, aidante naturelle auprès de son mari souffrant de la maladie d’Alzheimer, sans l’organisme.

«Pour lui, c’est mieux aussi, car de rester à la maison ne casse pas sa routine», explique-t-elle.

Les aidants naturels peuvent en effet s’offrir une pause en plaçant un malade dans un centre de soins pendant quelques jours s’ils ont besoin de repos.

Cependant, pour Mme Moreau, cette solution a causé plus de tort que de bien. «Il est revenu en crise et désorienté», raconte-t-elle au sujet de son mari.

Unique au Québec

«Nous sommes les seuls au Québec à leur offrir du répit», dit la directrice générale Guylaine Martin.

En 2015, l’organisme a aidé 228 familles pendant 1950 jours, mais pour Guylaine Martin, ces statistiques ne sont qu’une «goutte d’eau dans l’océan».

«Nous n’aidons que 0,05 % de tous les clients potentiels», précise-t-elle au sujet des quelque 125 000 Québécois atteints de la maladie d’Alzheimer.

Si le budget de l’organisme, qui provient en grande partie du gouvernement, a été épargné par les mesures d’austérité, il n’est cependant pas en hausse.

Moins cher à la maison

Pourtant, Mme Martin estime que le modèle de Baluchon Alzheimer pourrait aussi être implanté pour les personnes souffrant de sclérose en plaques, par exemple.

Car un malade à la maison, dit-elle, coûte beaucoup moins cher à l’État. «On pourrait faire tellement plus et tellement mieux», plaide-t-elle.

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